Ibidem, t. I, p. 184-185 et
2. La mère et le fils figuraient sous Philippe le Bel parmi les titulaires des pensiones ad vita-m. On lit, en effet, dans un compte des environs de 1298 :
« Domina Blancha, amita regis; Dominus Alfonsus primogenitus dominæ Blanches. » Historiens de France, t. XXII, p. 764 h.
DE SAINT LOUIS, ALPONSE D’ESPAGNE
de ce mariage ; comme, d’autre part, il serait assez étonnant qu’Alfonse de la Cerda eût laissé son tils aîné entrer dans les ordres, on a lieu de croire que les frères résidant à l’étranger, dont parle le second Alfonse dans un article de son testament, étaient nés du premier mariage contracté avec Mahaut de Narbonne. C’est de cette union que seraient issus, entre autres, Louis d’Espagne, amiral de France, et le père d’un troisième Alfonse tué à Quimperlé en 1342 et que Froissart dit neveu de Louis d’Espagne b C’est grâce à ce surnom d’Espagne, pour lequel les petitsfils de Blanche de France paraissent avoir complètement abandonné celui de La Cerda, que l’on parvient à distinguer d’Alfonse de La Cerda, son fils Alfonse d’Espagne. Celui-ci, qui avait sans doute suivi les leçons du célèbre théologien Pierre de la Palu 1 2, figurait parmi les clercs dans le rôle des membres du Parlement pour 1319 et 1322 3. Il était, en effet, chanoine de Paris et archidiacre, ainsi qu’il résulte d’une pièce du 25 juin 1321 4 5 et d’une autre pièce du 20 juin 1323, où il paraît en qualité d’exécuteur testamentaire de sa grand’mère Blanche s. Un an plus tard, sa condition était entièrement changée : dans un dessein que nous ignorons, Charles le Bel lui avait fait quitter la tonsure, et, pour compenser la perte de ses bénéfices et le mettre à même de tenir un état digne de sa naissance, il lui avait constitué, en juin 1324, une rente héréditaire de 2,000 livres sur la baronnie de Lunel, et de 1,000 livres sur les villes de Tafalla 6 et de Capparoso 7 en Navarre 8. A partir de cette
1. Froissart, éd. Luce, II, 161-164. — Cet Alfonse était sans doute fils de Jean- Alfonse, seigneur de Gebraleon.
2. Pierre de la Palu fut un des exécuteurs testamentaires d’Alfonse d’Espagne. Voyez l’article 22 du testament.
3. Boutaric, Actes du Parlement de Paris , nos 5899 A et 6930 A.