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Diocèse et circonscription judiciaire de Pampelune

8. « pour ce que notre amé et féal cousin Alfons d’Espaigne a delaissié,

de notre commandement, son estât de clergie pour nous plus continuelment servir ; et pour ce que nous desierrons que cil qui sont conjoint à nous par

époque les faveurs ne cessèrent de pleuvoir sur le nouveau favori; l’année n’était pas achevée que la concession de rente sur Lunel était transformée en une donation pure et simple de cette baronnie, bien que le revenu en fût supérieur à 2,000 livres

Il s’agissait maintenant de marier l’ancien archidiacre. La chose n’était point facile. Lien que Charles le Bel eût autorisé Alfonse à constituer à celle qu’il épouserait un douaire sur ses terres de France et de Navarre 2, la plupart des grandes dames à la main desquelles l’arrière-petit-fils de saint Louis aurait pu aspirer, ne se souciaient point de devenir l’épouse d’un défroqué. Une veuve, Isabeau d’Antoing, châtelaine de Gand, qui avait épousé en premières noces Henri de Louvain, seigneur de Gaesbeck, fut, paraît-il, moins exigeante :1. Quant aux largesses royales, elles n’étaient pas près de cesser. A l’occasion de sa promotion à la chevalerie, Alfonse reçut la propriété des villes de Tafalla, Capparoso et Uxue \ comme il avait déjà reçu celle de Lunel s; puis cinq mois plus tard, Charles lui donnait encore les titres de baron et riche-homme de Navarre avec soixante « chevaleries 6 ».

Les services du nouveau chevalier étaient-ils en proportion des faveurs dont il était l’objet? Dès le printemps de 1325, il fut un des plénipotentiaires français chargés de con-

prochaineté de lignage aient provision souffisant par quoy il puissent leur estât maintenir lionestement... » Saint-Christophe en Halatte, juin 1324. Arch. nat., JJ 62, n° 216.

1. Vincennes, décembre 1324. Arch. nat., JJ 62, n°‘292. — Alfonse possédait encore une terre en Normandie. Ce bien lui venait peut-être de sa mère qui était normande au dire du continuateur de Jean de Saint-Victor; en tout casil devait être bien peu considérable puisque Alfonse craignait qu’il ne suffit pas à l’amortissement d’une rente de 16 livres parisis qu’il laissait à l’église de Paris (Testament, article 19).

2. Châteaudun, février 1325 (n. st.). Arch. nat., JJ 62, n° 90.

3. Voyez le passage déjà cité du continuateur de Jean de Saint- Victor. — C’est cette Isabeau que le P. Anselme donne pour seconde femme au père d’Alfonse d’Espagne.

4. Diocèse de Pampelune, circonscription judiciaire de Tafalla.

5. Châteauneuf-sur-Loire, juillet 1325. Arch. nat., JJ 62, n° 391.

6. Abbaye de Mortemer-en-Lyons, 29 novembre 1325. Arch. nat., JJ 64, n° 14.

DE SAINT LOUIS, ALFONSE D ESPAGNE

dure, le traité signé le 6 juin avec l’Angleterre Au commencement de l’année suivante, il était avec Mathieu de Trie, le maréchal Robert Bertran et Miles de Noyers sur les marches de Flandre où il intervenait, en qualité de lieutenant du roi, pour mettre à la raison les révoltés et faire délivrer Louis, comte de Flandres et de Nevers, retenu prisonnier par les communes liguées Le don de plusieurs terres sises dans le comté de Nevers est un témoignage de l’ethcacité des services d’Alfonse en même temps que de la reconnaissance de Louis de Nevers 1 2 3. Vers l’automne de la même année 1326, il alla, sous le même titre de lieutenant du roi, conduire en Languedoc une expédition contre ces troupes d’aventuriers qu’on appelait les Bâtards 4 5. Cette campagne très onéreuse n’eut que des résultats peu considérables. Peut-être avait-on le projet de la reprendre, car Alfonse laissa dans le Midi ses chevaux de guerre11, lorsqu’il revint à Paris atteint d’une lièvre quarte qui l’emporta au printemps de 1327. Guillaume de Nangis le fait mourir à Gentilly, dans la maison du comte de Savoie 6 7 * * * ; cependant le lieu de sa mort doit ètj’e celui où, sans doute fort peu de temps avant d’expirer, il dictait ses dernières volontés, le 15 et le 19 avril 1327. Ce lieu n’est autre que sa propre maison sise au Bourg-Saint-Marcel \ près de l’église, donnant,

1. D. Vaissète, Histoire de Languedoc, nouv. éd., t. IX, col. 435-436.

2. Chronique attribuée à Jean Desnouelles dans les Historiens de France, t. XXI, p. 198 e. — Chronique Normande, éd. par Aug. et Em. Molinier, p. 240, note 2. C’est en qualité de lieutenant du roi qu’il reçut les excuses de Robert de Cassel. Voyez un acte de Charles le Bel, daté de Corbeil, 19 avril 1326. Arch. nat. JJ 64, n° 156.

3. Voyez un acte de novembre 1326, faussement daté de 1324, dont nous connaissons deux analyses se complétant mutuellement : l’une à la Bibliothèque nationale ( Trésor généalogique de D. Villevieille, vol. 37), l’autre dans l'Inventaire de la Chambre des Comptes de Nevers, par l’abbé de Marolles, publié parM. de Soultrait, col. 503.

4. Août-octobre 1326. On trouvera l’itinéraire d’Alfonse pendant cette campa, gne dans la nouvelle éd. de l'Histoire de Languedoc, t. IX, col. 440.

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