SUR LA PREMIÈRE ÉDITION 1)1! DIURNUS
poser qu’il ait eu connaissance des études de Holsten sur le Diurnuse t de l’édition préparée et presque terminée, et qu’il en ait jugé lui-même comme l’a fait plus tard G. Bona. Voilà pourquoi le timide Holsten aura traîné en longueur le dernier travail à faire, pourquoi il se sera gardé, pendant dix années, de communiquer à qui que ce soit cette collection de formules, et pourquoi il n’aura envoyé à P. deMarca que les cahiers nullement suspects. Le cardinal Barberini a usé de la môme circonspection lorsqu’il a aspiré, après la mort de Holsten, à obtenir une décision. 11 aura su sans doute que le pape surveillait personnellement les publications dangereuses 1 et continuait, comme il a été dit ouvertement dans la lettre adressée en 1662 au nonce Piccolomini, à ne pas perdre de vue la divulgation du Diurnus. Cependant Holsten avait si bien mérité de l’église et voulu, en publiant le Diurnus, être agréable au cardinal Fabio Chigi ou à Alexandre VII, qu’il s’agissait de ne pas flétrir sa mémoire glorieuse par un procédé rigoureux contre son œuvre inachevée. Au lieu de dénoncer ce livre à la Congrégation de l'Index et de la charger de s’en occuper, comme de droit, on s’adressa à G. Bona, au jugement duquel se soumit également l’ami et héritier du feu éditeur, le cardinal Barberini.
Cette interprétation du fait et de la méthode préférée- par la curie, craintive pour en venir à ses fins, peut servir aussi à expliquer la conservation partielle de l’édition de 165U et l'état dans lequel elle fut retrouvée sous Benoit XIII. Heureusement toutes les mesures prises par Pie V et ses successeurs pour faire contrôler par la Congrégation de l’Index l'imprimerie et pour obvier aux dégâts possibles n’ont pas
1. La bibliothèque Chigiana contient plusieurs ouvrages qui témoignent de cette activité d’Alexandre VII. Je cite comme exemple un livre in-folio de 304 pages avec lo titre manuscrit : Pro doctrina de probabilitate... F. Julio Mercoro ord. Praed. auctore. Il était imprimé jusqu’à la fin. Sur la première feuille imprimée, signée A 2, on trouve d’un côté le Summarium et de l’autre V Apprpbatio pvo operis impressione souscrite : ego Don Veremundus Corius cler. reg. S. Pauli, S. O/ficii Consultor. La dernière des deux feuilles précédentes est occupée par le titre déjà cité, et sur la première Alexandre a écrit de sa propre nmin : differatur huius libri divulgatio et distractio usque ad nostrum benepîacitum, 1064.