‹ Mélanges Julien HavetChapitre 38 sur 567 · PAR M. L’ABBÉ L. DU C H ESN E · texte numérisé non relu

PAR M. L’ABBÉ L. DU C H ESN E

Au nombre de ces Questions mérovingiennes qui ont fait tant d’honneur à l’érudition et au sens critique de J. Havet, il y en a une qui intéresse tout particulièrement l'histoire de Paris; c’est celle on notre ami s’est occupé des Origines de Saint-Denis. Un appendice de cette étude fut consacré par lui à la « Passion des saints martyrs Denis, Rustique et Éleuthère », le plus ancien document biographique qui nous soit resté sur les martyrs parisiens. C'est une pièce bien tardive. J. Havet jugea que « son style maniéré et prolixe, « donne lieu de supposer qu’elle aura été écrite à l’époque « carolingienne ». Sur son auteur, quelques conjectures sont possibles : ce n’est pas un habitant de Paris; c’est plutôt un méridional, car, au lieu de se borner à parler de saint Denis, il a cru devoir raconter la carrière de deux évêques du Midi, saint Saturnin de Toulouse et saint Paul de Narbonne. Rien d’ étonnant à ce qu’un clerc de ce pays se soit intéressé à saint Denis de Paris : l’Aquitaine, en effet, était gouvernée, vers la tin du vine siècle et au commencement du ix°, par le roi Louis, fils de Charlemagne. Les princes carolingiens ont toujours eu, les premiers surtout, beaucoup de dévotion pour saint Denis ; à cet égard, le roi Louis, devenu l’empereur Louis le Pieux, se signala entre tous. Nous aurions donc affaire à une composition rédigée aux environs de l’an 800. dans le midi de la Gaule, beaucoup plus près des Pyrénées que de la Seine.

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