L. DUCHESNE
PASSION DE S. DENIS
Ces conclusions viennent d’être mises en cause par M. Br. Krusch \ un savant auquel les études mérovingiennes doivent déjà beaucoup et dont elles attendent plus encore. M. Krusch pense que la Yie de sainte Geneviève a été écrite en 767, et, comme il s’y trouve une référence expresse à la Passion de saint Denis, il faut que cette Passion soit antérieure à l’année 767.
Je dois dire d’abord que cette date assignée à la Yie de sainte Geneviève me paraît absolument insoutenable. Sur ce point, je me suis expliqué, dans la Bibliothèque de l’École des Charles (t. LIV, p. 209 et suiv.). Aux raisons que j’ai produites en faveur de la date traditionnelle (v. 520), il n’a rien été répondu par M. Krusch, si ce n'est que la meilleure recension de la Yie contient le passage sur la mission de saint Denis et que ce passage n’a pu être écrit avant le vin0 siècle. Mais j’avais déjà dit pourquoi ce passage peut et doit être considéré comme interpolé, pourquoi, par suite, il n’y a pas lieu d’en tenir compte dans la détermination de la date attribuable à l’ensemble de la composition.
En ce qui regarde spécialement l’année 767, M. Krusch s’y arrêtait parce qu’il croyait avoir remarqué une coïncidence entre les préoccupations dogmatiques du biographe et les questions agitées en 767 à l’assemblée de Gentilly, entre les Grecs, les Romains et les Francs. Ces débats portaient sur le culte des images et sur la Trinité. J’avais fait remarquer à M. Krusch que la Yie de sainte Geneviève ne parle pas du culte des images, et que si elle parle des trois personnes divines, elle le fait sans aucune préoccupation spéciale du seul point qui ait pu être débattu au vnT siècle entre Grecs et Latins, savoir l’insertion au symbole du terme Filioque. Dans sa réplique, M. Krusch ne dit mot de mes observations ; elles me semblent cependant suffire à écarter sa date de 767.
Non seulement il maintient cette date si compromise, mais il se fonde sur elle pour antidater la Passion de saint Denis. Laissant là désormais la Yie de sainte Geneviève et