PAU M. G. RAYNAUD
Dans le beau livre qu’il a consacré à Christophe Plantin et à son œuvre ‘, M. Max Rooses fait par deux fois 1 2 allusion à une édition des Chroniques de Froissart, qu’aurait projetée le célèbre imprimeur anverrois 3, mais qu’il n’aurait pas menée à fin. Il nous a paru intéressant de rechercher dans quelles conditions et jusqu’à quel point cette entreprise littéraire avait reçu un commencement d’exécution, et, grâce à l’obligeance de M. Rooses, qui a bien voulu nous faciliter l’accès des collections du musée Plantin- Moretus à Anvers, la chose nous a été possible.
C’est en 1563, alors que, revenu de Paris où il s’était réfugié pour éviter les poursuites que devaient lui attirer certaines publications clandestines, il cherchait des associés qui pussent l’aider à remonter ses affaires compromises par la vente judiciaire survenue le 28 avril 1562, que Plantin, frappé sans doute par l’insuffisance des éditions gothiques de Froissart, reproduites en grande partie par
1. Christophe Plantin, imprimeur anversois, Anvers, 1884, in-fol. avec planches.