‹ Mélanges Julien HavetChapitre 400 sur 567 · G. RAYNAUD. — ÉDITION DE FROISSART · texte numérisé non relu

G. RAYNAUD. — ÉDITION DE FROISSART

manuscrit qui appartenait à Plantin lui-même. Nous en doutons un peu, ou tout au moins pensons-nous que Plantin ne possédait à cette époque qu’une copie toute récente d’un manuscrit connu. Le musée compte bien aujourd’hui trois manuscrits de Froissart : l’un *, que n'a pas mentionné Siméon Luce, contient le premier livre et a de grandes ressemblances avec le manuscrit A 11-12 de Berne (A 21 de Luce) ; un autre 2, auquel nous avons donné la lettre B 17, offre le texte de la seconde rédaction revisée dix livre deuxième ; le dernier 3 renferme le troisième livre. Mais, si nous nous reportons au récolement de la bibliothèque de Plantin, fait en 1592, trois ans après sa mort \ nous voyons qu’aucun manuscrit de Froissart n’y figure, non plus que dans l’inventaire rédigé en 1650 par Balthasar Moretus, son arrière-petit-fils. Ce n'est donc que postérieurement à cette dernière date qu’il faut supposer que les trois manuscrits de Froissart, dont nous avons parlé plus haut, entrèrent dans la bibliothèque Plantinienne 3, peut-être en vue d’une nouvelle révision du texte du chroniqueur, dont les héritiers de Plantin pensaient toujours sans doute à donner une édition. Ces manuscrits n’ont donc pas servi, pour corriger le texte de Sauvage, à Plantin et à ses collaborateurs, qui ont eu sous les yeux, au moins pour les livres III et IV de Froissart, un manuscrit, ou plutôt la copie d’un manuscrit, qu’André Madoets appelle à diverses reprises le manuscrit de Schoonhoven. Ce manuscrit n’est autre que le fameux manuscrit de Breslau, qui, écrit en 1468-1469 par David Aubert pour Antoine de Bourgogne, passa d’abord entre les mains de son fils Adolphe, puis dut rester au

1. Ce manuscrit porte le n° 40 de la troisième salle du rez-de-chaussée du musée Plantin-Moretus {Catalogue..., p. 38).

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