L. DUCHESNE
PASSION DE S. DENIS
la Vie de saint Paul, et même tout à fait méridional, car la Yie de saint Paul n’est pas un document bien retentissant. Elle devait être, au vme siècle, assez peu connue en dehors de la Septimanie.
Je crois donc que les arguments de J. Havet conservent toute leur force, que la Passion de saint Denis n’est pas antérieure à la date qu’il lui a assignée ; qu'elle est sortie, comme il l’a dit, d’une plume étrangère à Paris, mais méridionale et nullement anglo-saxonne.
A propos de la Passion de saint Denis et de l’usage qu'en fait M. Krusch, j’ai un autre fait à signaler.
Le P. van Ilootf a publié dans les Acta SS. ( nov . t. I, p. 49 et suiv.) trois vies de saint Austremoine, premier évêque d’Auvergne. L'ordre dans lequel il les présente paraît bien être celui dans lequel elles se sont, en effet, succédé. Seulement, l’éditeur semble avoir placé trop haut le point de départ, en admettant que la plus ancienne est du vu' siècle. J’y ai signalé 1 trace de documents qui ne peuvent être antérieurs au règne de Charles le Chauve; j’ai montré aussi que son rédacteur avait emprunté certaines phrases à la Passion de saint Denis. M. Krusch, qui a publié dans le Neues Arcliiv 2 des documents très importants pour l’hagiographie de l’Auvergne, est revenu sur cette question. 11 m’approuve d’avoir abaissé la date de la première Yie de saint Austremoine, où il distingue, comme moi, des emprunts à la Passion de saint Denis ; il déclare que la deuxième (du P. van Hooff) est, en effet, postérieure à la première ; mais la troisième, dit-il. leur est antérieure à l’une et à l’autre. Elle est même de la main de saint Projet (Præiectus f 675), qui l’aurait composée avant d’être élevé à l’épiscopat.
Ceci est bien extraordinaire. Si l’on compare les trois Vies, on constate que la deuxième est deux fois plus longue