L. DUCHESNE
PASSION DE S. DENIS
que la première, la troisième au moins deux fois plus longue que la deuxième. Les accroissements sont dus à une rhétorique plus délayée, à l’adjonction de détails plus fabuleux, à l’incorporation d’un plus grand nombre de menues traditions locales, plus ou moins sérieuses. C’est la végétation ordinaire. J’aurais beaucoup à dire sur le cas présent, mais ce n’est pas le lieu. Ce qui importe c’est de montrer que la troisième Vie n’est pas la plus ancienne, comme le dit M. Kruscli, et même que, contrairement à ce qu’il affirme en termes exprès \ cette troisième Vie relève, tout comme la première, delà Passion de saint Denis :
Saint Denis :
Parisius Domino ducente (Dionysius) pervenit, non veritas àncredulæ gentis expetere feritatem.
Saint Austremoine :
Spiritus itaque sancti virtute frotus ac munimine verbi Dei firmiter vallatus, Arvernicæ civitatis mœnia incunctanter adiit (Austremonius) non veritas vesanaï gentis expctere feritatem.
Ceci suffit. 11 est, du reste, à noter que ce passage est commun aux deux Vies n° 2 et n°3. Dans la vie n° 1, l’emprunt à la Vie de saint Denis est un peu plus servile : Domino dueente Arvernis civita tis mœnia pervenit ; Spiritu enim sancto repletus non verebatur incredulæ gentis expetere feritatem.
Ajoutons que l’auteur de la troisième Vie parle de Clermont, ( civitcis) quæ... a prisco conditore Clarimontensis vocitata est. Or, il n’est pas question de Clermont avant le milieu du vme siècle. Alors le continuateur, de Frédégaire en parle (c. 42, 46) comme d’un château-fort, Claremonte Castro, distinct de Vurbs Arverna. Le nom de Clermont pour désigner l'ensemble de la ville ne se rencontre pas avant Charles le Chauve. Notre biographe n°3, non seulement use de cette appellation, mais il la présente comme ancienne, comme remontant à l’origine même de la ville : a prisco conditore Clarimontensis vocitata est.
1. Hier also findet sich kein Anklang an die Passio Dionysii (f. c., p. 20).