C. PAOLI. — DIPLÔME DE CHARLES VIII
de grave péril, le droit d’ajouter, eux et leurs familles, et leurs descendants à perpétuité, à leurs propres armoiries les armes et les insignes royaux, c’est-à-dire la croix de Jérusalem entre deux fleurs de lis de France.
De ce diplôme en lettre-patente (dans la formule de notification il est qualifié « privilegium ») on conserve aux Archives d’État de Florence deux exemplaires. Nous désignons par la lettre A celui dont le texte est publié plus loin, avec un fac-similé, et par la lettre B le second dont on trouvera les variantes notées au bas du texte du premier.
L’exemplaire A 1 était destiné à Clemente di Francesco Scerpelloni, l’un des prieurs, comme le prouvent les armoiries de cette famille, peintes au bas de la pièce, et dans lesquelles on remarque deux serpes ou faucilles pour couper les herbes (en italien : scerpare ), qui révèlent l’origine rurale de cette famille. Les Scerpelloni, en effet, étaient originaires de Yal-di-Pesa, et Ugolino Verino les cite dans ses vers 2 :
« Et Scerpellones venere a rure paterno « Non longe a Pesa... »
Ajoutons qu’on rencontre plusieurs fois ce Clément investi de fonctions publiques de 1483 à 1526, et que Niccolo Machiavelli fait mention de lui dans une lettre à Francesco Guicciardini 3. Du reste, nous savons que ce ne sont pas ses mérites personnels qui lui valurent cette concession royale, accordée également à tous ses collègues, à la suite de la capitulation conclue avec le roi. C’est la même raison, qui, de nos jours, fait, après la signature d’un traité international, distribuer des décorations aux plénipotentiaires de divers pays. Il est aussi à remarquer que le notaire de la seigneurie, à qui peut-être d’abord on n’avait pas pensé, a
1. Le Priorista Mariani (ms. aux Archives de Florence), III, 741 v°, nous apprend que ce diplôme a appartenu autrefois à Cosimo délia Rena, érudit florentin du xvne siècle. Le gouvernement italien l’a acquis en février 1881, à Naples, d’un antiquaire et l’a fait déposer aux Archives d’État de Florence.
2. De illustratione urbis Florentiæ (Florence, 1636), app., p' 99.
3. Machiavelli, Lettere familiari, éd. E. Alvisi (Florence, 1883), p. 88; lettre du 17 mai 1526.
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