‹ Mélanges Julien HavetChapitre 437 sur 567 · EN FAVEUR DE FLORENCE · texte numérisé non relu

EN FAVEUR DE FLORENCE

voulu y être compris, et son nom qui manquait se trouve ajouté après coup sur les exemplaires A et B.

L’exemplaire A mesure 46 centimètres sur 36. De l’examen des plis et des traces d’usure et de déchirure que présente le bord inférieur il semble que l’on puisse conclure que la pièce devait être pliée en trois ; mais le tiers inférieur manque aujourd’hui, sans cependant qu’aucune partie du texte ou des ornements ait été enlevée. 11 est écrit en caractères italiques ; les marges du haut et de gauche sont ornées de bandeaux formés de fleurs, rameaux et feuilles polychromes, accompagnés de petites boules d’or posées sur un fonds de rinceaux d’un travail très fin, mode d’ornementation en honneur à Florence à l’époque de la renaissance. Au milieu de la marge supérieure est peint l’écu de France, accosté à droite et à gauche des armes répétées de la seigneurie de Florence : d’azur, semé de fleurs de lis d’or, avec le mot : LIBERTAS en or, sur une bande 1 . Au bas sont peintes les armes du personnage à qui la pièce était destinée; dans l’état actuel du document, ces armes bordent immédiatement la marge inférieure, dont on a enlevé, comme on l’a déjà remarqué, la large partie blanche, qu’il est d’habitude de laisser au bas des diplômes et des lettres-patentes.

11 y a peu de chose à dire de la pièce B 2. Elle a été complètement mutilée dans les marges par l’enlèvement des ornements, dont il ne reste plus que quelques traces,

1. Philippe de Comines ( Mémoires , livre VII, ch. xi) écrit qu’à la suite de l’arrivée de Charles VIII les Florentins « changèrent leurs armes, qui estoient « la fleur de lis rouge et en prirent de celles que le Roy portait ». Ceci est tout à fait erroné. Depuis 1251 la ville de Florence a pour insigne une fleur de lis rouge sur champ blanc; elle l’a toujours conservée et l’a encore aujourd’hui. Quant aux armes peintes sur la pièce A, leur composition est bien antérieure au temps de Charles VIII. Je ne saurais dire au juste quand elles ont été adoptées ; mais on sait que les armes royales (d’azur, semé de fleurs de lis d’or) ont été concédées aux chevaliers florentins par Charles Ier d’Anjou, et Villani (VII, 124, à l’année 1288) dit que les Florentins les portaient à l’armée comme « mastra insegna ». Quant au mot : LIBERTAS, on le trouve déjà au temps de la guerre contre le pape Grégoire XI, dite « degli Otto santi » (an. 1376).

2. Archives de Florence, Diplom. proven. Riformcizioni, Atti pubblici.

c. PAOLI.

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