I Fasti del papa Pio VI
4. La Biblioteca Vaticana, p. 96: «Il munifico pontefi.ee venne privato anche délia sua particolare libreria, la quale fu poi venduta ad un libraio per 13,000 scudi. » — Blume, si bien informé d’ordinaire, rapporte que la collection de Pie VI semble avoir été incorporée en partie seulement à la bibliothèque de la ville de Césène, à laquelle son possesseur la destinait ! (lier italicum, t. II, p. 168, et t. III, p. 75).
5. « Le pape avait une bibliothèque particulière très riche en éditions du xvc siècle ; nous en expédierons plusieurs, soit pour la Bibliothèque nationale, soit pour les autres bibliothèques publiques de Paris » (Daunou, lettre du 30 ventôse an VI). — « Nous avons mis également en réserve, soit pour la Bibliothèque nationale, soit pour celle du Panthéon et de l’École polytechnique, plusieurs articles précieux provenant de la très riche bibliothèque personnelle du pape » (Lettre du 3 avril (1798). Cf. Taillandier, Documents biographiques sur P.-C.-F. Daunou, p. 124-125. — Henri Lavoix, Daunou et la bibliothèque du Panthéon, p. vii-vni ; cf. p. xn, xx.
De cette collection, notre Bibliothèque nationale retira quarante-quatre manuscrits, dont on trouvera le catalogue dans l’ouvrage de M. Mazzattinti L D’après une communication dont je suis redevable à l’obligeance de M. Delisle, la Bibliothèque nationale a, en outre, acquis, il y a peu d’années, un magnifique manuscrit ayant la même origine : les Vies des Pères, en italien, enrichi des armes, emblèmes et devises des ducs de Milan (fonds italien, n° 1712).
La bibliothèque Sainte-Geneviève, de son côté, conserve un assez grand nombre de volumes de cette collection : ils sont reconnaissables aux armes de Pie VI imprimées sur les plats, ainsi qu’à la marque du catalogue qu’ils portent à l'intérieur.
Une autre bibliothèque romaine , confisquée en même temps que celle de Pie VI, — la bibliothèque Albani, — fut également en partie dispersée; un certain nombre de ses manuscrits allèrent échouer à la bibliothèque de Montpellier 1 2.
La « Recensio » publiée en 1803, le « Specchio » inséré dans la Correspondance de Napoléon 7e'', enfin la « Note » rédigée par Wicar, et dont on trouvera plus loin la reproduction, nous font connaître la composition des séries numismatiques de la Vaticane qui furent livrées aux commissaires français le 24 floréal an VI (13 mai 1798). A cet égard nulle incertitude. Mais ils nous laissent malheureusement ignorer le nombre et l'importance des pièces qui furent dérobées lors du pillage d’une partie de la Vaticane. Wicar se borne à mentionner parmi elles les monnaies des papes et des princes de l’Europe, les médailles de la mai-
1. Manoscritti italiani nelle biblioteche di Francia , t. I, p. clxxviiiclxxix. Rome, 1886. — Cf. Delisle, le Cabinet des manuscrits , t. Il, p. 34.
2. Blume, lier italicum, t, III, p. 175-176, — Mazzatinti, t. I, p. clxxix.
PENDANT LA REVOLUTION FRANÇAISE
son Odescalchi 1 et la série de celles des hommes illustres. Daunou est encore plus laconique 2.
Les témoignages offrent infiniment plus de divergence au sujet de la restitution du médaillier de la Vaticane faite en 1815. D’après Zanelli, outre la série des monnaies des papes et des princes de l’Europe, cinq cents médailles antiques et une bonne partie des médailles dites Vaticanes, manquaient à l'appel 3. M. de Rossi va plus loin encore et affirme que tout le médaillier de la Vaticane aurait été dispersé pendant la Révolution L
En réalité, lors de la restitution faite en 1815, sur l’ensemble des séries régulièrement confisquées, il ne manquait que cinq cents médailles de bronze. C’est du moins ce que le commissaire pontifical, Marino Marini, déclare formel-
1 . La composition du médaillier Odescalchi nous est aujourd’hui exactement connue, grâce à l’inventaire de 1794, imprimé par M. Fiorelli dans les Docunienti inediti per servira alla storia dei Musei d’Italia, t. III, p. 293 et suiv.
2. « Nous avons également mis en réserve tous les restes du médaillier du Vatican ; ce médaillier attend les ordres du Directoire. Il partira pour Paris, si vous le désirez. Il partira même si vous n’ordonnez pas expressément qu’il soit laissé ; car il est encore riche et d’un transport peu coûteux » (Lettre du 3 avril 1798).
3 «... Le sérié delle monete dei Papi, e di altri prindpi europei, 500 antichi medaglioni, parte già Albani e parte Carpegna, corne ancora buon numéro delle medaglie cosi dette Vaticane, non fecero più ritorno al loro posto — Moite cose pero restarono in Francia, e per non ricordare le pergamene spettanti ad antichi monasteri, i commissari pontifici vi lasciarono le principali medaglie délia collezione vaticana, diversi vasi etruschi di prima e di seconda grandezza, il forziere adorno di brillanti, entra oui stavan le medaglie d’oro mandate da Maria Teresa a Clemente XIV. » (La Biblioteca Vaticana dalla sua origine fl.no al présente ; Rome, 1857, p. 102 et 98.)
4. « I medaglioni imperiali furono voluti dai commissari francesi nel trattatto di Tolentino, e sono rimasti in Parigi : il resto derubato e disperso nelle vicende repubblicane délia fine dei passato secolo non si potè ricuperare » (La Biblioteca délia Sede apostolica ed i cataloghi dei suoi manoscritti. 1 Gabinetti di oggetti di scienze naturali, arti ed archeologia annessi alla Biblioteca Vaticana; Rome, 1884, p. 62). — « Anno 1798, quum Galli eorumque fautores Urbe potirentur, bibliothecae Vaticanae nummotheca, glyptotheca, muséum christianum gravissimis damnis affecta sunt » (De origine, historia, indicibus Scrinii et Bibliothecæ Sedis apostolicae; Rome, 1886, p. cxxvi). — « Il medagliere..., il quale, perché confuso col medagliere di Parigi, ne da quello separabile per difetto d’inventario, corne dissi, non tornô più » (Mgr Carini, la Biblioteca vaticana, p. 127-128).
lement dans son rapport '. Et encore des compensations furent-elles accordées pour ces cinq cents pièces. J'insiste sur cette circonstance : la transaction intervenue en 1815 a mis fin à toute revendication ultérieure de la part des gouvernements étrangers.
Au médaillier de la Vaticane était annexée une clactyliothèque des plus riches. Ici les pertes furent irréparables 1 2. Quoique Wicar ait exagéré en affirmant que « la collection de camées tant sacrés que profanes fut divertie (sic) » par les soldats, il est certain que beaucoup de pièces disparurent dans le premier moment d’effervescence. Berthier donna l'ordre d’en envoyer sept à Paris 3 4; il semble avoir reçu, en outre, du pape, à titre de don personnel, plusieurs camées qu’il offrit à son tour en cadeau au Cabinet de France h