DE L ' Ë DANS LES MANUSCRITS
graphie des classiques latins, renfermant un fragment de Varron, du vme siècle, en écriture lombarde. Tantôt on y voit les lettres ae conjointes [singulæ, I. 6, etc.); tantôt Va est déformé et n’est plus qu’un minuscule trait recourbé, accroché à gauche de Ve et ne dépassant pas la ligne; ailleurs, nous n’avons plus que Ve cédille.
Il ne semble pas qu’il y ait des exemples de Ve cédille dans les manuscrits assez nombreux en onciale du vT siècle qui existent. Mais on le trouve dans ceux du vit siècle. On peut le voir notamment dans le Grégoire de Tours, dit de Beauvais, ms. latin 17,654 de la Bibliothèque nationale '; dans le Sacramentaire d’une église de France, n° 316 du fonds de la reine Christine, au Vatican, manuscrit d’origine française 1 2, etc.
L’e cédille était également employé par 'es scribes étrangers, comme on peut s’en assurer par les fac-similé du ms. 36 (XCII) de la bibliothèque de Trêves, qui est de l’année 692 3 ; d’un recueil de canons de divers conciles, manuscrit du chapitre de Vérone, du vif siècle 4 5; du Cicéron des archives de la basilique Saint-Pierre de Rome, H 25, du vnf siècle :i; du ms. Cotton, Nero, D IV, « St. Cuthbert’s Gospels, » du British Muséum, d’origine irlandaise et qui semble remonter à l’an 700 ou environ 6.
A la vérité, Vae domine encore dans les manuscrits en onciale de cette époque; Ve simple commence à y apparaître, mais timidement ; cette substitution est considérée comme une hardiesse et des correcteurs s’empresseront d’ajouter la cédille à Te. Le ms. latin 9550 de la Bibliothèque