‹ Mélanges Julien HavetChapitre 475 sur 567 · U. ROBERT. — L’ORIGINE · texte numérisé non relu

U. ROBERT. — L’ORIGINE

On chercherait en vain des exemples d’<? cédille dans les plus anciens manuscrits en capitale, tels que les Virgile du Vatican et de la Laurentienne, le Térence du Vatican, le Prudence de la Bibliothèque nationale et autres de ce genre, dont nous avons de si beaux spécimens dans les Eopempla codicum lalinorum de MM. Zangemeister et Wattenbach, dans le recueil de fac-similé publié par la Palaeogfaphical Society, dans la Paléographie des classiques latins de M. Émile Châtelain, etc.

L’emploi de \'e cédille dans l’écriture capitale n’apparaît qu’a une époque plus reculée, lorsque les scribes feront usage de la capitale seulement pour les titres des manuscrits ou des traités contenus dans les manuscrits. Le titre de la fable 5 du livre II des Fables de Phèdre du ms. Rosanbo 1 en présente un exemple dans le mot Cçsar. Mais les cas de ce genre sont fort rares et cela se comprend, car c’est l’onciale qui a donné naissance à Ve cédillé.

Dans l’onciale, comme dans la capitale, comme d’ailleurs dans les différentes écritures des époques mérovingienne et carolingienne, les lettres ae sont le plus souvent séparées. Soudées ensemble, leur réunion a formé d’abord une sorte de x en onciale, dont la partie de droite est généralement accompagnée vers le milieu d’un petit trait horizontal æ je 2 ; puis la partie supérieure de l’a est tombée ; la partie inférieure s’est prolongée au-dessous de la ligne, à gauche de Ve t ç ; enfin le trait, dernier reste de l’a, s’est insensiblement glissé au-dessous de Ve, où il est arrivé à occuper la place de notre cédille sous lec 3 ; d’où 1a. dénomination d’<? cédillé, qui a été adoptée dans la terminologie paléographique pour désigner la lettre e pourvue de ce signe.

De curieux exemples des transformations successives de L ae en e cédillé sont fournis par la planche 13 de la Palèo-

1. Cf. mon édition paléographique des Fables cle Phèdre, p. 23, 1. 3.

2. Cf. Wattenbach, Anleitung zur lateinischen Palaeographie, p. 39.

3. Ce trait n’existe pas dans tous les manuscrits en onciale. Cf., par exemple, le manuscrit de la Cité de Dieu, de la bibliothèque de Lyon, dont il y a un fac-similé dans V Album paléographique publié par la Société de l’École des chartes, pl. 7.

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