‹ Mélanges Julien HavetChapitre 485 sur 567 · PAR M. JOSEPH TARDIF · texte numérisé non relu

PAR M. JOSEPH TARDIF

Isidore, évêque de Séville (570-636), a fait au droit une place dans sa vaste encyclopédie connue sous le nom Origines sive Etymologiae L Le cinquième des vingt livres que comprend cet ouvrage est intitulé : De legibus et teneporibus, et principalement consacré aux questions juridiques; les livres II, IX, XV et XVIII en traitent également1 2. Il ne faut pas chercher dans le compilateur espagnol un exposé du droit de son temps ; il ne donne guère qu’une série de définitions accompagnées çà et là de quelques développements. Il a puisé ses explications soit dans des auteurs littéraires comme Cicéron, Varron, Aulu Gelle, Festus, Servius, soit dans la Lex Rornana Visigothorum , parfois même dans des textes du droit romain classique 3. Bien qu’il se borne d’ordinaire à reproduire ses modèles en les

1. Le dernier auteur qui se soit occupé de l’influence du droit romain sur les Étymologies d’Isidore de Séville est M. M. Conrat, Geschichte der Quelle n und Literatur des rôrnischen Rechts im Mittelalter. Leipzig, 1889, Bd. I, p. 150-153.

2. Il y a aussi quelques termes juridiques dans la liste alphabétique de mots dont se compose le livre X, mais en petit nombre.

3. Les sources dont s’est servi Isidore de Séville sont indiquées dans Dirksen, Hinterlassene Schriften. Leipzig, 1871, t. I, p. 185, et dans Yoigt, Bas Jus naturale, aequurn et bonum. Leipzig, 1856-75, t. I, p- 576 et 580.

J. TARDIF

UN ABRÉGÉ JURIDIQUE

abrégeant, il a néanmoins commis de nombreuses méprises. Ces erreurs ainsi que l’absence de méthode dans le classement des matières diminuent singulièrement la valeur de son travail. Malgré ces défauts, la partie juridique des Étymologies a joui d’un grand crédit au moyen âge; elle a été souvent transcrite isolément et considérée comme un traité distinct ’. Elle se rencontre sous deux formes : l’une consiste simplement dans une série d’extraits des livres indiqués précédemment; l’autre est un abrégé succinct des mêmes livres disposé par questions et par réponses.

La première de ces compilations est appelée parfois Liber Hisidori de legibus 2 ; elle porte encore d’autres noms : Quedam excerpta ex libre Ethimologiarum quibus ex causis in romanis, legibus vocabula originem et nomina acceperunt 1 2 3 4. Incipiunt concordias (sic) canonice vel leges Rornanorum 4 ou Tractatus legis romanae 5. Elle se rencontre avec quelques différences peu importantes dans les manuscrits suivants :

Bibl. nat., mss. lat. 4403 a, f 3-27 v° 6 ; 4408, f° 1-11 v° 7; 4409, f° 1-10 v° 8; 4414, f° 147 v°-158 r° 9 10 ; 4415, f° 110 v°- 1 19 v° 10 ; 9653 (Suppl, lat. 65), f° 33 v°-37 v° 11 ; 18237 (Notre-

1. On lit ainsi en tête du ms. lat. 4408 de la Bibl. nat. la rubrique : Tractatus legis romanae, qui sert aussi de titre courant, et dans le ms. lat. 4409 à la fin de la table, ces mots : Expliciunl capitula lmjus operis.

2. Incipiunt capitula libri Hisidori de legibus. Ms. de Turin, D. V. 19, f° 75 r°, c. 1.

3. Bibl. nat., ms. lat. 4409, f° 1 r°. — Bibl. de Berne, ms. n» 263, f° 1. Dans le ms. du Vat., Reg. 1048, le titre est un peu plus court : Incipiunt quaedam excerpta ex libro Elhymologiarum , f° 1.

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