‹ Mélanges Julien HavetChapitre 50 sur 567 · BRUNO KRUSCH. — LA FALSIFICATION · texte numérisé non relu

BRUNO KRUSCH. — LA FALSIFICATION

parenté entre le nom du roi des Gépides Trasericus 1 dans Ennodius et le cubicularius Transuarius de la Vit a, mais ce peut être là un hasard.

On pense à la joie de Mabillon2, quand, en 1668, il retrouva, dans un manuscrit (Paris, manuscrit latin 5324, xe siècle) une Vie abrégée de saint Séverin, qui n’était autre, paraît-il, que la notice originale de Fausfus 3 4 5. La prétention du biographe à passer pour Faustus est indubitable, puisqu’il le dit lui-même \ La question est seulement de savoir, s’il l’est en effet. La Vita est, en grande partie, en conformité même textuelle avec la précédente, ce qui ne saurait être, si elle en était la source, l’auteur carolingien déclarant avoir pris le sens, non les mots de son modèle. Au lieu des noms «Eulalius » et « Nivernum ». le texte abrégé porte «Euladius» ct« Libernum ». Les paroles d’adieu de Séverin à son départ d’Acaunum semblent être un méchant extrait: « Omnia quae volait Dominus i’ecit. » Car Dieu n’avait pas encore accompli sa volonté sur le saint, il no le commença qu’alors et le fameux verset de la Bible (Psaume 134, v. 6) doit être au présent, comme il l’est, en effet, dans le texte le plus long de la Vita : « Omnia enim quaecumque vult Dominus facit. » La comparaison des deux textes sous le rapport de la langue est aussi au désavantage du texte abrégé : on y rencontre des vocables français et des constructions françaises

Il s’y trouve deux additions dignes de considération. L’auteur admet entre la mort du saint et l’avènement de Childebert un espace de quelques jours (post paucos dies), l’espace est, en réalité, de quelques années, car Séverin devrait être mort dans la vingt-septième année de Clovis, et ce prince atteignit la trentième. Mais, en outre, Childebert ne pourrait avoir construit l'église de Saint-Séverin aussitôt

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