AA. SS. ord. S. Benedicti, saec., I, p
3. C’est aussi l'avis de Jahn, Gesch. der Burgundionen, II, 288.
4. « Edita a Fausto praesbitero, discipulo ipsius S. Severini abbatis, simplici ordine composita, iubente glorioso principe Childeberto rege. »
5. « Jam annum est integrum quod infirmus — jacet (texte développé : jam ab anno priore peste percussus gravissima — jacet) et ad ordinationem (texte développé : secundum ejus praecepti imperium . »
DES VIES DE SAINTS BURGONDES
après sou avènement, n’étant entré en possession de laBurg'ondie qu’en 532. Par la seconde addition : «et de tisco suo aemunitatem integram sua praeceptione designavit », l’auteur de la Vitci abrégée a créé pour Chàteau-Landon un privilège d’immunité de Childebert et c’était évidemment l objet de son travail. Un faussaire a donc trompé l’autre. Au ix° siècle on fabriqua une Vie de saint Séverin en se référant à l’écrit prétendu d’un contemporain du nom de Faustus et, un siècle environ après, on fabriqua l’écrit de ce Faustus. Les deux faux sont à la charge de l’église de Château-Landon et non du monastère d’Acaunum.
Mais il n’en vaut guère mieux. Ce fut un moine d’Acaunum qui se proposa d’écrire le récit de la fondation du monastère et l’histoire des premiers abbés Hymnemodus, Ambrosius et Achivus. C’est « un souvenir de pieuse affection » qui l’y détermina ; la jeunesse d’Ambrosius était encore connue de tous, et de pieuses larmes auraient failli l’arrêter dans son dessein au sujet d’ Achivus. C’est se désigner timidement comme un contemporain, et les deux éditeurs l’ont tenu pour tel L II tient presque plus qu'il n’a promis. Le thème proposé dans la préface est épuisé dans les neuf premiers chapitres et ceux-ci sont suivis de quatre autres: la Vie de Tranquillus, successeur d’Achivus, en vers brisés (ch. x) et les épitaphes des trois premiers abbés. Dans le meilleur manuscrit, celui de Besançon, la Vit a est suivie de vers sur un certain saint Probus 1 2, sur les relations duquel avec les premiers abbés la Vit a donne aussi des éclaircissements. La souscription désigne le poète sous le nom de Pragmatius prêtre. La versification de cet homme est extrêmement pénible ; ses hexamètres sont tour à tour trop longs et trop courts, et il n’y est pas question de l’observation des lois de la métrique. Je placerais l’éclosion de ce poème à l’époque carolingienne, et plutôt au vm° siècle, car
1. La Vit a Sanctorum abbatum Acaunensium a été publiée par M. Arndt, Kleine Denkmaeler aus der Merovingerzeit, p. 12-21, et par le P. de Smedt, AA. SS., nov. I, p. 522-554.