‹ Mélanges Julien HavetChapitre 516 sur 567 · Voy. Appendice, n · texte numérisé non relu

Voy. Appendice, n

694 A. GlPvY. — LA DONATION DE RUEIL

enfin, assez semblable à celle de l’exemplaire précédent, contient, au lieu de notes tironiennes, une série de lettres capitales : Inain/////koe, cpii paraissent en être une maladroite imitation et ne présentent aucun sens. Au bas et à droite une cordelette, composée mi-partie de. chanvre et de soie rouge, paraît le reste d’attaches d’un sceau pendant sur repli, qu’un sachet de toile grise d’époque incertaine, cousu au-dessous, était destiné à contenir. Au dos de la pièce une cote en écriture allongée, analogue à celle que l’on trouve sur la plupart des chartes anciennes de Saint-Denis, et qui paraît remonter à la fin du xe ou au commencement du xie siècle, témoigne que ce document figurait alors dans le chartrier de l’abbaye.

Ces divers caractères concourent à prouver que ce document ne saurait être considéré comme un original, et qu’il ne peut être tout au plus qu’une copie figurée, à laquelle on aurait voulu, par l’addition d’un sceau, donner l’apparence d’un original. L’étude de la teneur montrera s’il est possible de croire cette copie sincère.

Comparée à celle du document précédent on constate que la teneur de cette seconde rédaction est en grande partie la reproduction de celle de la première. L'édition qu’on trouvera en appendice rend sensible cette ressemblance par l’emploi de caractères de corps différents. Les modifications sont peu nombreuses mais importantes, et il est nécessaire de les examiner avec soin. Voici en quoi elles consistent.

A la suite de la mention de Rueil, le rédacteur a supprimé la clause de réserve et l’a remplacée par une formule descriptive de propriété, qui ajoute aux dépendances du domaine des droits sur une partie déterminée du cours de la Seine.

Dans le reste de la teneur les modifications, qui consistent surtout en suppressions, sont de beaucoup moindre importance : le titre de reine donné à Judith a été, par inadvertance sans doute, substitué à celui d’impératrice (1. 5) ; à la suite de la mention de Richilde manque la phrase : guam nunc dispositione Dei regio thoro copulatam habemus

A L’ABBAYE DE SAINT-DENIS

(même ligne) ; il en est de même de celle qui suit les mentions de Boson et de Guy : quos maxima fidelitatis devotio nobis propinqtriores effecit (1. 6) ; et de même aussi du nom de Boson, supprimé dans la clause relative aux repas commémoratifs (1. 9). La conduite de ce prince, à partir de 877, pouvait en effet faire paraître ces mentions singulières. On a supprimé encore la disposition relative à l’éventualité d’une fuite devant les Normands (1. 6), ce qui peut donner à croire que le remaniement est postérieur à la cessation des invasions. Deux mots, et su/ficienti, ont été supprimés à la ligne 7. On a fait disparaître enfin la clause relative aux prières demandées par Charles-le-Chauve comme pour un moine, et celle relative aux familiers du roi qui prendraient l’habit monastique (11. 10 et 11). Ces modifications paraissent devoir s’expliquer pour la plupart par le désir de rattraper la place occupée par l’interpolation du début sans allonger le diplôme. En comparant les deux textes on observe que les suppressions, même les moindres, ont été indiquées dans l’original par les croix interlinéaires signalées plus haut. Nouvelle présomption que cet original a servi de base au remaniement que nous étudions.

La date, comme le reste de la teneur, a subi des modifications : à la date du 27 mars s’est substituée celle du 9 octobre, — le fait que cette date est celle de la fête de saint Denis n’est probablement pas étranger à cette substitution — ; la 30e année du règne en France et 1a, 5e du règne en Lorraine ont pris respectivement place de la 35e et de la 6e. Il est permis de croire que le grattage et la surcharge des chiffres de l’original 1 avaient été un essai pour les transformer de la sorte. Les nouveaux éléments chronologiques, substitués aux anciens, sont, du reste, en discordance : le 9 octobre de la 30e année du règne en France correspondrait à 869, la 5e année du règne en Lorraine, à 873. Aucune de ces deux dates n’est admissible. La première se trouve en contradiction, comme on l’a vu, avec plusieurs points de la teneur ; la seconde n'est pas plus

Page 1