Bresslau, op. cit., p
2. Plusieurs chartes de ces évêques ont été écrites, ou du moins revues, par leurs chanceliers. 1039. Hugo Tornacensis ecclesiae cancellarius scripsit (Miraeus, Op. dipl., I, 54). — 1087. Ego Wido cancellarius (de l’év. de Tournai) confirmavi {Ibid., I, 60). — 1046. Fulcherus archicapellanus (de l’év. de Cambrai) recognovit {Ibid., I, 56). On peut constater, par l’examen des chartes originales des évêques de Cambrai, conservées dans le chartrier de Ninove aux archives de l’État à Gand, que les nos 6 et 7 (A0 1146) ont été écrits par le chancelier Wirinboldus, le n° 15 (A0 1159), par le chancelier Eustachius et le n° 22 (A0 1165), par le chancelier Galcherus.
3. Sous le règne du comte Baudouin V, le chancelier Gislebert a écrit certainement plusieurs chartes octroyées par son maître, comme le prouve la formule: Actum per manum Gilleberti cancellarii, dont ces chartes sont pourvues. M. L. Devillers, archiviste de l’État à Mons, a bien voulu m’envoyer un calque de l’écriture de deux originaux pourvus de cette formule (fonds Sainte-Waudru, Gages n° 1 et Cuesmes n° 70). Des deux côtés l’écriture est la même. — On trouve aussi, à une charte de Philippe d’Alsace de 1169, la
formule : Acium per manus Roberti, cancellarii Flandriae et Ariensis
praepositi (Miraeus, op. cit., I, 187). Mais cette charte est octroyée à l’abbaye d’Aire, et l’on comprend dès lors facilement qu’elle ait été rédigée par le chancellier qui était pour lors prévôt de cette abbaye. Il agissait, dans ce cas, moins comme fonctionnaire du prince que comme destinataire de l’acte.
4. 1096. S. Cononis et Ilaineri clericorum capellanorum comitis (Varin, Arch. administrât, de Reims, I, 249). — 1111. Bertino comitis capellano
ET LES NOTAIRES DES COMTES DE FLANDRE
suivaient dans ses déplacements, avaient accès dans ses conseils Que ces chapelains aient dû être requis assez souvent pour écrire les chartes rendues au nom du comte, la simple vraisemblance suffirait seule à le faire admettre. Mais nous pouvons apporter ici une preuve directe de ce fait. On lit, en effet, au bas d’une charte de Philippe d’Alsace donnée en 1156 : Walterus capellanus scripsi et subscripsi2 . Plus souvent encore que les chapelains, les simples clercs, fort nombreux à la cour du comte \ ont dû être occupés à l’expédition des actes. On a vu plus haut que ces clercs apparaissent déjà avant 1089 et c’est eux sans doute, ou du moins quelques-uns d’entre eux, qui formaient le personnel ordinaire des scribes de la chancellerie.
Si le chancelier n’intervenait pas dans la confection des chartes, c’est à lui qu’il appartenait d’y appendre le sceau. A cet effet, tous les actes portant le nom du comte, qu’ils eussent été écrits dans un monastère ou dans la chancellerie, devaient lui être invariablement présentés. Peut-être est-ce à l’apposition du sceau par le chancelier que se rapporte la formule datum per manum ... dont il a été question plus haut. Le chancelier était donc essentiellement le garde
(Feys et Nelis, Cartul. de Saint-Martin d’Ypres, I, p. 4). — 1123. Baldewino capellano comitis, Salomone capellano comitissae (Miraeus, Op. dipl., I, 374). — 1142. S. Ogeri et Bernoldi capellanorum comitis (Ibid., IV, 201). — Quelques chapelains étaient en même temps notaires : tel était, par exemple, le chapelain Odger (Miraeus, IV, 193, 201; Gheldolf, Hist. d’Ypres, p. 322).
1. Sur le rôle des chapelains à la cour du comte, voy. Galbert, op. cit., passim.