‹ Mélanges Julien HavetChapitre 57 sur 567 · L. c., p. 239 ; cf. p. 238, n · texte numérisé non relu

L. c., p. 239 ; cf. p. 238, n

3. Binding, l. c., p. 148, identifie Sardinia avec Sarbiniacum de la Collatio episcoporum de Vignicr (J. Havet, Questions mérov., II, 34), et sait qu’elle est située aux environs de Lyon.

BRUNO KRUSCH.

LA FALSIFICATION

non des Bourguignons, mais des Vandales. C’est ce que raconte entre autres, dans sa Chronique, Bède et après lui Adon, à «pii le biographe de saint A vit 1 a emprunté ce détail, et comme ce dernier a copié aussi l’histoire d’Étienne de la Vita Apollinaris, on trouve chez lui Sardinia avec son douille sens. La première fois, elle désigne la petite ville lyonnaise inconnue, la seconde fois l’ile bien connue. C’est là une rencontre curieuse et de méchantes gens pourraient suspecter le biographe d’avoir inventé faussement l’exil des évêques bourguignons d’après celui des évêques vandales. 11 n’avait cependant pas besoin de mentir, car il était contemporain et avait pris part en personne avec le saint au voyage par eau, qui forme la deuxième partie de la Vüa. De pareils voyages offraient toujours aux biographes ample matière ; c’est là que les saints se trouvaient avoir les aventures les plus diverses, se rencontraient avec des hommes étrangers et pouvaient expérimenter sur eux leurs forces merveilleuses. Nous voyons ainsi sainte Geneviève monter fréquemment en bateau et s’en aller au loin. Apollinaire rencontra donc à Arles l’évêque Césairc, le préfet Liberius et ses parents, Parthenius et Ferreolus, à Marseille, Arcutamia, femme du sénateur, également une parente. Tous sont des personnages que nous connaissons par les écrits de Sidoine, saint A vit, Cassiodore et par la V. Cacsarii. D. Martine avait pris Ferreolus pour le Praefectus practorio de la Gaule bien connu, qui vivait au milieu du vc siècle. A cela, Ghesquière objecta que ce dernier n’avait pas pu atteindre le vic siècle. Assurément non, mais le passage cité par Martène (Sidoine, II, 9) « humanissimos dominos Ferreolum et Apollinarem », le met déjà en rapport avec un Apollinaire; ce n’est pas à la vérité l'évêque de Valence, mais un homme inconnu de Nîmes, vers 470. Le biographe n’a pas décrit le voyage du retour, cela eût été trop ennuyeux. Nous savons seulement que le saint en eut encore juste le temps avant d’entreprendre son voyage céleste.

Ce ne sont que deux épisodes qui forment la V. Apolli-

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