‹ Mélanges Julien HavetChapitre 60 sur 567 · PAR M. G. MONOD · texte numérisé non relu

PAR M. G. MONOD

Les Annales dites Annales Einhardi, c’est-à-dire la continuation des Annales Laurissenses majores de 801 à 829 et leur remaniement de 741 à 801, ont attiré à mainte reprise l'attention des érudits, depuis le jour où Pertz en a donné la première édition critique au tome 1 des Monumenla Germaniae (1820), et exposé les motifs pour lesquels il y voyait l’œuvre d’Éginhard *. Les discussions auxquelles elles ont donné lieu ont porté surtout sur deux points : sur le caractère d’ Annales officielles, d’Annales royales ou impériales qui leur a été attribué par Ranke 1 2 3 et Giesebrecht et sur la part qu’Éginhard a pu prendre à leur rédaction. Je n’énumérerai pas ici les raisons nombreuses pour lesquelles je crois l’opinion de Ranke et de Giesebrecht justifiée, à 1a. condition de prendre le terme « officielles » dans un sens très large, ni celles qui me font refuser toute valeur aux arguments par lesquels on a voulu prouver qu’Éginhard en serait l’auteur. Je me contenterai, dans les pages qui vont suivre, de présenter une hypothèse nouvelle sur la rédaction des années 820 à 829. On verra que si cette hypothèse était admise, elle entraîne-

1. J’emploie la forme Éginhard pour me conformer à l’usage ; Einhard est la forme vraie.

2. Zu)\ Krililc frænkiscli-deutscher Reichscmnalisten (Abhand. der Berliner Akad., 1854).

3. Die frænJcische Kœnigsannalen und ihre TJrsprung (Münchener historisches Jahrbuch, 1864).

G. MONOD

H1LDÜIN

rait des conséquences assez importantes pour la solution du problème tout entier de la composition des Annales.

Ainsi que l’a montré M. Dünzelmann *, il est vraisemblable que plusieurs auteurs ont travaillé successivement aux Annales de 791 à 829. Il a peut-être multiplié à l'excès le nombre de ces auteurs, lorsqu’il en admetsix différents (791-796; 797-801; 801-806; 807-815; 816-820; 820-829); mais les diversités île style qu’il a relevées sont assez frappantes pour qu’on en tienne compte, et les années 820 à 829 forment un groupe qu’il est permis de séparer des années précédentes et qu’on est obligé d’autre part de considérer comme indivisible.

Est-il possible de former une hypothèse sur le personnage qui a écrit ou inspiré cette portion des Annales ?

Deux passages ont frappé tous les critiques qui se sont occupés de cette question. Ce sont ceux (pii nous parlent de deux fameuses translations de reliques : celle des reliques de saint Sébastien à Saint-Médard de Soissons, par Hilduin, abbé de saint Denis, et celle des reliques des saints Marcellin et Pierre à Miilinlieim, ou Seligenstadt, par Éginhard. Je transcris ici ces deux passages :

A" 826... c Dum haec aguntur, Hïldoinus, abbas monasierii S. Dionysii marliris, Romani mittens, adnuente prccibus élus Eugenio sanctae sedis aposlolicae lune praesule, ossa beatissimi marliris Ghrisli Sebasliani accepit, et ea apud Suessonam civitatem in basïlica R. Medardi collocavit, ubi dam, adhuc inhumala in loculo, in qüo adlata f aérant, iuxta tumulum S . Medardi iacerent, tanta signorum ac prodigiorum midtitudo clarui{, tanta virtutwn vis in omni, genere sanitatum per divinam gratiam in nomme eiusdem beatissimi martiris enituit, ut a nullo mortalium eorumdem miraculorum aut numerus compreliendi, aut varielas vertus valeat enuntiari ; quorum quaedam tanti stuporis esse narrantur , ut humanae inbecillitatis fïde/m

1. Beitræge zur Kritik eler karoli ngischen Annalen (Neues Archiv der Gesellschaft fiir æltere deutsche Gescbichtskunde, t. II).

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