Athaii. ad Soîitar
4. Nil. Epistol. I, 75. Voy. encore les citations données dans le Tlicsaurus, dans Du Cange et surtout dans Suicer.
5. On remarquera que les Grecs avaient accommodé le mot latin Romania à leurs habitudes en l'accentuant sur 1'/, c'est-à-dire en substituant au suffixe latin atone -ia le suffixe grec -i% qui plus tard devait rentrer dans le roman et y servir à former particulièrement des noms géographiques (voy. Etude sur r accent latin, p. 93-95).
6. On en trouve des exemples dans Du Cange, et ils sont trop nombreux au moyen âge pour qu'il soit besoin d'en rapporter d'autres. — Je remarquerai seulement que Romania a ce sens dans un poème rythmique bien remarquable, publié par E. du Méril, sur une expédition victorieuse des Pisans en
rope et la Grèce, et où il faut le reconnaître sous la forme Roumélie. Je n'ai pas à m'étendre ici sur cette histoire du mot grec 'Pa)[;.avu; il suffit de montrer qu'il provient du latin et que son usage habituel en Orient au iV^ siècle prouve qu'il était populaire en Occident avant cette époque.
En Occident le mot Romania, comme on l'a vu, fut surtout employé pour caractériser l'empire romain en face des Barbares ' et plus tard pour exprimer l'ensemble de la civilisation et de la société romaine ^. Dans ce sens étendu, il comprend naturellement la langue, et cette idée accessoire est nettement indiquée dans les vers où Fortunat, s'adressant au Franc Charibert, lui dit :
Hinc cui Barbaries, illinc Romania plaudit. Diversis linguis laus sonat una viro '.
Romania, c'est ici l'ensemble des Romani, la société romaine, le monde romain en opposition au monde allemand ou barbare [^].
L'expression de Romania resta en usage jusqu'aux temps Caro-
1088. Il s'agit d'un chef de pirates musulman, établi en Afrique {Poés. pop. du moyen âge, p. 241) :
Hic cum suis Saracenis devastabat Galliam,
Captivabat omnes gentes que tcnent Ispaniam ;
Et in tota ripa maris turbabat Italiam ;
Predabatur Romaniam usque Alexandriam.
On pourrait croire que /?o;//i////rt a encore ici le sens de domaine des Romains; mais le sens général indique l'empire grec, et surtout l'accent sur 1'/, dans ce vers et dans un autre où le mot reparaît (p. 250), fait voir qu'il s'agit ici de la Remanie, comme dit Villehardouin.
1. Voy. par exemple Jordanis, Je Rch. getic. c. 25 : Ditique cogitantes (Vesegothae) tandem commiini placito legatos ad Romaniam direxere, ad Valintem imperatorem, fratrem Valentiniani.
2. Un autre mot qui paraît avoir eu ce large sens est Romanitas, qui ne se trouve que dans Tertullien (De Pallia, 4), — par conséquent de très bonne heure.
3. Fortunat, /. VI, IV, de Chariberto rege, v. 7-8. C'est la même pensée qu'il exprime ailleurs en disant : Romaiiusqiw lyra plandat tiln, Barbât iis harpa.
[*4. Add. Jung, p. 139.]
lingicns, et reprit même sans doute une nouvelle vogue quand Charlemagne eut restauré Vimpcrium Romamuii. Dans un Capitulaire de Louis le Pieux et Lothaire, on lit : Praecipimits de his fratrihus qui in nostris et Roiiianiae Jinibus palernae seii maiernae siicccdnut heredifûti ', et il me paraît probable que Romania signifie ici l'étendue de l'empire plutôt que l'Italie ou cette province italienne à laquelle le nom a fini par se restreindre ^. Mais quand l'empire eut passé aux rois d'Allemagne, le mot Roiiiania semble avoir désigné spécialement cette partie de leurs états qui n'était pas germanique, à savoir l'Italie. C'est le sens qu'il paraît avoir dans les passages suivants : Gaudebundus effecliis (J)iipcrator Graeconun) aiiniiii et argentitm infiiùtum cum pudla traiismisenint in terra Roniania K Iniperator aiitein a Romania discedens nostras{Gernianiae) regiones invisit ■^. Imper atore et Ehhihardo pariter tune in Romania comnwrante ^. Multae snnt, pro dolor ! in Romania atque in Langobardia insidiae ''. Enfin le nom de Romania finit par ne plus désigner que la province qui porte encore ce nom de Romagne, et qui répond à l'ancien exarchat de Ravenne; il lui vient d'après les uns de la célèbre donation faite par Pépin à Veccksia Romana, d'après les autres du nom de l'empire grec, de la 'PM[xy.viy., dont cette province fut la dernière possession en Occident '.