‹ Mélanges linguistiques (volume 2)Chapitre 10 sur 60 · Vita Augustin i, c. 6, AA. SS. Aug. VI, p · texte numérisé non relu

Vita Augustin i, c. 6, AA. SS. Aug. VI, p

3. Barharia, pour désigner soit l'ensemble des pays barbares (Cicéron), soit un pays barbare (Ovide ; Plante le dit de l'Italie, cf. ci-dessus p. 5, n. 3), est classique; barbaries a un sens voisin, et désigne plus particulièrement un assemblage de barbares. A l'époque des invasions, ces mots, comme barharus et barbare, s'appliquèrent spécialement aux Allemands. — Sur la partie de l'Afrique appelée Barbaria, par opposition à la Roiuauia africaine, voy. les notes de Casaubon sur Lampridius.

Par un singulier hasard, les exemples du mot Roinania sont plus anciens et plus nombreux en grec qu'en latin. Quand la capitale de l'empire eut été transportée à Byzance, il n'en resta pas moins l'empire romain; Constantinople fut appelée nouvelle Rome ou simplement Rome, et la langue latine resta longtemps encore la langue officielle \ Les écrivains grecs paraissent avoir adopté à cette époque le nom de Romania pour désigner l'ensemble de l'empire : Suicer et Du Cange en ont rassemblé de nombreux exemples, parmi lesquels je ne cite que les plus importants. S. Epiphane dit en parlant de l'hérésie

d'Arius : v.xi £;ayO-?;va'. à^ ajToD 7:jp cj to xuyb-^, o x-x-eiKT^oz

~X7xy -y;v l*(»)[^.avuv ayloo^f, ij.xkkjtoi. --qq a^xzokf^q -à [J-içiT^ ^. Ce passage montre bien que le mot désjgne non seulement l'empire d'Orient, mais tout ce qui était soumis aux Romains; S. Athanase dit expressément : 'Slr-.pzr.oKiq i, 'Pm^/q tt,: 'Po);j.avuç '. C'est encore dans ce sens que l'emploie S. Nil : slp-^y.a; oi'x TCJTO r.cWxY.iq t:ay;6-/) Bap6âpo)v £[j.?âXA£iv tyj 'Pojij.avu "*. Plus tard, quand l'empire d'Occident fut détruit, le nom de 'Pw[xxvu 5 désigna dans les écrivains grecs l'empire de Byzance, et reparut, sous la forme Romania (avec l'accent sur 1'/), Romanie, dans les écrivains occidentaux avec ce sens spécial ^. C'est de là qu'il est arrivé à désigner les possessions des Grecs en Asie, puis les provinces qui forment aujourd'hui la Turquie d'Eu-

1. En 462 un magistrat fut destitué pour avoir employé, en Egypte, le grec au lieu du latin dans des actes publics (Lydus, de Magistrat. III, 42 dans Ha;nel, Corpus Icgiim, p. 249).

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