‹ Mélanges linguistiques (volume 2)Chapitre 13 sur 60 · M. VII, 3, ib. p · texte numérisé non relu

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7. Cette dernière opinion est celle d'Otton de Frisingue, mais je ne sais si elle remonte plus haut. Elle paraît confirmée par le diminutif Romaniôla qui signifierait la petite Romanie. Mais elle a contre elle la forme Romagna, qui indique dans Romania l'accent sur Va et non sur 1'/. On peut supposer que le mot Romania désignait proprement les possessions de l'Église autour de Rome, et qu'on a ensuite appelé du même nom (ou d'un diminutif) celles qu'elle avait de l'autre côté des Apennins.

Le mot Romania se trouve encore employé pour désigner le pays romain par opposition au pays celtique. Ainsi dans la vie de S. Samson, évêque de Dol, écrite sans doute au vii^^ siècle, on lit : Quae citra mare in Britaunia ci Roiiian(J^a mirabiliose fecit ' ; et ailleurs : Cuiii esset in domo sua Çin) Romania ~. Pour les Bretons, la Romania c'est le pays romain le plus voisin, c'est-à-dire la Gaule, et ils l'appellent ainsi, comme on voit, même quand les Francs y régnent depuis longtemps.

En résumé, le mot Romania, fait pour embrasser sous un nom commun l'ensemble des possessions des Romains, a servi particulièrement à désigner l'empire d'Occident, quand il fut détaché de celui de Constantinople (qui de son côté s'attribua le nom de 'Po)iJ.avu). Depuis la destruction successive de tous les restes de la domination romaine, il a exprimé l'ensemble des pays qui étaient habités par les Romani, ainsi que le groupe des hommes parlant encore la langue de Rome, et par suite la civilisation romaine elle-même. Dans ce sens, Romania est un mot bien choisi pour dire le domaine des langues, et des littératures romanes, et c'est dans ce sens que nous l'employons.

La Romania, à ce point de vue de la civilisation et du langage, comprenait autrefois, lors de sa plus grande extension, l'empire romain jusqu'aux limites où commençait le monde hellénique et oriental, soit l'Italie actuelle, la partie de l'Allemagne située au Sud du Danube, les provinces entre ce fleuve et la Grèce, et, sur la rive gauche, la Dacie; la Gaule jusqu'au Rhin, l'Angleterre jusqu'à la muraille de Septime Sévère; l'Espagne entière moins les provinces basques ', et la côte septentrionale de l'Afrique '^. De grands morceaux de ce vaste territoire lui ont été enlevés, surtout par les Allemands. Il est vrai

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