Voy. Grôber et Kôrting
5. M. Grôber (II, 288) ïm^r'miQ. fédich \ M. Meyer-Lùbke, de mèmQ, fedik' (I, § 44) Qtfedik (5 582). Fidik, que donne Kôrting, est la forme qui se trouve dans les dictionnaires.
6. Diez regarde le lomb. Jidegh comme provenant par métathèse d'un hypothétique fighed, qu'il rapproche du figido des Gl. de Cassel (voy. plus loin); mais le^ n'aurait pu se maintenir dur dans figido : fidegh ne peut représenter qu'un plus ancien fidïcum.
7. Gl. II de Reichenau, 46 : fecoris figido ; Gl. de Cassel, 52 : figido lepara (Fôrster-Koschwitz, Altfran:(. Uehungshiich, col, 29, 39). Les formes avec e ayant prévalu en gallo-roman, on pourrait interpréter l'i de ces mots comme ï {■=! è) ; mais puisque les formes avec / sont attestées en français (voy. plus loin), il est plus naturel de les admettre aussi ici.
8. Trenchet li lecoer (1. Le coer li trenchet), le firie e le puhmin, Roi. 1278 {fuie, dans le Compl. de Godefroy, est une faute d'impression). Cette forme ne se retrouve pas ailleurs.
9. Godefroy, dans son Compl., donne divers exemples à^ fie, dont un
pas d'exemple, mais que l'on peut légitimement supposer^. Il faut encore reconnaître fîdïcum dans le fidge hidge du béarnais^. Toutefois ce sont les formes du groupe III qui prédominent de beaucoup en gallo-roman.
IL Fêcâtuni'. Ce groupe est peu représenté; il semble cependant attesté par le vegliote fecuat^^ et peut-être par un fegâto (\Vii, d'après Ménage, était employé en Italie au xvii^ siècle à côté de jégato > .
III. Fêcâtum. Cette série est au contraire très importante. Elle comprend d'abord le napol. fécato, tosc. fégato^, romagn. fégat, holou2iis féghet , etc. Le napolitain a conservé ici la forme primitive, dont toutes les autres dérivent normalement.
Mais de même que fie à tu m est devenu fïcïtum, de même fëcàtum est devenu fécïtum. Cette forme, intervertie en fêtïcum, survit dans Y ahruzz. f et eche. Et de même que fïcïtum
seul (Baiid. de Seb., IX, 328) est à la rime. Aj. Jubinal, Contes, t. I, p. 198 (dans le Dit de Fortune de Moniot), Anseïs, v. 2484, Orson de Beauvais, v. 1669, et certainement beaucoup d'autres. Tous les textes où se trouve cette forme sont du Nord-Est, comme l'a remarqué M. Fôrster sur le V. 2699 d'Erade. Dans les parlers actuels elle paraît avoir cédé à la forme française : M. Edmond, dans son excellent Glossaire Saint-PoJois, enregistre fi, mais il ajoute : « Vieilli ; on emploie de préférence la forme fivèy. »
1. On peut conjecturer cette forme d'après le vQvhQ figier (vov. ci-dessous, n. 37 [p. 538, n. 5]).
2. Fidge dans des documents anciens ; pour hidge on trouve aussi hitge (Lespy-Ra3'mond, Dict. béarnais'). La forme figue, dans un document, n'est sans doute qu'une mauvaise graphie ; autrement elle pourrait remonter à fîcàtum, — Le gascon, d'après Mistral, a hitge à côté de hetge.
3. On trouve fecatum par ex. dans un ms. des Acta s. Theodoriti (y oy. ci-dessous, n. 88 [p. 550, n. 2]).
4. Ive, Arch. glottol., IX, p. 120, 150. M. Ive (p. 155) voit àsins fecuat un affaiblissement de l'i atone en e propre au vegliote ; mais les exemples qu'il cite à l'appui sont peu probants. — Fecuot dans Meyer-Lûbke (§ 603) est sans doute une faute d'impression, bien qu'a tonique en vegliote soit souvent rendu par uo.
5. A vrai dire, il n'est pas impossible que l'analogie des nombreux mots en -dto ait fait sporadiquement transporter l'accent sur l'a,
6. L'ancienneté en est attestée par lefegatuni d'une charte de 1 1 3 2 citée par Du Gange.
538 NOTES ETYMOLOGiaUES
a passé à fï Cl du m, de même fêcïtum a passé à fêcïdum. Et enfin fêcïdum est devenu fëdicum, comme fîcïdum est devenu fi dieu m. Cette dernière forme survit dans le romain fédico, mais elle est surtout représentée dans le gallo-roman, qui demande une attention particulière.
Nous la trouvons d'abord dans le prov. ^.nc. fetge^fegge, fege, prov. mod. fege \ rhodan. fedjo, fed::^o, fege, fedi, etc., langued. feche, cat. fetge, gasc. hetge. Ces formes sont normales, si ce n'est que fetge, hetge, feche pourraient faire croire à une provenance directe de fêtïcu m sans l'intermédiaire de fédïcum.
Le français nous présente des formes assez diverses, comme il arrive pour d'autres mots de la même structure (notamment médïcum). ]>[o'as iroviYons fêdie^, fege ^\ feire (qui, en passant ^^zr férié, s'explique comme firie^, fee'^, et enfin feie
1 . Le marseillais /î/o'/ nous offre un cas de labialisation de Ve sous l'influence de 1'/; Vi final est sans doute dû à celle au g.
2. Cette forme est indiquée pour l'ancien wallon par le wall. mod./oY (écrit feu te), qui fait pendant au wall. mod. met (écrit niede), de l'anc. meide <C médie
< medicum, attesté au moyen âge. Voy. Horning, Zeitschr.f. rom. Phil., t. XV, p. 494, et t. XXII, p. 488.
3. Attesté par la rime dans VOvide moralisé (Godefroy). La {orme fiege qu'on rencontre deux fois dans les Ass. de Jérus. (un exemple est cité par Godefroy, un autre se trouve dans le même chapitre à la page suivante), est sans ., doute une erreur du copiste, due au voisinage du mot viiege, souvent répété dans le contexte (dsinsVOvide moralisé le mot allège, qui rime âwecfege, devrait être al iege, ce qui impliquerait la (orme fiege, mais à l'époque de ce texte on doit plutôt admettre qu'aliege était devenu alege, comme il l'est en français moderne, par analogie avec alegier, etc.). — C'est à cette îorme fege que se rattache le verbe fegier, comme je l'ai jadis expliqué (Remania, VIII, p. 434 [cf. ci-dessous p. 554], tandis quefigier, d'où le moderne y^^^r, peut faire admettre un fige (voy. ci-dessus, n. 29 [p. 537, n. i]). Mais à vrai dire figier et fegier pourraient remonter à un verbe existant déjà en gallo-roman sous la double forme fîdicare et fêdïcare, sans qu'il soit nécessaire qu'il y ait eu l'intermédiaire/î|^^ ou fege.
4. Lapidaire I (éd. Pannier), v. 393. Ce mot est d'ailleurs une restitution de l'édition : le ms. A porte feure, le ms. B fieure ; il faut sûrement, d'après le latin, un mot qui signifie « foie », et il est probable que c'est la forme inusitée de ce mot qui a égaré les copistes ; la [orme feire, qui a été adoptée dans l'édition, esc la plus voisine des leçons des manuscrits.