‹ Mélanges linguistiquesChapitre 44 sur 45 · Voir ci-dessus, p. 342, n · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, p. 342, n

8. Voir Godefroy. Ces mots auxquels on peut joindre jaglolai, jaglolé, jaglonnee, remontent tous à jaclum ; mais on n’a pas le primitif, qui serait jagle où giegle.,

9. Je laisse de côté meugler, dont l'explication est incertaine et qui n’apparait qu’au XVIe siècle.

10. Il yajoute aiglent, que j'explique par aquilentum et non aculentum.

avis, elle est souvent imaginaire, au moins pour le français, et. c’est le cas ici. M. Meyer-Lübke lui-même, dans son article sur le livre de M. Berger (qui avait combattu cette théorie), a aban= donné « plusieurs des exemples » ‘ sur lesquels il l’avait étayées. mais il la maintient pour eglise et marreglier. M. Berger, dans. cette discussion, avait commis quelques erreurs, mais ila raison: de dire que tous ces mots sont des mots qui ont pénétré dans le latin vulgaire à une époque relativement récente, — leur sens même ou leur histoire l’indiquent clairement ?, — bien que cette époque puisse être qualifiée aussi de relativement vrès ancienne : il suit qu'elle soit postérieure à la date de la transformation de c/ en / mouillée 5. Beaucoup d’entre eux ontd’ails leurs des formes multiples qui indiquent l’hésitation fréquente pour les mots d’empruntt. Le seul traitement ancien de == intervocal, qu’il précède ou suive l’accent, est la transformation

1. Comme il n’en avait que cing, il faut supposer qu'en dehors de eglise et murreglier qu'il maintient, et de beugler, auquel il renonce expressément, sil abandonne aussi avogler (à cause d’avuegle), et ne garde, avec les deux mots cités, que joglere. Mais je ne comprends pas comment, admettant que beugler remonte à bugle < buclum, il peut maintenir sa théorie, car on voit là cl devenir gl après l’accent.

2. Aboclus est inconnu à l’ancien latin, ainsi que bücla (var. de büccla) au sens de « bouche », bücla àu sens de « corne de bœuf », malriclarius ; secale, mot étranger, n'apparaît pas avant Pline, et la culture du seïgle ne s’est sans doute propagée que peu à peu ; juclum, au sens classique, a péri. et n’a péné= tré en français qu’au sens (inconnu au latin) de « glaïeul » ; joclaris, en latin, n'est qu'adjectif, et joclalor, au sens gallo-roman, n’est pas attesté avant le ive siècle ; la date récente d’eclesiu est évidente, et saeclum vient de la langue ecclésiastique.

3. Cette transformation, ou au moins l’altération qui devait y aboutir, est certainement fort ancienne.

4. À côté d’avueglg on a avueule (d'où avule), qui remonte à une forme où l’# subsistait (le langued. avucle présente une troisième forme, qui semble indiquer un emprunt plus tardif). — A côté de siegle (et de siecle, sur lequel voir p. 349, n. 1) on a seule, qui indique également le maintien de #4: — Les variantes qu'a fournies wnatriclarius sont innombrables. — A côté de seigle on a soile, qui remonte à séiele. — Bocle et bocler sont plus fréduents que bople et bogler. — Les mots qui appartiennent au fonds plus ancien du latin vulgaire ne présentent pas de telles variantes.

en / mouillée. Il est vrai qu’il est difficile de trouver des exemples de / mouillée < cl avant l’accent en dehors des formes verbales ou dérivées accentuées sur la terminaison, pour lesquelles on peut toujours prétendre qu’elles ont été assimilées par les formes accentuées sur le thème ‘. Mais combien il serait invraisemblable de supposer que tous les verbes en -aïllier, -eillier, -illier, -oillier doivent leur / mouillée aux formes accentuées sur le thème, et que -aclare, -éclare, -iclare, -üclare ont d’abord donné -agler, -egler, -igler, -ogler, quand on ne trouve aucune trace de semblables formes! Et comment admettre que, par exemple, maillenter de * maclentare ait été originairement #aglenter et soit devenu plus tard waillenter sous l'influence lointaine de wnaille ? ou que andouiller de *antoculare ait passé par andogler pour devenir ensuite andoillier parce que oclum avait donné weil ? — En dehors des noms communs ou des verbes, qui ont toujours quelque attache avec des formes accentuées sur le thème, les noms de lieux fourniraient certainement des exemples incontestables de / mouillée provenant de -cl- avant l’accent. J’en puis citer au moins un: Vouillé < Voclate.

Le fait est que l’accent n’a rien à voir ici, comme le prouvent déjà seigle et siegle?. Tous ces mots ont pénétré dans le latin vulgaire après que -c/- avait sinon achevé, au moins poussé assez loin l'évolution qui devait aboutir à ! mouillée, et avant la sonorisation du c en y. Cette sonorisation y a changé -c/- en -vl- et dans le groupe -g/- le y, à cause de sa contiguïté avec /, n’a pas été atteint par le second mouvement, propre au français du Nord, qui a changé en ÿ tout g intervocal, primaire ou venant de «> : negare > neler, necare >> negare >> neler (en provençal + on a mejar pour negare, mais negar pour necare). — Ce

1. C’est en jouant de ce moyen qu’on arrive, mais parfois, à ce qu’il me semble, fort arbitrairement, à expliquer les différences que l’on constate entre des résultats qui théoriquement devraient être pareils. Le procédé est commode, et je ne conteste pas qu’il soit quelquefois justifié, mais il faut l’employer avec prudence.

2. On pourrait à la rigueur expliquer avuegle, bogle, par le verbe avogler et le dérivé bogler :

3. Sauf quand il a tout a fait disparu (après ou avant les voyelles labiales).

4. Ici et ailleurs il faut prendre « provençal » ou « Midi » dans un sens un

ser

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qui s’est passé pour le -g/- provenant de -c- s’est passé égale” ment pour le -e/- primaire : conjügla, mot sans doute fabriqué lors de l'invention de l’objet qu'il désigne, a donné conjogles bügla, nom de plante qui apparaît dans Marcellus EMpirieus, est devenu bugle; regüla, emprunté au latin ecclésiastique, est devenu regle’. — Ainsi tous ces mots nous apparaissent comme introduits dans la langue vulgaire à l’époque mérovin=A gienne, et cette constatation a un intérêt à la fois philologique et historique.

Je ne veux pas terminer ce compte rendu, dont la longueur. même atteste l'importance du livre auquel il est consacré, sans dire encore tout le bien que je pense de ce livre. Si l'auteur n'a pas toujours saisi avec une netteté et tracé avec une profondeur suffisantes les grandes lignes de son sujet, sil s'est parfois laissé égarer par la rigueur même de sa méthode strictement phonétique, il a du moins le grand mérite d’avoir appliqué cette méthode avec une conséquence parfaite et de l'avoir ren due claire à tous par des procédés ingénieux et convaineants: Son ouvrage devra être consulté, et le sera presque toujours avee fruit par tous ceux qui s’occuperont désormais, non seulement de lexicographie, mais de phonétique historique française.

[Journal des Savants, 1900, mai (p. 294-307) et juin (p: 356-375)

peu large et flottant : il y a plusieurs régions du Midi où le traitement des explosives sourdes est identique ou analogue au traitement français:

1. Reoula avec à conservé a produit reule, etc. (comme /eoula a produit teule tiule tuile); regla dans divers sens techniques avait donné le mot popu= laire reille.

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