LA VIERGE AU BAISER
non de la série de représentations figurées qui, tout le long de la voûte de cette dernière église, interprètent," la plupart avec une gaucherie tout à fait archaïque, des premiers récits de la Genèse et s'étendent jusqu'à l'histoire de Joseph, mais de ces autres peintures, plus modernes d'un ou de deux siècles, comme l'atteste l'art plus avancé, qu'accuse le maniement des draperies qui, sur les murs de l'abside et de la crypte, étalent des scènes de martyre ou des figures isolées de saints personnages. Il est clair que, vers le xii® ou le XIII® siècle, époque où l'abbaye de Saint-Savin était florissante, l'un des artistes inconnus qui avaient trouvé dans ce centre religieux l'emploi de leur talent, aura été invité à franchir, le long de la Gartempe, la faible distance qui le sépare du monticule rocheux où s'élève Notre-Dame de Montmorillon.
Il est, dans les modestes manifestations de l'Art religieux que lui doit cette dernière église, un détail qu'il n'est pas, semble-t-il, sans intérêt de signaler. Il s'agit du geste par lequel la Vierge attire vers ses lèvres la main de l'Enfant, pour y déposer un baiser. Par l'intention et le mouvement, quoique bien avant les prestiges d'une exécution raffinée, c'est celui-là même que, récemment, il est arrivé à M. Ernest Hébert d'adopter et de faire valoir dans sa Vierge au baiser. A