AU SÉMINAIRE
Nous l'avons revu dans nos murs qui gardaient fidèlement son souvenir, ce pontife vénérable, ce père des auciens jours, ce pasteur tant aimé, ce second fondateur. Il a vieilli, mais sa vieillesse est verte et vigoureuse, sa mémoire toujours fraiche, son esprit toujours jeune. Les souffrances et les ans ont pu alourdir ses pas, mais sa démarche est restée imposante, son maintien respire toujours la noblesse, la dignité et la grandeur. Comme autrefois, la mansuétude est peinte sur sa figure, la bienveillance reluit dans son regard; il parait sourire à ses enfants. Sa parole douce, sonore et pathétique sait encore trouver le chemin des cœurs, et en faire vibrer les fibres les plus intimes. Sous sa couronne d’années el de cheveux blancs, plus que jamais, le noble vieillard nous est apparu rayonnant d’une auréole de vertus et de mérite.
Mgr Bourget, accompagné de M. [. Gravel, président du comité de secours pour les finances de l'évêché, arrivait à Ste-Thérèse le 6 mars, le dimanche après vêpres ; il n’en partit que le mardi suivant. Il voulut bien passer deux jours avec nous, deux jours de joie douce, de bonheur tranquille, une vraie fête de tamille. Le bon père généralement présidait à nos réunions, alimentait à propos la conversation, la nourrissait de souvenances d'autrefois, de saillies heureuses ; il savait trouver un mot agréable pour tous, surtout il paraissait aimer à rappeler les rapports qu'il eut, il y a trente, quarante
et soixante et dix ans, avec nos premiers fondateurs. ‘ J'ai bien connu, disait-il, M. Ducharme, dès 1811, alors qu’il était notre régent au Séminaire de Québec; les élèves savaient apprécier ses bons procédés, sa piété nous édifiait, sa voix puissante faisait l’ornement des grandes fêtes à la cathédrale ; déjà il avait une parole forte, persuasive, éloquente. Les messieurs du séminaire l’auraient gardé volontiers pour l’œuvre de l’éducation où il réussissait à merveille, si Mgr Plessis n’en avait eu absolument besoin pour les fonctions du ministère.—J’ai bien connu aussi M. Duquet, rarement ai-je rencontré un esprit aussi ferme, aussi solide et aussi droit ; il possédait les talents les plus divers.” Et il ajoutait à plusieurs reprises : Je les ai beaucoup aimés, beaucoup aimés.
L’affection appelle l'affection, la charité attire suavement, Ja sainteté inspire la confiance. Un des traits caractéristiques du séjour de Monseigneur de Martianapolis au milieu de nous, c’est l’affluence des malades qui ne cessaient de se présenter au parloir, pour recevoir sa bénédiction, baiser sa main, entendre une parole de sa bouche, espérant tous obtenir, par l’intercession de sa prière, la guérison de leurs maux, le soulagement à leurs souffrances, ou du moins un accroissement de patience et de résignation. L’évêque se prétait volontiers aux fatigues de ces nombreuses visites, recevant ces pauvres affligés avec une bonté tonte paternelle. Dans cette entrevue, que se passait-il ? chacun en sortait heureux et content. Nous nous rappelions avec attendrissement ce que les livres saints racontent du Sauveur : à peine était-il arrivé dans une bourgade de la Judée qu’on lui apportait de toutes parts les malades et les infirmes ; et il s’échappait de sa personne une vertu qui les guérissait tous, quia virtus de illo exibat, et sanabat omnes (Luc, 6, 19).
Le lundi, 7 mars, se trouvait être la fête de saint Thomas. Monseigneur, à la chapelle du collège, dit la messe de communauté. L’autel brillait de lumière et de fleurs, l’orgue résonnait, le grand chœur faisait entendre ses plus beaux cantiques ; le saint vieillard nous
apparaissait comme un patriarche d’un autre âge, comme un père des premiers siècles, sur l'autel du sacrifice, en colloque avec son Dieu ; nons respirions comme une atmosphère de prière et de piété. Jamais élèves et professeurs n'auraient pu désirer une réunion de circonstances plus favorables pour célébrer avec amour et entrain les gloires du patron des hautes études philosophiques.
Plusieurs membres du clergé nous ont fait le plaisir de venir rencontrer ici Monseigneur lParchevêque. Ce sont MM. J. Perrault, V. F., ancien curé; S. Tassé, curé de Ste-Scholastique ; L. J. Guyon, curé de St- Eustache : J. Chevigny, curé de la Pointe-Claire ; J. Graton, curé de St-Henri de Mascouche ; S. Théberge, curé de St-Augustin ; J. Primeau, curé de Boucherville ; T. Soly, du Séminaire de $t-Hyacinthe ; A. Labelle, curé de St-Jérôme ; E. Demers, curé de Ste- Anne-des-Plaines ; L. J. Piché, curé de Terrebonne ; F. X. Goffroy, curé de Ste-Sophie ; J. O. Godin, professeur à l'Ecole Normale Jacques-Cartier ; H. Corbeil, curé de St-Calixte de Beauport ; B. Rioux, curé de Ste-Monique ; P. P. Beaudet, curé de St-Laurent ; J. H. Paré, chapelain des RR. Sœurs Marianites de Ste- Croix; S. Lonergan, Ste-Brigide de Montréal ; T. H. Kavanagh, chapelain des RR. Sœurs de la Providence ; N. Lemoyne, vicaire à Ste-Brigide ; M. Denoncourt, vicaire à Ste-Scholastique.