‹ Mélanges littéraires [microforme]Chapitre 24 sur 122 · A LA PAROISSE · texte numérisé non relu

A LA PAROISSE

Lundi, à 10h. a.m., une foule nombreuse se pressait dans l’enceinte de l’église paroissiale. Les citoyens de Ste-Thérèse étaient heureux de revoir le prélat qui pendant tant d'années a été pour eux comme la personnification vivante de la grandeur épiscopale ; ils voulaient entendre encore une fois cette voix qui si souvent les avait instruits, touchés et consolés. Les vieil- Jards venaient s’incliner sous cette main qui avait béni leur enfance, fortifié leur jeunesse, dirigé leur âge mûr ; et les enfants, avec admiration, voulaient contempler celui dont ils ont entendu parler dans leur famille en

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termes si magnifiques, pour en conserver un impérissable souvenir.

Lorsque le noble prélat parut avec dignité, revêtu de ses habits pontificaux, un long frémissement parcourut l’assemblée, tous se levèrent spontanément ; les fiures étaient émues, et les regards curieux semblaient ne pouvoir se rassassier. Un trône avait été élevé à l'entrée du chœur, Monseigneur y prit place ayant à ses côtés M. le Supérieur et M. J. Graton, curé de St- Henri de Mascouche. M. J.-B. Proulx, après avoir lu une lettre circulaire de Monseigneur de Martianopolis, ajouta quelques remarques inspirées par la circonstance, insistant surtout sur le grand nombre d'œuvres et de fondations charitables qui avaient rempli la carrière administrative de Mgr Bourget. M. P. Germain, maire du village, lut à Sa Grandeur une adresse où il lui exprimait le bonheur que ressentaient les paroissiens de Ste-Thérèse de sa présence au milieu d’eux, l’empressement qu'ils avaient voulu mettre à répondre à son appel, ct leurs remerciements les plus sincères pour les services nombreux qu’ils avaient, dans le passé, recus de sa bienveillance épiscopale. Puis les trois marguilliers de l’œuvre présentèrent l’offrande de la Fabrique, le maire du village et le maire de la paroisse, celle des citoyens. Monseigneur répondit à peu près en ces termes :

‘ Après une si belle et si touchante allocution, après ‘* ces paroles si pathétiques sur la charité qui viennent ‘de tomber du haut de cette chaire, dans une fête ‘* aussi splendide et aussi solennelle, vos cœurs doivent ‘* être pleinement satisfaits; le mien est rempli de con- ‘ solation et d’allégresse, J’éprouve en ce moment un ‘ véritable bonheur de me trouver au milieu de vous. ‘# J'ai toujours estimé cette paroisse, j'ai toujours aimé ‘ses bons habitants : ils se sont montrés, en toutes cir- ‘ constances, si généreux, si dociles, si obéissants envers ces pasteurs bien-aimés d’autrefois, qui ne sont plus, mais dont la mémoire est restée vivace au sein de toutes les familles.

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