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AU COUVENT

Mardi, à 7h. du matin, Monseigneur l’archevèque, répondant à l’impatience légitime et aux pieux désirs des dames religieuses ei de leurs élèves, se transporta au couvent poux y dire la messe de communauté ; pendant le saint sacrifice, on nous fit entendre beau chant et belle musique.

Après le déjeuner, Monseigneur, accompagné de M. le Supérieur, de M. I. Gravel et des prêtres du Séminaire, se rendit à la salle de réception ; elle était décorée avec goût, on y lisait sur les murs des inscr' tions bien choisies ; mais le plus bel ornement, sans aucun doute, était cette nombreuse jeunesse, florissante, modeste, bien élevée, dont les figures et les regards rayonnaient de joie et de bonheur.

Un chant de circonstance fut exécuté avec beaucoup d'ensemble ; deux adresses bien composées furent lues avec un grand naturel de déclamation ; mais la pièce de résistance fut, sans contredit, un dialogue entre quatre fleurs et une épine qui, à la fin, devaient se réunir et s'entrelacer pour former une couronne à Monseigneur. Ces fleurs parlèrent avec esprit, tact et délicatesse ; puis portant attachée, chacune à leur tige, une pièce en or de vingt dollars, elles vinrent, l’une après

l'autre, l’offrir à Sa Grandeur, en lui récitant les petits compliments que nous reproduisons ci-dessous :

L'Epine.

L'épine viendra la première Murmurer à ton noble cœur

Le mot de l'enfant à son père :

Que n'est pour moi cette douleur !

| 0 toi, l'ange du diocèse, Prends au moins nos petits ducats ; C'est le don de sainte Thérèse, Cette épine ne blesse pas.

La Violette.

Sous ses feuilles ma violette Cache aussi son humble son d'or ; Bénis, Monseigneur, la pauvrette, Souris à son petit trésor.

Accepte, ange du diocèse, L'aumône du pensionnat ; Prends au nom de sainte Thérèse Et bénis ce second ducat,

Le Myosotis.

Le souvenir, sous cette emblême,

Veut te redire, Monseigneur,

Ce que tu redisais toi-même :

‘* Que donner est donc un bonheur”!

Agrée, ange du diocèse,

Du myosotis l'humble éclat ;

Prends, au nom de sainte Thérèse,

Prends encore un petit ducat.

La Rose,

Quand l'amour n’a plus de parole, Il traduit son feu par un don ; Voilà pourquoi la rose-obole, Père, dora son aiguillon.

Bénis, ange du diocèse, De ma fleur le tendre incarnat ; C'est l'amour de sainte Thérèse Qui recouvre notre ducat.

La Marguerite.

Sous sa robe mystérieuse, Ma marguerite avec amour

Dérobe l’offrande pieuse,

Filial hommage du jour.

Ac:epte, ange du diocèse,

Père aussi bon que grand prélat ;

Marguerite et sainte Thérèse,

Ensemble, out doré ce ducat.

Monseigneur remercia les généreuses donatrices, il les encouragea à bien profiter de leurs années d’éducation sous la conduite de leurs habiles maîtresses; il se recommanda, lui et son œuvre, aux pieuses prières de l'enfance. ‘‘ Ayez bien soin, leur disait-il en terminant, de marcher sur les traces de la Vénérable Marguerite Bourgeoys, votre directrice et votre mère dans cette maison ; et soyez toujours fidèles à écouter les conseils intérieurs de votre glorieuse patronne, la grande sainte Thérèse de Jésus.” Enfin, il mit le comble à l’allégresse générale en accordant un #rès grand congé.

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