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CHAPITRE I

JEUNESSE DE M. DUCHARME. * Premiecres années.

Monsieur Ducharme naquit à Lachine, le 40 janvier 1786. Il était fils du capitaine Dominique Ducharme et de Marguerite Charlebois, native de la Pointe-Claire.

Sa famille, en Canada, remonte presqu’à l’origine de la colonie, son trisaïeul, Fiacre Ducharme, étant venu s'établir à Montréal en 1653 ; plusieurs de ses

*N. B.—Pour composer cette ésquisse biographique de la jeunesse de M. Ducharme, outre les traditions qui se sont conservées vivaces dans notre maison, voici quelles sont les sources principales où nous avons puisé : 1° Une biographie de M. Ducharmepar M. J.-B. St-Germain, curé de St-Laurent ; 2° Une secoude biographie de M. Ducharme, par M. L. Dagenais, quatrième supérieur du Séminaire de Ste-Thérèse ; 3° Les archives de l’évèché de Montréal ; 4° Le Mémorial de l'éducation, par le Dr J.-B,. Meilleur ; 5° Le Répertoire général du clergé, par l'abbé C. Tanguay ; 6° L'Annuaire de Ville-Marie, par M. L.-A. Huguet-Latour, 7° L'Histoire du Séminaire de St-Hyacinthe ; 8° Une étude biographique sur le capitaine Dominique Ducharme, par M. Pantaléon Hudon. De plus nous devons nos meilleurs remerciemeits à M. P. Deguire, directeur du collège de Montréal, et à M. N. Piché, curé de Lachine, pour les renseignements qu'ils nous out communiqués avec une si grandé bienveillance.

ancêtres, entre autres Claude et Louis Ducharme, dans la défense du pays contre les Anglais et les Jroquois, payèrent noblement à la patrie leur tribut de bravoure et de sang ; un plus grand nombre encore de ses parents se distinguèrent dans des voyages aventureux aux lointaines contrées de l’Ouest. Son père, le capitaine Dominique, rendit d'imporu 1ts services au gouvernement sous l’administration de sir George Prévost. Il était un des plus braves cultivateurs de Lachine, où, par la franchise et l'honnêteté de son caractère, il exerçait une grande influence sur ses comparoissiens ; il vécut entouré de l'estime et du respect non seulement de ses amis et de ses voisins, mais de tous ceux qui le connurent, et, longtemps encore après sa mort, on rappelait le souvenir de son esprit et de ses originalités.

Le lendemain de sa naissance, ses pieux parents le firent porter à l’église pour y recevoir le sacrement de la régénération ; il fut tenu sur les fonts baptismaux par Alexis Roi-Portelance et Josette Pominville, son épouse ; le prêtre qui versa sur son front les eaux du baptême, fut M. Antoine Gallet, curé du lieu. Par une coïncidence assez singulière, à l’époque de la naissance du futur curé, on était à faire les démarches nécessaires pour l'érection de cette paroisse de Ste-Thérèse, qu’il devait conduire et édifier pendant de si longues années. Il reçut au baptême les noms de Charles et de Joseph, véritable pronostic de ce que seraient plus tard sa vie et ses œuvres : en effet, ne devait-il pas imiter l'époux de Marie dans sa simplicité, sa pauvreté, son travail, son dévouement humble et obscur ? Et ne marcha-t-il pas sur les traces du grand évèque de Milan, en élevant, d’après les règles du saint concile de Trente, un de ces sanctuaires bénis où vient s’abriter la jeunesse studieuse et sacerdotale ?

Lachine est une des plus agréables localités des environs de Montréal ; elle est devenue, pendant la saison des chaleurs, le rendez-vous des familles à l’aise de la grande cité, qui vont y chercher le frais, l'ombrage, la verdure, l’eau et le grand air. La maison paternelle

JEUNESSE NE M. DUCHAIME. J

de M. Ducharme s'élevait à l’endroit, connu encore aujourd’hui sous le nom de «terre des Ducharme, » à un mille environ au-dessus de l’église actuelle, près de l'emplacement qu'occupe la gare du Grand- Tronc. De là, se déroule devant nous le panorama le plus riche et le plus varié; le regard s’étend, au loin et au large, sur la vaste nappe d’eau du lac St-Louis ; là-bas, à l’horizon, se dessine la ceinture bleuâtre des srands bois de l’île Perrot, de Beauharnois et de Chateauguay; en face, à travers le feuillage, se montre pittoresque et riant le village iroquois de Caughnawaga, avec son temple antique et son clocher argentin ; des ormes séculaires ombragent les hautes falaises où ‘’élevaient, au temps jadis, le moulin des seigneurs, le vieux fort et l’église paroissiale ; jour et nuit, on entend le murmure monotone et solennel qui monte, avec les brumes, au-dessus des rapides et des flots bauillonnants.

Tel fut le cadre de poésie et de grandeur qui entoura le berceau de M. Ducharme. Cette belle nature, dont il avait sous les yeux le spectacle journalier, ne put que développer chez lui cette imagination brillante et celte vive sensibilité dont le ciel lavait doué, ainsi que ce goût prononcé que toujours il montra pour la vie champêtre, la solitude des bois et le calme majestueux de nos grandes forêts.

Au collège St-Raphaël.

Après avoir reçu chez ses parents les premiers éléments de l'instruction, dès l’âge de douze ans, au mois d'octobre 1798, il fut envoyé à Montréal, pour faire son cours classique au collège St-Raphaël, tenu sous les auspices et la direction des MM. de St-Sulpice.

Ce collège s'élevait sur la place Jacques-Cartier ; c'était, ni plus ni moins, l’ancien château-Vaudreuil, que le gouverneur de ce nom avait fait construire en 1723, et que, en 1773, la Fabrique de Montréal achetait a faire servir à des fins d'éducation. A cette époque, M. Chicoineau en était le directeur.

En franchissant le seuil de cette maison, Ducharme se trouvait à entrer en contact avec plusieurs jeunes gens de talent qui, dans la suite, firent leur marque, soit dans l'Eglise, soit dans l'Etat : M.J. B. St-Germain, mort curé de St-Laurent ; M. P. Migneault, fondateur du collège de Chambly; l’hon. D. B. Viger, qui fut l’un de nos plus habiles jurisconsultes, et joua un rôle très important dans la politique du pays; l’hon. F. Quesnel ; l’hon. juge O’Sullivan ; M. Louis Viger, avocat de réputation ; et M. Jacques Viger, le savant archéologue, premier maire de Montréal, et commandeur de l’ordre romain de St-Grégoire.

Dans le monde.

Cependant, ce premier essai dans la carrière de la science ne fut pas de longue durée; bientôt il se dégoûta de ses études. Est-ce que, par hasard, l'attrait de ces voyages aux pays d'en haut, dont il avait si souvent entendu le récit fantastique au sein de sa famille, le faisait rêver à une plus grande liberté ? Avait-il l’intention de suivre l’exemple de tant de ses parents qui, presque au retour de chaque printemps, s’embarquaient dans les grands canots pour les lacs et les prairies du Nord-Ouest ? ou voulait-il tout simplement retourner aux douceurs du foyer et aux paisibles travaux des champs ? toujours est-il que, quelques semaines seulement après la rentrée des élèves, il faisait ses adieux au collège, pour reprendre joyeux le chemin de la maison paternelle.

Deux ans plus tard, son père le plaçait chez un respectable marchand de Montréal ; et dans cette maison de commerce, il passa, en qualité de commis, trois années entières. Il aimait dans la suite à rappeler cette circonstance de sa vie, où il apprit, quoique jeune, à connaître le monde pour le dédaigner.

Sa conduite, dans le siècle, fut celle d’un bon et brave jeune homme ; il sut choisir la société de ses amis, eltilne cessa d’entretenir des rapports intimes avec ses anciens maîtres du collège St-Raphaël.

Pour mettre, sans doute, sa jeunesse à l'abri des écueils et des dangers, il entra, à peine âgé de seize ou dix-sept ans, dans une pieuse association, la C'ongrégation des hommes de Ville-Marie, ce qui ne fait pas peu l'éloge de sa religion et de son caractère. Là-dessus nous avons son propre témoignage ; il écrivait à Mgr Lartigue, en 1822: «Depuis que j'ai connu la famille Viger (c’est-à-dire dans le temps que j'étais au comptoir et que j’appartenais à la Congrégation des hommes), j'ai toujours conservé du respect pour cette famille dont plusieurs membres étaient de cette pieuse société. »

Au collège de Montréal.

Au mois d'octobre 1804, Ducharme reprit son cours d’études, bien décidé, cette fois, à le terminer. Il avait dix-huit ans. Dans ce temps-là, la rentrée des classes se faisait au mois d'octobre, et la sortie n’avait lieu que vers le milieu d'août. On avait conservé sur ce point la vieille coutume de France, où les élèves passent chez leurs parents le mois de septembre, le plus délicieux des mois, la joyeuse saison du raisin et des vendanges. Chez nous, les chaleurs tropicales de la canicule, petit à petit, ont reculé la sortie aux premiers jours de juillet, voire même à la dernière semaine de juin. Espérons que nous en resterons là.

L'année précédente, le collège St-Raphaël était devenu la proie des flammes ; et depuis lors les classes s'étaient continuées dans les appartements du séminaire, près de l'église de la Grand'paroisse. C’est là que le nouvel élève fit ses éléments latins et sa syntaxe ; mais, au commencement de sa méthode, le 20 octobre 1806, il entrait avec ses confrères dans le beau et grand collège, que les Messieurs de S. Sulpice venaient de faire construire dans cette partie de la ville, nommée le Griffinton. Il y fit successivement toutes ses classes, sans aucune interruption ; et en 1811, à la fin de sa dernière année de philosophie, il se décidait à se consacrer à Dieu dans l’état ecclésiastique. Il est probable qu’il n’était retourné au collège que pour obéir à une

voix intérieure, qui l’appelait à se dévouer au service des autels.

Le collège de Montréal possédait alors, comme toujours du reste, un corps de directeurs et de professeurs tout à fait distingués. La révolution française, ayant forcé le clergé à s’expatrier, avait jeté sur nos bords un grand nombre de prêtres éminents par leur science et leurs vertus. A la tête du Séminaire, comme supérieur, était M. Roux, Vicaire Général, prêtre vénérable, qui passait à bon droit pour l’un des plus instruits et des plus éloquents de son temps.

Au collège, le directeur était M. Roque, que tous s’accordaient à considérer non seulement comme un homme érudit, mais encore comme un saint. C’est surtout dans ses instructions religieuses, données aux élèves des classes supérieures, sous forme de grand catéchisme, qu'on avait occasion d’admirer son profond savoir, et la vivacité de sa foi. Doué d’une grande facilité d'expression, ayant une diction pure et correcte, il expliquait les saintes Ecritures et la doctrine catholique avec netteté, justesse et précision. Ses conférences, bien que familières et simples dans la forme, étaient, à vrai dire, de véritables cours de théologie, où le dogme et la morale se trouvaient, d’une manière on ne peut plus claire, mis à la portée de tout le monde. Ses raisonnements, toujours solides, toujours inattaquables, ne laissaient jamais dans l'esprit de son jeune auditoire le moindre doute, ni la plus légère hésitation. De plus, vu la bonté et la fermeté de son caractère, on peut dire, sans crainte de se tromper, que jamais directeur ne jouit davantage de l'affection et du respect de ses élèves.

Dans l’enseignement, en première ligne, se faisaient remarquer M. Boussin, professeur des Humanités ; M. Satin, professeur de Belles-Lettres ; M. Rivière, professeur de Rhétorique, et M. Houdet, professeur de Philosophie. Plusieurs de ces hommes vraiment savants avaient rédigé eux-mêmes, pour l'instruction de leurs élèves, des traités d’un mérite tout à fait supérieur. Leur profonde érudition, leur longue expé-

rience, leurs qualités personnelles, l'autorité de leurs vertus, ainsi que leur zèle et leur dévouement, les met- {aient à même de remplir les différents devoirs de leur charge avec un succès plus qu'ordinaire.

Tels furent les directeurs et les professeurs de M. Ducharme. Est-il étonnant que, sous la conduite de guides aussi expérimentés, un jeune homme heureusement doué du côté de la nature, réfléchi, plein d’ardeur, ait fait de rapides progrès ? qu’il ait vu s'enrichir son esprit des connaissances les plus variées, el se déveiopper au fond de son cœur le germe des meilleurs sentiments ? est-il étonnant qu’il ait conservé, toute sa vie, le plus beau souvenir, la plus vive reconnaissance, et le ckes sincère attachement pour ces hommes dévoués qui formèrent sa jeunesse avec tant de sagesse et d'habileté ? Aussi trente ans plus tard, quand il assiéra les fondements d’une nouvelle maison d’éducation, il ne croira mieux faire que d'adopter le cours et les auteurs du coilège de Montréal. «Le cours d’études que je fais suivre, écrivait-il, est à peu it le même qui était en usage de mon temps au collège de Montréal; et les exercices aussi sont à peu près les mêmes, autant que ma situation pent me le permettre.» (Lettre à Mgr Lu 28 avril 1837.)

Succès au collège.

Ducharme parcourut avec distinction les différentes classes de son cours. Doué d’un esprit vif et d’une mémoire prodigieuse, il ne tarda pas à se faire remarquer au milieu à ses jeunes condisciples. Sa docilité, sa modestie, l’aménité de son caractère lui gagnèrent en peu de temps la confiance de ses maîtres ; sa gaieté, sa conversation enjouée et pleine d'esprit, ses reparties adroites et fines, une certaine tournure d’originalité piquante le faisaient aimer et rechercher des élèves. Ses succès, surtout en littérature, furent remarquables ; il montra pour cette partie des études un goût prononcé et un véritable talent ; il composa même à cette époque plusieurs pièces de poésie qui lui valurent des éloges flatteurs.

8 JEUNESSE DE M. DUCITARME.

Son application aux matières de la classe ne l’empécha pas de se livrer avec succès à l'étude de la musique ; ilavait pour cet art d'agrément de très grandes He oellone naturelles, et il put se rendre assez habile sur l’orgue et le piano, pour former lui-même dans la suite plusieurs excellents musiciens. C’est alors aussi qu'il cultiva, et plia aux règles et aux secrets du chant musical, ce bel organe si souple et si sonore qui, dans son église, aux jours de grandes fêtes, faisait le principal attrait des solennités religieuses.

Il nous reste encore les palmarès de 1804, 1805 et 1806, alors que le jeune Ducharme faisait ses classes d'éléments, de syntaxe et de méthode ; nous y voyons qu'il occupait, pour l'excellence, invariablement la seconde place, et qu’à la clôture de chaque année scolaire, des premiers et des seconds prix venaient couronner la constance de son travail. Nous croyons faire plaisir au lecteur en lui mettant sous les yeux ces documents aussi curieux qu'intéressants.

Palmarès (14 août) 1804.— Ludovicus Demers, deux Lers prix et deux 2nds prix ; Carolus Ducharme, un 4er prix et un 2nd prix, Ludovicus Binet, un 1er prix; Jacobus Odelin, un 2nd prix; Benjaminus Varin, un 2nd prix; Stephanus Desautel, un 2nd prix; Carolus Pasteur, un ler prix; Antonius Duranceau, un 1er prix et un 2nd prix; Carolus Brouillet, un {er prix et un 2nd prix; Alexis Dorval, un 2nd prix; Henricus Praate, un 2nd prix ; Joannes McDonald, un 2nd prix.

Palmarès (14 août) 1805.— Franciscus Xav. Demers, deux 1ers prix et un 2nd prix ; Carolus Ducharme, un ler prix et deux 2nds prix ; J. Lud. Odelin (minor), un der prix et deux 2nds prix; Carolus Brouillet, un Aer prix, Antonius Duranceau, trois 2nds prix; Jacobus Odelin (major), un 1er prix; Benjaminus Varin, un der prix, Ludovicus Praate, un ler prix.

Palmarès (14 août) 1806.— Franciscus Xav. Demers, trois {ers prix; Carolus Ducharme, un 4er prix et un And prix; Jacobus Odelin, un 4er prix et deux 2nds prix ; Joannes Lud. Odelin, deux 2nds prix; Ludovieus Binet, un 1er prix; Andreas Truteau, un 4er

prix ; Antonius Duranceau, un 1er prix ; Ludovicus Praate, un 2nd prix ; Michael Dufresne, un 4er prix. Si l’on désire savoir ce qu’il advint de la plupart des confrères de M. Ducharme, ce François Xavier Demers qui tenait la tête de la classe, embrassa l’état ecclésiastique, fut Vicaire Général et mourut curé de St-Denis, le 14 mai 1862; Louis Binet se fit, paraît-il, uue belle réputation au Barreau de Québec ; Antoine Duranceau fut pendant de longues années curé de Lachine ; on retrouve, en 1815, Henri Praate missionnaire aux Etats-Unis ; Michel Dufresne fut curé de St-Nicolas, puis de St-Gervais où il décéda en 1843. Cependant, de tous les jeunes gens de cette classe, celui au nom duquel, après M. Ducharme, s’attache le plus de célébrité, c’est peut-être M. Jacques Odelin, qui mourut le 8 juin 1841, à l’âge de 53 ans, curé de St-Hilaire, sur la rivière Richelieu. Il était doué d’une forte intelligence et d’une aptitude spéciale pour les questions philosophiques ; il avait fait sur ces matières de sérieuses études. Il le prouva, du reste, dans une longue et rude discussion qu’il soutint, en 1833 et 1834, contre les défenseurs ds systèmes de MM. de Bonald et de l’abbé Lamennais ; et sans le secours d’aucun auteur dont il pût s'aider, il sut, dit-on, soutenir avec avantage la thèse que vint approuver, sur ces entrefaites, l’encyclique de Grégoire XVI, Mirari vos, en date du 21 juin 1834. M. Ducharme terminait sa méthode, lorsque le 14 août 1806, à la distribution solennelle des prix qui avait lieu cette année, pour la première fois, dans les salles du nouveau A Tr M. Houdet, professeur de philosophie, mettait dans la bouche d’un de ses élèves ces paroles pleines d'enthousiasme : «Chers amis, compagnons d’études, nos souhaits sont heureusement accomplis. 11 me semble entendre dans les âges à venir nos neveux redire à leurs enfants en leur montrant ce nouveau temple d’Apollon : vous voyez ce vaste et imposant édifice, qui semble par sa beauté attirer les regards, et défier les siècles par sa solidité. Eh bien! nos aïeux furent les premiers couronnés en ce lieu ; les premiers lauriers qui y furent distribués, le furent pour

nos pères ; et ce fut pour eux que, pour la première fois, ces voûtes augustes retentirent de bruyants applaudissements. »

Ces paroles disaient vrai; car voici que, après trois quarts de siècle, les enfants, les petits neveux de M. Ducharme rappellent avec orgueil qu’en ce lieu, en effet, leur père, ee bienfaiteur reçut les premières couronnes, cueillit les premier lauriers et vit son nom couvert des plus flatteurs applaudissements. L’écho de ce triomphe pacifique, parvenu jusqu’à eux, les encourage dans leurs difficultés, et leur : appelle cette vérité : we les succès dans la vie dépendent le plus souvent

es habitudes contractées aux jours d’une jeunesse laborieuse et régulière.

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