‹ Mélanges littéraires [microforme]Chapitre 62 sur 122 · SCÈNES DE LA VIE ÉCOLIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNES DE LA VIE ÉCOLIÈRE

PAR

JOANNES IOVHANNÉ

MONTREAL BEAUCHEMIN & VALOIS,f LIBRAIRES - IMPRIMEURS 256 et 258, rue Saint - Paul

L'auræur de ces quelques scènes n’a pas eu la prétention de composer une comédie dans toutes les règles. Encore à son début dans l’art d'écrire, il n'ignorait pas qu’il était novice dans la création de la fable dramatique, dans la conduite de l’action, ainsi que dans l'agencement du dialogue. Même il a frondé la coutume et l'usage qui veulent que le drame n’ait pas plus de cinq actes, ni moins de trois : neve minor, neu sit quinto productior actu. Du reste il a voulu rendre sa pensée en intitulant son œuvre, à dessein, tout simplement: Scènes de la vie écolière, et en le divisant, non pas d’après les formules recues, en acte et en scène, mais, par des termes plus modestes, en partie et en dialogue.

Cette pièce fut jouée au Séminaire de Ste-Thérèse, pour la première fois, le 2 janvier 1870. L'auteur avait réuni sur une seule tête les tours, les ruses, les bévues, les naïvetés que, dans le collège, la tradition du passé mettait à sa disposition. Au fur et à mesure que le drame se déroulait, les auditeurs, contemporains des incidents mis en scène, à travers le voile transparent, reconnaissaient les véritables personnages, et à chaque aventure malheureuse ils pouvaient appliquer le nom d’un confrère ou d’un ami. La malice, naturelle au cœur de l’homme, s'était donc mise de la partie, et c’est ce qui explique surtout la faveur avec laquelle, dans le temps, fut reçue cette petite composition.

Après douze années, dans un collège grande mortalis

ævi Spalium, cette source d'intérêt n’existe plus pour la génération actuelle des élèves. Cependant, tel qu’il est, l’auteur leur dédie cet essai de sa jeunesse, les priant de vouloir bien l’accepter comme une marque de son intérêt, de son affection et du désir qu'il a de leur être utile. Il est dit de la comédie : Castigat ridendo mores. Puisse celle-ci rendre à jamais ridicule une faiblesse qui est trop commune, et être un remède efficace pour cette foule de maux qui s’abattent sur l’infirmerie aux approches du jour de l'an.

Séminaire de Ste-Thérèse, 2 janvier 1882.

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