‹ Mélanges littéraires [microforme]Chapitre 94 sur 122 · GAGNON, FÉLIX ET CHARLES · texte numérisé non relu

GAGNON, FÉLIX ET CHARLES

Cuarces.—Mon frère, savez-vous la nouvelle ?

FÉLix.—Non.

CHarLes.—Mon père a été élu maire de St-Ignace.

FÉLIx.—Je me doutais que les choses tourneraient comine cela.

GAGNON.— Tonnerre d’un nom! les conseillers ont montré de l'esprit. Ce cher M. Blainville est un si brave citoyen. Il a tant fait pour l'avancement du canton. Vive le maire de St-Ignace !

CHarLes.—Mon frère, savez-vous l’autre nouvelle ?

Féuix.—Non, vraiment.

CHarLes.—Notre frère Jules est arrivé du Colorado.

Fécix.—Jules est arrivé !

GAGNON.—M. Jules est arrivé !

CHarLes.—Oui, par la poste de ce matin.

Féuix,—Merci, mon Dieu, mes vœux sont exaucés,.

GAGNON.—Tonnerre d’un nom, l'enfant prodigue est de retour, il faut tuer le veau gras. Vive M. Jules!

CHarLes.—Tout est sans dessus dessous à la maison. Papa va et vient, maman ne sait plus ce qu'elle fait, tout le monde pleure de joie.

Féuix.—Courons prendre part à l’allégresse générale.

CnarLes.--Non, dans un instant, ils vont tous être ici. Les invités étaient arrivés, mon frère a dit: ‘‘ Je ne veux pas déra nger votre fête ; allons tous ensemble à la cabane, je suis bien aise de + y di ma nouvelle vie de bûcheron par une noce dans les

ois.

GAGNON.—Oui, la noce de M. le maire de St-Ignace. Quand on

pense que M. Blainville est maire! tonnerre d'un nom, ça me fait-il plaisir !

Le 0

Fécix,—Jules est-il changé ?

CHarLes.— Oui, joliment, il est maigre et pàle; mais il a l'air si content d’être de retour.

GAGNoN.—M. Blainville a-t-il été élu à la lime!

CHaRLes.—Gendreau a fait opposition, mais il était seul.

GAGNON.— Ah ! /e plaideux, il mérite bien son nom: Gendreau le plaideux, le plaideux d’un plaideux !

Féix.—Jules s'est-il informé de moi?

CHARLES. —Oui, une de ses premières questions a été de demander où tu étais. Il a paru tout Joyeux quand on lui a dit que tu réussissais si bien. Il a ajouté: ‘* Dans un an je veux avoir une belle terre comme lur.”

GAGNON. —Tonnerre d'un nom, pourquoi M. Blainville, en sa qualité de maire, ne lui a-t-il pas donné une tappe à ce plaideux de Gendreau ?

CHarLes.— Il lui en a donné une aussi; il lui a tappé sur l'épaule en lui disant: ‘‘ Pour vous montrer, M. Gendreau, que Je ne vons garde pas rancune, je vous invite à venir avec nous, cette après-midi, à la fête au sucre.”

GAGNON. —I1 n’a pas accepté, je suppose.

CHARLES.—II à accepté.

GAGNON. —Ah ! le plaideux, il aurait bien dù rester chez lui.

CHARLES.— Mais, les voici. (Blainville entre, accompagné des invités.)

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