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BLAINVILLE, —IL est ainsi dans les cormmencements, mais cet état de choses doit disparaitre avec le progrès matériel de la localité.
GENDREAU.—Qu'avons-nous besoin, M. Blainville, qu'avons-nous besoin de commissaires d'école ? On s’en est passé jusqu’à aujourd'hui, ne peut-on pas s’en passer encore ? (Se tournant vers les invités.) Défiez-vous, mes amis, défiez-vous de toutes cee nouveautés ; cela coûte de l'argent : c'est encore un piège qui nous est tendu à la suggestion du gouvernement. Une fois les commissaires nommés, on vous taxera sans miséricorde, et si vous ne pouvez pas payer, on vendra vos propriétés.
Tous.—Oh! oh! allons donc! allons donc!
BLaiNvizze. —Supposons, M. Gendreau, que pas un individu, parmi nous, ne sache lire uni écrire, que ferions-nous? où en serions-nous ? vous admettez sans doute, M. Gendreau, qu? nous ne pouvons pas nous passer de prêtres.
GENDREAU.—C'est bon, j'admets qu'il en faut,
Bcaixvizce, —Ni même de magistrats pour rendre la justice ?
GENDREAU.—C'est bon encore.
BLaINviLLe.— Vous admettez aussi, n'est-ce pas, que les notaires rendent quelquefois service en Rs les contrats de mariage, en rédigeant les testaments, etc.
GENDREAU.—Passe encore pour es notaires.
BLainviLze.— Et mème sans être aussi savant qu’un notaire, n'est-ce pas un grand avantage que d'en savoir assez pour lire à l'église les prières de la messe, voir sur les gazettes ce que font nos membres au parlement, lire les journaux qui traitent d'agriculture et prendre connaissance de tout ce qui se passe dans le monde ?
GENDREAU.—C'est vrai.
BLAINVILLE.—-Supposons encore que vous, M. Gendreau, vous auriez des enfants pleins de talents naturels, annonçant les meilleures dispositions pour l'étude, qui, avec une bonne éducation, pourraient devenir des hommes éminents, des prêtres, des agriculteurs distingués, des juges, des avocats.... n’aimeriez-vous pas pouvoir les envoyer à l’école ?
GRaTON (à part).—1Il le prend par son faible, il lui parle d’avocats.
GENDREAU. —Peut-être.
BLaiviLze, —Ne refusez pas aux autres ce que vous voudriez qu'on vous eut fait à vous-même. Certainement, avec un peu d’éducation, vous seriez devenu un maître avocat.
GENDREAU. —Je le crois.
Tous.—Ah ! ah!
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GRATON (à part). —Le voilà désarmé.
BLAINVILLE. —Pour moi, chaque fois que je rencontre sur mon chemin un de ces beaux enfants, au front?élevé, à l'œil vif, présentant tous les signes de l'intelligence, je ne in’informe pas quels sont ses parents, s'ils sont riches ou pauvres, mais je me dis que ce serait pécher contre Dieu et contre la société que de laisser cette jeune intelligence sans culture. N'êtes-vous pas de mon avis, M. Gendreau ?
Tous.—Nous le sommes, nous.
GRATON, — Laissez Gendreau prêcher dans le vide.
Desjardins.—Laissez-le plaider la controverse.
Paquer.—Il se croit avocat.
GENDREAU ( piqué au vif).— ©'est bon, messieurs, riez bien. Pour moi, je dirai toujours: on veut nous taxer à tout Jamais pour le seul plaisir de faire vivre des maîtres d'école ; à bas les taxes, à bas les gens qui veulent vivre aux dépens du peuple, à bas...
GAGNON. —Ferme ta murgoulette, vieux grognard.
GENDREAU.— Tiens, c'est Pierre Gagnon qui....
GAGNON.—Oui, c'est moi, tonnerre d’un nom; je suis éanné de t'entendre jaspiner.
GENDREAU.—Es-tu pour les taxes ?
GAGNON. —Oui, j'en veux des écoles, moi, j’en veux des écoles. (Rivard et Jules entrent.)