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Qu'est-ce donc , après tout, que cette faculté Sujette à tant d'erreurs , à tant de vanité , La Raison? c'est ainsi que notre orgueil l'appelle, Quand la faible lueur que l'homme reçoit d'elle N'est qu'un pâle reflet de ce flambeau divin. Que peut cette lueur dans la nuit du destin? S'y perdre! ou se mêler à ces ardentes flammes Que mille passions alluâ^nt dans nos âmes, Et se laisser séduire à leurs entraînements. Mélange impur, fatal à tous nos jugements Où de nos passions la vanité raisonne.
Où de notre raison l'orgueil se passionne Jusqu'à prétendre ici, comme çn quatre-vingt-neuf, Tout régir, tout changer, et tout refaire à neuf; Jusqu'à croire qu'en nous elle tient lieu, sans peine. Des grands instincts moraux delà nature humaine; Qu'enfin, opinions, croyances, sentiments, Tout doit être soumis à ses raisonnements! Quels sont donc les succès qui la rendent si fière ? Est-ce Dieu méconnu? La France prisonnière? Ou tant de noirs méfaits d'un si triste renom ,
Que, depuis près d'un siècle , on commet en son nom? Quel chaos! Plus de foi, de frein, d'indépendance I Règne de la Raison, qu'as-tu fait de la France?
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