ROGER, CÉCILE, ANTOINE
ANTOINE* une valise à la main, et regardant sortir Mignol furii'ux.
Tiens ! qu'a-t-il donc , celui-là ?
Air :
V'ià la valise de Boileau !
Où faut-y qu'aile soit mise?
ROGER
Ce n'est pas un lourd fardeau, Car d'un auteur c'est la \alise.
ANTOINE
Dam', la valise d'un auteur
N'est pas comm' cell'^ d'un receveur,
N'est pas comm* cell' d'un receveur !
Môme air (en se frappant le front) :
Mais c'est ben la , mes amis , Qu'est sa meilleure valise !
C'est là qu'il a des habits Pour ceux qui n'en ont pas d' mise !
Avec ceux qu'il tire d'ià d'dans, Comme il vous habille les gens !
■874 IJOILEAU ET BOURSAULT.
Comme il vous habille les gens !
L'autre jour, près d'son bureau , « Je m* disais, voyant ses plumes ,
Comment s'fait-y qu'd'un si p'iit tuyau
Y/ sorte de si gros volumes?
C'est pourtant c'qui l'fait vivre, mais
D'manière à c'qni n'mourra jamais!
ROGER
Ah oui ! votre monsieur Boileaii
CÉCILE
(a Roger.) Chut, étourdi!.... (a Amoîne.) Vous aimez •donc bien votre maître ?
ANTOINE
Comme y m'aime, d'abord !v Et j'dis que c'n'est pas peu dire , car y m'a fait mouler, moi! Oui, j'suis moulé, imprimé tout de mon long •dans son livre !
ROGER
Par quoi donc est-il tant connu ?
ANTOINE
Vous ne savez pas ! Dame, j'ons fait Vy^rt poétique; j'ons construit le Lutrin ! -
CÉCILE
Est-ce que vous y êtes pour quelque chose?