‹ MélangesChapitre 57 sur 111 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ANTOINE

Ah! j'peiix dire qu'ça m'a donné diablement d'ouvrage!

ROGER

Comment donc ?

ANTOINE

Oui , quand y fîiisait ses cadences, y n' regardait plus à ses* pieds d'abord; et j'avais beau ratisser les allées, y passait dans mes carottes, il écrasait mes salades ! Et moi , qui n'étais pas toujours là pour l'remettre dans l'bon chemin, quand j'arrivais après, j 'croyais qu'c' était queuque bête qui s'était lâchée ! Mais mordi ! j'vis ben, à la fin, qu'c'était pas une bête qu'avait fait l 'dégât 1

CÉCILE

Mais n'a-t-il pas la réputation d'être un peu. . . ?

ANTOINE

Pour c'qui est d'ça, c'est vrai! 11 est mauvaise ' ' langue un tintinet , mais Tcœur paye pour elle !

ROGER

Il a fait des satires ?

ANTOINE

Quoi ! vous n'ies connaissez pas ? (u tire ic volume d« la valise.) T'ucz, mou aiui, je vous prête le livre. Pre-

îï'6 BOCLE»AU ET BOURSAULT.

nez bien garde ! Y a la peinturç d'sa figure au commencement, et monsieur Racine dit : qu'y a celle d'son esprit à toutes les pages du livre.

CECILE

Allons , encore un livre !

ROGER

Monsieur, je ne voudrais pas.... je n'oserais pas....

ANTOINE, se rengorgeant.

Prenez! prenez! Y n's'en apercevra pas, ni vot' maître , ni moi non plus ; quand on est avec monsieur Boileau, on n'a pas beàoin de livres!

ROGER, Tacceptant et remportant précipitamment.

Merci ! oh merci ! Je vais le lire à l'instant même !

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