SCÈNE XV
LES PRÉCÉDENTS, B0ILB1Â.U, entre-bâillant la porte, et paraissant '
sans être aperçu.
BOILEAU
On parle de moi, je crois!
CECILE, ayant ouvert le livre.
Oui! Œuvres de Boileau! J'y suis : une
satire contre les femmes, contre le mariage! Vous l'avez lue, le signet y est! Et le nom de Boileau, votre passion pour les vers, la réputation du livre!.., que sais-je, moi.^... tous les mensonges qui s'y trouvent sans doute conlre nous vous auront tourné la tête. Croire ce livre
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et douter de Cécile! C'est affreux! Osez nier que cela soit!
ROGER
Douter, non; mais puisque tu le crois... oui... je conviens... Que veux-tu.^... Le mariage ! . . . Je ne croyatis pas qu'il fallait y songer
si sérieusement.
c/ciLE.
Ce n'était donc pas sérieusement que vous
m'aimiez?
BOILEAU
C'est ma diable de satire ! Heureusement que je me trouve là.
CECILE
Voyons donc ces belles raisons... Bien! la page est froissée , ce doit être ici :
L'hymen n'ait jamais fait de femme extravagante, Qui m'aimant le matin souvent me hait le soir?
Quoi ! c'est là ! Et vous me croyez capable. . ?
Adieu, Monsieur!... Mais non, je ne veux pas seulement vous dire adieu !
Cécile! ma Cécile! Me quitter ainsi!.,. Mais c'est justifier M. Bqileau!
i\\ BOILEAU KT BOURSAULT.
CECILE
Ah! oui vraiment) c'est moi, n'est-ce pas qui ai changé du matin au soir? Est-ce que j'ai jamais aimé un homme capable de me mépriser?
Air :
Fin fidèle , un tendre Roger,
Voilà celui que j'aime ; Mais quand il a pu tant changer, . Puisqu'il n'est plus le même > De ce nouveau Roger si fier .
Si j'aimais le langage , Avec mon bon Roger d'hier
Je me croirais volage !
* ROGER, retenant Cécile qui veut le quitter.
Ah! Cécile, que je suis malheureux! Reste, reste, de grâce!
BOILEAU
Il est temps : si je ne raccommode pas ces gens-là , me voilà brouillé avec l'amour plus que jamais.
ROGER, un genou en terre.
Pardonne-moi !
CÉCILE
Quoi.'^ .... Que voulez-vous ? Eh bien . . . parce que