‹ MélangesChapitre 84 sur 111 · SCÈNE 'XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE 'XVI

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BOURSAULT

Roger ! Cécile !

BOILEAU

Allons, encore une occasion manquée !

BOURSAULT, parlant du côté de la porte.

Par ici... bon... Roger! Cécile! aidez-nous, ouvrez les deux battants.

(ABoiieau.) C'cst Ic dîncr. La salle à manger est loin d'ici, vous êtes malade , cela vous sera plus commode.

BOILEÀÛ.

Que d'obligeance !

BOURSAULT, la table chargée du dîner étant en place.

Une chaise à monsieur. Et cette servante!... mettez des assiettes.... Voilà qui est bien.... Maintenant, laissez-nous. (Tous sortent.) On dine mieux seuls, n'est-ce pas .^ On est plus libres. Ces

oreilles, ces yeux fixés sur vpus, cela gêne! Çoi^imçnçp^f^ paij ^le madère , . cela ouvre Tapp^tit.

J'accepte, en dépit de l'ordonnance. Vous avez une manière si franche.^ si Aimable, que vous donnez envie de tout ce que vous ofïrez. A propos? et la lettre pour monsieur Boursault ?

BOURSAULT

11 Ta lue. Je vous remettrai sa réponse à Thomas Corneille dont il m'a prié de vous charger.

BOILEAU

C'est bien de l'honneur! Vous le connaissez

donc beaucoup ce monsieur Boursault.

BOURSAULT, ayant servi la soupe.

Parfois plus que je nç le voudrais. JNous nous rencontrons souvent dans le même endroit.... Voilà une soupe qui a bonne mine.

BOILEAU

Quelle tournure a-t-il ?

BOURSAULT

Une tournure. . . • dans le genre de la mienne

Mais vous ne mangez pas.

BOILEAU

C'est que. ... je ne me sens pas en appétit.

i^^ BOILKAU ET BOURSAULT.

BOCTft S AtTLT, âto lâ premfô» cuRlerée, la emiMne lui toattbant ta malM.

Ah^ mon Dieu! Non non ^ ce n'est point Tappetit qui vous manque; c'est cette soupe! Qu'at^il laisfié tomber là dedans ? c'est une véritable salière !

BOILfiAU»

Je suis forcé de convenir que Ton y a mis de la prodigalité, c a paru ) Antoine avait raison , sur ma foi!

BOURSAITLT,

(A part.) Ce maudit Mignot! serait-il possible? le traître!... (A^oiteau.) Laissez cela; un accident sdns doute. . . . quelque méprise. Passons à ce ragoût. . .. Nous nous vengerons sur lui. . Ehbien^ qu'en ditesvous ?. . . Quoi donc ?. . qu'est-ce encore.»^. . . (n r« »€« nt y gdftte M.m6me.) Ah! jûStc cicl ! j'ai dans laboudie tout le poivre dfes Indes et toute la moutarde de Montluçon !

BOILEAU

Je vois ce que c'est : Antoine m'a dit que, par un singulier Iiasard, il se trouvait que M. Mignot de ma satire était devenu votre cuisi* nier ; il aura su qu'il me traitait, et, en ennemi génèrent, il n'aura voulu rien épargner^

BOURSAULT, Bltont ven Iti j^oite quUl cntr*ourre.

Vous plaisantez, mais j'ai le £ea danis la bouche! Holà! faites monter M. Mignot sur-]^ champ!

BOILEAU

Ah! ne le grondez pas, c'est si naturel.

BOURSAULT, 6tant & Boileau son assiette.

Non , n'essayez plus, c'est impossible ! Il sera curieux de voir ce que pourra répondre ce misérable!... Je suis vraiment confus.

BOILEAU

Pourquoi donc .'^11 y aura toujours trop à manger pour un malade. Et puis, comme vous me promettez, n'est-ce pas, de bien prendre la chose, les explications du seigneur Mignot vont nous réjouir. En vérité, je ne donnerais pas l'aventure pour le meilleur dîner possible.

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