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ÉPIDÉMIE

Les lésions observées dans toutes nos autopsies ont été l’hydropisie méningienne, et la similitude des symptômes présentés par les sujets qui ont succombé avec ceux qu’ont offert les individus qui on^ guéri, nous autorise à penser que la même lésion anatomique a eu lieu chez les uns et les autres, passagère et peu considérable, ou tenace et profonde, selon la gra-

vilé des cas. La qualification d’hydro-méBingienneconviendrailprobablement aussi à nos fièvres soporeuses et même somnolentes, ainsi que nous le démontrent quelques autopsies et la comparaison des phénomènes. Il est bien entendu que nous n’appliquons celte épithète qu’à notre épidémie; on verra plus loin que nous' ne pensons pas qu’il existe des lésions matérielles dans toutes les fièvres comateuses.

L’épidémie a commencé en août, a continué en septembre ; nous n’avons plus eu de nouveau cas à partir du 16 octobre. Le nombre de nos lièvres pernicieuses fut de Zi8, total dans lequel nous comprenons 1 ou 2 cas qui se présentèrent au printemps, et conséquemment hors du te.mps de l’épidémie. Nous ne comptons comme fièvres pernicieuses que les formes carotique et soporeuse, simples ou compliquées. La mortalité a été de 16, ainsi répartie : 1 décès en avril , k en août , 5 en septembre , 6 en octobre.

Le nombre de toutes nos fièvres prises en bloc, en août, septembre et octobre, a été de 297 ; les pyrexies paludéennes ont donc revêtu le caractère pernicieux dans plus d’un sixième des cas. La garnison se composait d’à peu près 250 hommes. Voici quel était son état sanitaire au fort de l’épidémie ;

98 hommes à l’hôpital, qui se trouva entièrement occupé ;

60 dans divers locaux disposés pour suppléer à l’insulTisance de l’hôpital ;

ÛO attendant des places vacantes pour entrer;

5û convalescents ou tout à fait bien portants (les derniers en petit nombre).

Les tribus voisines de Sebdou ont été également très-maltraitées , et la plupart ont été. forcées de se réfugier dans les montagnes pour fuir la maladie.

Nos fièvres caroliques ont été beaucoup plus graves que les fièvres comateuses décrites par Torli et par Werlhof (1), affections qui n’étaient à proprement parler que des fièvres intermittentes somnolentes ou soporeuses, ainsi que l’indiquent ces principaux traits puisés dans Torti (2) :

« Le coma survient au début ou au déclin de l’accès, et disparaît avec

(1) Werlbof, Observationes de febribds, præcipde intermittentibos. In-i®, Hanovr., 1732, 17/i5. .

(2) Torti, Therapedtjce specialis ad febres qdasdam perniciosas.... In-à®, 1709 et 1730, lib. III, cap. l, p 281.

lui. Le malade en sort lorsqu’on l’excile, balbutie quelques mois et retombe dans son sommeil. Si le hoquet se joint à ces symptômes, le sujet meurt au troisième ou au quatrième .accès. »

Dans notre forme carolique, le malade reste presque toujours entièrement isolé de toui’ce qui l’entoure, malgré les excitants les plus énergiques. L’apyrexie est rarement complète ; presque toujours le, type est rémittent, et le coma, au lieu de cesser avec chaque accès, a duré jusqu’à cinq, six et même onze jours chez des malades qui ont guéri ; enfin la mort arrive au premier ou au deuxième accès.

Les fièvres somnolentes et soporeuses sont assez bien connues, et leur histoire a été tracée par d’habiles écrivains : Werlhof, Torti, Bailly, Maillot, etc.; aussi avons-nous été brefs à leur sujet. Mais les pyrexies carotiques étant bien plus rares, nous pensons qu’on trouvera de l’intérêt dans leur histoire complète, que nous allons tracer d’après de nombreux souvenirs et d’après 13 observations détaillées recueillies par l’un de nous (E. Sonrier). Pour mettre plus de rigueur, nous distinguerons ces cas selon qu’ils sont simples ou composés :

Fièvres caroti(|ues liydro-méningiennes.

Simples 9 cas.

Hémorrhagique 1 »

Syncopale i »

Apoplectiques 2 »

Total 13 cas.

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