COMATEUX; GUÉRISON
Obs. I. — Valter, du 5' de ligne, 26 ans, vingt et un mois d’Afrique, n’y a pas été malade; constitution faible, tempérament lymphatico-sanguin ; est apporté à I hôpital le 30 août, le matin à dix heures. Il a depuis trois jours une fièvre quotidienne s’accompagnant, pendant l’accès, de vertiges, de chute, de violente céphalalgie.
Décubitus dorsal, immobilité; résolution des membres; sensibilité générale profondément émoussée, mais il a perception des objets extérieurs et témoigne de la douleur par la contraction de la face, quand on lui presse l’épigastre. Faciès pâle et empreint de stupeur ; paupières supérieures abaissées sur le globe de l’œil, un peu de strabisme divergent, pupilles dilatées, mais se contractant légèrement sous l’influence de la lumière; trismus; langue sèche, dysphagie, ventre souple, une selle liquide involontaire; respiration fréquente et vile, avec contraction spasmodique de quelques muscles du cou ; pouls fréquent et assez développé; peau chaude et baignée de sueur ; soubresauts de tendons. (Prescription : Diète ; limonade gommeuse; saignée de âOO grammes qui donna un caillot noirâtre volumineux, sans couenne, nageant dans une petite quantité de sérosité; 2 ventouses scarifiées à la nuque; sulfate de quinine, 3 grammes.) —
A trois heures, le malade est mieux, l’accès se termine ; on obtient quelques réponses, le pouls est à peu prés normal et la peau inondée de sueur.
31 août. Bon sommeil, amélioration sensible, intelligence nette. (Prescription : diète; limonade gommeuse ; sulfate de quinine, 3 grammes à prendre de suite.)
— La fièvre revient à dix heures, accompagnée des mêmes symptômes. Sinapismes aux mollets. L’accès cesse vers quatre heures.
!•" octobre. La fièvre ne reparaît pas ; la langue se nettoie du fiiligo conimen-
<;anl <]ui la brunissait depuis la veille, elle est libre dans tous ses mouvements ; la céphalalgie existe le matin et cesse dans la journée. (Prescript. : Bouillon ; pruneaux; limonade gommeuse; 2 ventouses scariliées à la nuque; sulfate de quinine, 2 grammes.)
2. Pas d’accès, état très-satisfaisant. (Prescript. : Quart; soupe maigre; pruneaux ; limonade ^mineuse ; sulfate de quinine, 2 grammes.)
3, /(. Le malade reprend des forces. (Prescript. : Quart, côtelette, légumes, quart de vin; limonade lartrique; sulfate de quinine, 0,8 et vin de quinquina.
5. L’accès réparait à dix heures, mais il est moins grave que la première fois ; vive douleur à l’épigastre. Il ne dure que deux heures. Grande faiblesse. (Prescript. : Limonade gommeuse ; 3 ventouses scariliées à l'épigastre ; sulfate de quinine, 1,5.)
6. L’accès revient avec un peu moins d’intensité, à la même heure. (Sulfate de quinine,! gramme et demi.)
7. S, 9, 10. L’accès manque. Débilité extrême. On augmente progressivement l’alimentation, et l’on continue le sulfate de quinine à 1 gramme chaque jour.
11 à 17. L’accès reparaît le il avec la même intensité que le 5, et à la même heure ; il revient tous les jours jusqu’au 17. Sueurs très-abondantes au troisième . stade, affaiblissement extrême, langue toujours saburrale, épigastre douloureux à la pression, anémie, flaccidité des chairs, œdème des pieds. (Prescript. : Alimentation assez substantielle ; eau gommeuse nitrée; un purgatif pour remédier à un peu de constipation; frictions avec teinture de scille et de digitale; sulfate de quinine et vin de quinquina à doses variables selon l’impressionnabilité de l’estomac fatigué.)
Du 17 au 24', pas d’accès. Le malade ne veut plus de quinine.
Du 25 au 29. L’accès attaque avec la même vigueur notre sujet plongé dans une débilité extrême. Il reparaît chaque jour jusqu’au 29, avec une intensité décroissante. Nous donnons des toniques et des aliments.
A partir du 30, l’accès ne se montre plus, le malade reprend des forces, et lorsqu’on l’évacue, le 9 octobre, sur Tlémcen, il est déjà assez bien rétabli.