‹ Mélanges médico-littérairesChapitre 63 sur 88 · II. — HÔPITAUX · texte numérisé non relu

II. — HÔPITAUX

Les hôpitaux de Rome sc partagent en deux grandes classes : hôpitaux nationaux, hôpitaux étrangers. Les premiers, destinés aux sujets du souverain porttife, ne sont néanmoins pas fermés aux autres peuples ; les seconds, entretenus par divers gouvernements de l’Europe, sont réservés chacun à sa nationalité. Les établissements qui rentrent dans celte catégorie étaient très-nombreux à l’époque où Rome, reine des arts et dominant le monde par la religion, attirait dans son sein une multitude de fidèles, de savants et d’artistes, accourus de tous les pays de la chrétienté. Aujourd’hui, le nombre de ces hôpitaux est réduit à neuf, parmi lesquels nous citerons seulement S- S. Ambrogio e Carlo, et S. Maria di Loreto de’ Fornari.

Les hôpitaux romains proprement dits vont appeler toute notre attention.

Les uns sont destinés aux fiévreux, à savoir, San Spirito in Sassia, pour les hommes ; S. Salvatore, pour les femmes ; Ben Fratelli, pour les deux sexes alTeclés de maladies aiguës. Les autres s’ouvrent aux affections externes ; ce sont : S- Giacomo, destiné surtout aux maladies chroniques et aux vénériens, hommes et femmes; la Consolazione, dont la spécialité consiste à recueillir les individus atteints de lésions qui exigent de prompts secours ; S. Rocco, qui reçoit les femmes en couche; et S. Gallicano, les affections cutanées. S. M. de Jérusalem est réservé aux militaires. Nous avons parlé de la Trinité des Pèlerins, où sont admis les convalescents. 11 existe enfin un hôpital de fous, sous le nom de

Ospcdale di S. Maria délia pietà de’ poveri pazzi.

Voici la contenance de ces divers établissements :

San Spirito I,6l6lits.

San Salvatore 516

San Giacomo 38+

S. Maria délia Consolazione 157

S. Gallicano 238

S. Rocco 2(!

S. Maria de’ poveri pazzi +20

S. M. ordlne Gerosolimitano 500

lien Kratclli 7+

Neuf hôpitaux de diverses nations 5o

Trinité des Pèlerins, pour les convalescents. . . +80

Total

1,521 lii.s.

klxtx

Ce nombre est bien au-dessus des besoins journaliers; ordinairement sont oe-* cupés 1,839 liU, dont 712 pour affections internes, 403 pour maladies cliirurgicales, 232 dans divers établissements spéciaux, à l’hôpital militaire, à Ben Fratelli, 392 à l’iiôpital des fous, 100 pour les convalescents de la Trinité des Pèlerins.

D’après monsignor Moriehini, dans dix ans, de 1831 à 1840, il est entré aux hôpitaux de Rome l66,/iG2 ûévreux, dont 15,990 ont succombé, c’est-à-dire 9,GC pour 100; 3G,8ü7 blessés, dont 3,077 sont morts, ou 8,35 pour 100; 1,061 fous, dont 431 sont décédés, ou 40,G2 pour 100; enfin, les hôpitaux spéciaux, Ben Fratelli eti’. M. de Jérusalem, donnent 11,169 entrées, 783 morts, ou 7,05 pour 100; et la Trinité des Pèlerins a reçu 111, 765 convalescents, dont aucun n’a succombé. Total, 2i4,499 entrées, 21,291 décès, ou 9,29 pour 100.

La proportion des employés est de 3 pour 10 malades.

Les hôpitauxsontloind’étre tenus tousavecdes soins pareils; Siassi Ben Fratelli et S. Giacomo nous ont paru laisser peu à désirer, tandis que S. Esprit ne mérite pas les mêmes éloges.

A Rome, où tant de femmes embrassent la vie religieuse, on pourrait s’attendre à voir tous les hôpitanx desservis par des sœurs consacrant leur vie à l’œuvre la plus méritoire aux yeux de la religion, au soin des pauvres malades qui, dans l’esprit de l’Évangile, sont les enfants de Dieu. Il n’en est pas ainsi : la vie à peu près inoccupée du cloître a plus d’attraits pour la nature apathique du peuple, que l’abnégation, le dévouement, l’existence laborieuse de la sœur de Saint- Vincent de Paule. On trouve bien, à Rome, des religieuses dans certains hôpitaux de femmes; mais elles n’ont pas su, comme chez nous, s’attirer la vénération et la reconnaissance ; elles exercent un métier plutôt qu’un sacerdoce.

Pie IX, qui n’ignore pas les côtés faibles de sa nation et qui cherche partout des remèdes à ces maux, a dernièrement mandé de France 5 sœurs, attachées aujourd’hui à l’hôpital militaire Saint André ; il est à désirer que l’exemple de ces saintes femmes fasse des prosélytes. Il irritera d’abord sans doute, mais nous avons trop bonne opinion des Italiens, pour ne pas croire qu’il finira par loucher et convaincre.

L’administration de la plupart des hôpitaux de Rome fourmille d’irrégularités,, d’abus déplorables, et trop souvent le malade ne reçoit que les miettes de la table des employés. Saint-Esprit surtout demande une réforme radicale; on nous a assuré que les plaies y sont si nombreuses et si profondes, que le souverain pontife lui-même a presque désespéré du remède. 11 e.^t vulgairement reconnu que les employés s’engraissent aux dépens du malade; aussi, lors de la fondation de l’hôpital miViiahe âe S. M. de Jérusalem, en 1811, a-t-on statué, dans le règlement, que les employés ne seraient pas nourris dans l’établissement. L’archevêque Moriehini nous en donne les motifs : c’est pour éviter que les employés, arrêtant au passage les morceaux de choix, le malade ne soit réduit, comme dans les autres hôpitaux, aux aliments de seconde qualité. A Saint-Es-

pril, non-seulomcnl Ips fonds étaient détournes de leiii luit et gaspilUs, mais la rai7la s’exerçait sur tout : vivres, linge, médieamenis, ustensiles, jusqu'au mobilier, tout sortait do rétablissement. Monseigneur Morichini a fait les ellorts les plus louables, sinon les plus eflicaces, pour arrêter ees inconcevables désordres.

Pour qu’on ne nous accuse pas de partialité et d’aveuglement, fruits d’une piété nationale outrée, déclarons immédiatement qu’en France nous sommes loin de la perfection. Nous ne parlerons pas des hôpitaux civils, dans lesquels pourtant nous avons assez vécu pour en dévoiler le côté peccant, mais nous dirons un mot des hôpitaux militaires, dont les comptables font bien souvent une fortune scandaleuse. De là cependant il y a loin à ce qui se passe à Rome. Chez nous les bénéfices sont réalisés surtout à force d’industrie, d’habileté, de simplifications, par ia stricte économie, par l'entente des achats; de manière que le comptable peut s’enrichir sans nuire bien ostensiblement au malade, tandis qu’à Rome, on prend dans le chaos, à pleines mains, partout, au hasard, sans qu’un rayon de soleil puisse jamais percer ces épaisses ténèbres pour montrer le coupable.

L’administration des hôpitaux se composait à peu près exclusivement d’ecclésiastiques et de dignitaires ; Pie IX y a introduit, des hommes de l’art. Nous voyons avec satisfaction le professeur Carpi, digne en tout point de cet honneur, dans une nouvelle commission qui, se substituant aux commissions spéciales des hôpitaux, dirige aujourd’hui San Spiriio, S. Giacomo et S- GalUcano. On parle même de confier la direction de tous les hôpitaux à ce conseil, présidé par monseigneur Morichini. Cette unité d’impulsion et de contrôle permettra d’entrer franchement dans la voie des réformes radicales, et d’extirper les abus qui, dans chaque établissement, se perpétuent de génération en génération.

Les hôpitaux de Rome ne sont généralement pas situés dans les quartiers salubres. Les collines couvertes de palais et d’habitations, et le centre de la ville, passent à juste titre pour les positions les plus saines; mais là aussi les emplacements sont chers et les propriétés divisées, de sorte qu’il devenait bien difficile d’y fonder des établissements aussi vastes que les hôpitaux. Voyons si l’hygiène intérieure compense ce qui manque à la salubrité du site.

Depuis nombre d’années déjà, ou a reconnu, en France, les inconvénients des salles trop vastes. A Rome, on suit les anciens errements, et les vices se décuplent par l’exagération du système. Les salles sont sans doute très-amples dans tous les sens, de hauteur aussi bien qu’en longueur, de manière à présenter un énorme cubage, mais l’agglomération des malades est telle, dans certaines circonstances, que l’air finit par manquer. Nous avons vu, à Saint-Esprit, près de èOO hommes dans le même local. Dans ces vastes salles, ou ne dispose pas les lits par longues liles laissant une rue entre chaque série et une ruelle entre chaque lit. Contre les murs de la salle, les lits sont rangés par groupe de deux

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ou trois se touchant bout à bout, c’est-à-dire tête à pied ; ou conserve seulement un étroit passage entre chaque groupe. En vain la salle est-elle élevée ; avec six rangs de lits sur le sol, la couche inférieure de l’atmosphère doit être perpétuellement viciée, surtout si un bon système de ventilation ne vient pas continuellement la brasser. Or nous avons à signaler les plus grands desiderata à ce sujet. Les fenêtres sont percées à 3, û ou 5 mètres au-dessus du plancher, et les ventouses manquent presque partout sous les lits ; de manière que les courants n’ont aucun accès dans la partie inférieure. Plusieurs salles possèdent une longue galerie qui fait le tour du local, à la hauteur des fenêtres, galerie destinée aux malades qui veulent s’égayer en regardant dans la rue. Elle a malheureusement un inconvénient, c’est d’empêcher l’air de tomber des fenêtres le long du mur, pour aller se substituer aux couches qui stagnent dans les angles, contre des parois sans ouvertures. Enfin, ces fenêtres insuffisantes et mal placées sont presque toujours closes, de sorte que l’on se prive ainsi du peu de bénéfice qu’on pourrait en retirer. Ces réflexions sont surtout applicables à Saint-Esprit; nous verrons que, dans la construction de la salle neuve de San Giacomo, on a fait preuve d’une meilleure entente de l’hygiène.

Si nous avons insisté aussi longuement sur l’aération et l’encombrement, c’est à cause du rôle majeur que ces deux éléments jouent dans l’hygiène des hôpitaux et des monuments publics destinés à renfermer une assemblée nombreuse. Il serait fortement à désirer qu’on pût appliquer aux hôpitaux de Rome le système Léon Duvoir, qui allie si heureusement les exigences du chauflage et de la ventilation, système qui a déjà reçu une heureuse application à Beaujon, à la Madeleine, à l’Observatoire, au Luxembourg, et dont M. Boudin s’est fait le parrain dans le monde médical.

Des arrêtés récents de police sanitaire ont condamné les cimetières que presque tous les hôpitaux possédaient dans une de leurs cours. Ces cimetières consistaient en caveaux dans lesquels on jetait pêle-mêle tous les cadavres.

Quand on examine philosophiquement l’histoire des secours publics et notamment des hôpitaux à Rome, deux réflexions capitales frappent l’esprit. Mais, pour se rendre compte des phases qu’a parcourues cette histoire, il faut ne pas perdre de vue la nature du régime gouvernemental.

Et d’abord, on s’aperçoit que les secours publics ont été organisés, dès l’origine, d’une manière moins imparfaite et plus large que dans les autres pays de l’Europe. Il ne pouvait en être autrement, sous des princes dont la religion est la bannière et la charité la devise. Nous voulons parler ici surtout des hôpitaux. Certes, à l’époque où l’Hôtel-Dieu de Paris offrait le spectacle profondément triste et navrant dont on peut voir la saisissante peinture dans le rapport de Bailly, Ténon et Lavoisier, les hôpitaux de Rome étaient organisés d’une manière moins défectueuse. Teile est la première conséquence du gouvernement reiigieux; il est tout à l’avantage et à la louange de celui-ci.

Mais il n’en est plus de même quand on parcourt les périodes qui se sont

libl

snccédé depuis ces périodes déjà reculées Jusqu'aux icmps modernes. Le progrès s’est arrêté ; après avoir été en avance, on se trouve aujourd’hui fort en retard à Rome. C’est que la vivacité des lumières n’est pas en rapport avec la ferveur de la charité. Or si cetie vertu théologale peut tout quand il ne s’agit que de fonder, les lumières doivent indispensablement intervenir, quand il faut appliquer, perfectionner, quand il est question d’administration, d’économie, d'hygiène et de science.

Nous n’avons pas craint de formuler nettement notre opinion, dût-elle se traduire par une sorte de reproche, parce que cet état de choses ne peut manquer de s’améliorer rapidement, par i’inlluence d’un pontife dont le but est de répandre la lumière, tout en ravivant la charité.

Les médecins des hôpitaux sont divisés en primarii et sostituti. Les premiers se font appeler professeurs et se recrutent, par voie de concours, parmi les sostituti. La place de primario, à laquelle on est nommé à vie, est fort recherchée; elle donne une position honorable dans le monde et attire la clientèle. A Saint-Esprit, un primario a 228 scudi de solde annuelle, plus le pain et le vin; un sostituto, 36 scudi seulement, mais il a droit en outre au logement et à 1a nourriture complète. Le concours pour devenir sostituto consiste communément en deux épreuves, l’une orale, l’autre écrite. Il est beaucoup moins sérieux que les épreuves auxquelles on soumet, à Paris, les aspirants au titre de médecins du bureau central des hôpitaux.

Les classes établies dans le personnel chirurgical correspondent à celles que nous avons signalées dans la médecine. Ce sont les primarii et les assistenti. Leur solde est, en général, un peu plus faible que celle des médecins, excepté pourtant dans les hôpitaux où la chirurgie occupe le premier rang comme importance. Ainsi, à S. Giacomo, le médecin n’a que, 10 scudi par mois, et le chirurgien 24.

Outre les hommes de l’art occupant comme titulaires l’une des quatre positions nommées ci-dessus, il en est qui s’y rattachent comme honoraires. Ces médecins n’ont point d’appointements, à moins qu’ils ne soient appelés, en cas de besoin, à prendre la direction d’un service.

Dans l’üniversité pontificale, il existe une séparation complète entre la médecine et la chirurgie ; chacune de ces deux sciences s’exerce en vertu de diplômes spéciaux; les élèves en puisent les éléments à des cours différents. Cette scission, l’interdiction faite au médecin d’exercer la chirurgie, au chirurgien de faire de la médecine, exigent un double personnel pour chaque salle de malades. Il est fort singulier de voir, dans un service de blessés, le chirurgien visiter ses malades et prescrire les topiques qu’il juge convenables; puis, quand tout est terminé, le médecin reprendre chaque malade et formuler les prescriptions. On peut dire qu’en général le chirurgien occupe encore, en Italie, la position relativement inférieure qu’il tenait en France, il y a un siècle, à l’égard du médecin.

Les chefs de service sont tenus de voir leurs malades deux fois par jour.

C’est plus d’exigence que dans nos hôpitaux civils de Paris-, niais on sait que les médecins militaires sont astreints aux mêmes obligations.

On trouve à Rome l’analogue de nos internes et de nos externes. Les cajmrali, qu’on doit ranger dans la première catégorie, reçoivent, à Saint-Esprit, U scudi par an, et sont logés et nourris. D’autres étudiants remplissent les fonctions d’externes et jouissent également de quelques avantages pécuniaires ou en nature. Ils portent, dans l’établissement, un costume particulier, une sorte de simarre, de couleur variable, selon l’hôpital ; à S. Giacomo, elle est rouge. Un personnel spécial est attaché aux professeurs de clinique interne et externe. Enün, des individus revêtus des bas grades universitaires ventouseiit, font les saignées, rasent, appliquent les sangsues. On les connaît sous les noms de maggiori, unzionarii, mignatlori, etc.

La pharmacie se fait généralement avec un peu de laisser aller. L’incertitude de l’approximation remplace trop souvent, même pour les substances actives, la rigueur de la balance et de la mesure. Le matériel n’est pas toujours convenable. Ainsi, à San Spirito, on mettait, dans des petits pots couverts de papier, les potions destinées à nos soldats. Il est évident que la liole bien bouchée ne peut pas ainsi être remplacée par un vase mat clos, qui laisse pénétrer l’air de toutes parts, et ne s’oppose pas à l’évaporation des substances volatiles.

Après ce coup d’œil général sur les hôpitaux de Rome, consacrons quelques lignes à chacun d’eux en particulier.

L’archiospedale di San Spirito in Sassia, le plus grand établissement hospitalier de Rome, développe ses longs bâtiments sur la rive droite du Tibre, non loin de Saint-Pierre, dans un quartier peu sain. Il occupe l’emplacement de l’hospice fondé au huitième siècle par Sena, roi des Saxons, qui, s’était retiré à Rome après avoir abdiqué. Bien des fois dévasté et rétabli, pendant les invasions et tes troubles qui ont agité le moyen âge, il doit ses derniers bâtiments à Pie VI. Il est divisé en deux parties par une rue, qui sépare l’hôpital proprement dit de l’aile construite sous le pontilicat du pape que nous venons de nommer. Les vastes bâtiments de la succursale contiennent 840 lits ; ils sont desservis par les communs du vieil hôpital.

Saint-Esprit est exclusivement réservé aux hommes fiévreux. On peut y loger 1,616 lits, dont une faible partie est occupée dans la bonne saison ; mais, pendant le règne endémo-épidémique, la succursale, jusqu’alors fermée, ouvre ses portes aux citadins et surtout aux campagnards atteints de fièvre paludéenne. Il est bien rare que plus de l ,000 lits soient occupés à la fois ; année commune, le chilfre des malades oscille entre 7 et 800.

C’est à Saint-Esprit que se font les cliniques médicale et chirurgicale- Les quelques blessés admis dans l’établissement sont ceux que le professeur désigne, de sorte que le choix des malades peut suppléer jusqu’à un certain point à leur nombre beaucoup trop restreint. Autrefois la clinique chirurgicale se faisait à San Giacomo. Les salles de clinique médicale ne peuvent recevoir que 12

hommes et 6 femmes, mais le professeur a le droit d’aller recueillir dans tous ies services, et même dans les dilTérents hôpitaux, les sujets qui lui semblent présenter le plus d’iiitérêU

Saint-Esprit possède, pour les besoins de l'enseignement, un grand amphithéâtre de cours, uu petit cabinet d’histoire naturelle, un assez beau muséed’anatomie normale et pathologique, un amphithéâtre d’anatomie, enfin la riche bibliothèque Lancisienne, ainsi nommée de son célèbre fondateur. L’église de Saint-Esprit appartient aussi à l'hôpital. On y lit sur chaque pierre le nom d’un professeur célèbre dans l’endroit; mais l’attention se fixe sur la belle marqueterie de marbres précieux qui recouvre les dépouilles du plus célèbre d’entre eux. de Lancisi, auteur fécond auquel on doit surtout d’excellents travaux sur les qualités natives et accidentelles de l’air de Rome.

Les cours sont trop petites à Saint-Esprit, et le malade n’a pas le droit de s’y -promener ; i’ombrage des orangers, le murmure des eaux vives, la fraîcheur des arcades à la mauresque, sont réservés aux employés de lâ maison. Pendant l’occupation française, sous l’empire, on avait eu l’heureuse idée de jeter des ciôtures en travers de la rue qui coupe l’établissement de manière à créer un vaste promenoir. La circulation n’en était nullement gênée, à cause des rues latérales. On n’a pas cru devoir imiter cet exemple pendant l’expédition actuelle.

L’établissement possède des fontaines et une salle de bains. Les lieux d’aisances sont assezbien organisés, des conduits, parcourus pardes eaux courantes, enlèvent les immondices à mesure qu’elles sont déposées.

On compte I2 salles à Saint-Esprit ; elles sont ou fort petites ou immenses.

En entrant par la grande porte, on trouve la salle gigantesque appelée bracchio Vecchio, dont le centre est occupé par une chapelle recouverte d’un dôme qui ne manque pas d’élégance. D’un bout à l’autre de cette longue nef, nous avons mesuré à peu près 130 mètres; on peut estimer la largeur à 12, et la hauteur à un chiffre à peu prés pareil. Malheureusement les fenêtres n’existent qu a mi-distance du sol au faîte, et on les ouvre ti'op rarement pour renouvelei* l’air vicié par les exhalaisons des fiévreux. Nous avons vu ceux-ci entassés au nombre de près deâOO sur six rangs disposés de la façon que nous avons décrite plus haut.

Quand nous avons pénétré dans cette salle, en octobre I8i9, nous avons été saisi par cet air lourd, chaud, nauséeux, saturé de miasmes et d’odeurs putrides. La physionomie des malades était triste, abattue, leur teint jaunâtre et plombé; la paresse des réactions, le brisement des forces, la tendance ù la putridité, disaient hautement qu’un véritable empoisonnement s’infiltrait peu à peu dans I économie des pauvres malades. C’était un petit monde que cette salle immense : ici un mourant qui râle (1), là des chiens qui jouent sur un lit ; à côté

(1) Dans les circonstances ordinaires, on porte les mourants dans une salle à part.

d’un convalescent à qui l’on fait la barbe, un moribond se confesse et marmotte des prières; sur le matelas voisin se tient un tripot entouré d’un cercle nombreux et babillard ; des infirmiers chargés de marmites contenant les vivres heurtent en passant un cadavre qu’on emporte ; enfin, pour compléter ce tumulte et ce pêle-mêle, d’espace en espace sont installés des comptoirs où siègent en permanence des caporali, des pharmaciens, des aumôniers, qui se groupent tantôt ici, tantôt là, pour faire les petits cancans du jour.

Mais les murmures cessent; le prêtre monte à l’autel. -Les aliments sont portés jusqu’auprès des marches, au moyen d’espèces de brancards ; l’oOiciant récite quelques versets auxquels répond l’assistance, et la bénédiction termine la cérémonie. Le tumulte recommence alors ; le bruit s’élève et se gonfle du cliquetis des cuillers et des fourchettes sur les plats d’étain et de terre cuite.

Ce spectacle eût été réellement des plus curieux, sans la tristesse qu’il inspirait.

De celte salle, on passe dans le bracchio nuovo, moins vaste, qui peut contenir 280 lits.

Dans la succursale, située de l’autre côté de la rue, les salles ne sont pas moins gigantesques. Le premier et le second forment chacun une galerie voûtée à trois nefs, soutenue par 84 pilierset pouvant recevoir de 300 à 360 malades. En restreignant le nombre des files de lits, ces locaux présentent d’assez bonnes conditions de salubrité. C’est, du reste, seulement pendaiit la saison fiévreuse que l’encombrement règne. Il est probable qu’il atteint bien rarement le point auquel nous l’avôns vu arriver, à l’époque où notre entrée dans Rome a jeté dans l’hôpital une population insolite.

Les aliments se distribuent à des heures un peu irrégulières : le malin de sept à neuf heures ; le soir de deux et demie à cinq heures. Voici le régime qui a cours dans l’établissement, comme dans presque tous les autres hôpitaux :

Terza. Bouillon avec jaune d’œuf ; une, deux ou trois fois par jour.

Senza pane. Soupe, un œuf, eau et vin ; deux fois le jour.

Dieta. Soupe, 4 onces de pain, 2 de viande, eau et vin ; deux fois le jour.

A carne. Potage, 3 onces de viande, 6 de pain, vin ; matin et soir . On peut ajouter à ces aliments un plat d’herbages, et le jour de la sortie le double de vin ; cette portion s’appelle alors far locanda.

Seconda. Soupe, 4 onces de pain, un œuf, eau pour boisson.

Une carte portant un signe conventionnel est accrochée au lit de chaque malade et indique le régime ordonné par le médecin.

On touche des orgues trois fois la semaine, pendant la distribution. Cette coutume nous rappelle que, sous l’empire, la musique des régiments allait jouer dans les hôpitaux ; Napoléon comptait beaucoup sur ce moyen pour éviter ou chasser la nostalgie.

La garde n’est pas montée par jour, comme cela se pratique dans nos hôpi-

laux; la journée est divisée en quatre quartiers. Les caporali font l'office d’internes de garde; ils ont des externes sous leurs ordres.

Le nombre réglementaire du personnel médical est ainsi fixé : quatre médecins primarii et quatre sostiiuti, deux chirurgiens prtmarâ' et deux assistenti. Les médecins honoraires sont en nombre variable.

Mgr. Morichini fait remarquer que, dans tous les autres hôpitaux de l’Europe, les médecins sont astreints à ne pas sortir d’une certaine liste de médicaments, tandis qu’à San Spirito ils peuvent puiser dans toute la pharmacopée. Peutêtre ont-ils cette latitude parce qu’ils n’en usent Jamais. Le fait est que beaucoup de médicaments usuels dans nos hôpitaux ne se trouvaient pas à la pharmacie de San Spirito, lors de notre occupation de l’établissement; et nous doutons, d’autre part, qu’aucune des substances familières aux médecins de San Spirito, ne soit monnaie courante dans nos hôpitaux fi ançais.

Les revenus de Saint-Esprit sont de 00,000 scudi, auxquels le trésor en ajoute 36,000 par an.

De 1831 à 1840 sont entrés à Saint-Esprit 134,916 malades, dont 11,455 sont décédés, ou 8,27 pour lOO. La moyenne des journées de traitement a été de 13; la moyenne des malades présents de 500; la moyenne des employés, 169.

Varchinspedale del Santissimo Salvatore ad Sancta Sanctorum, dû à la libéralité d’un Colonna, est destiné aux femmes fiévreuses. Situé tout près de la basilique de Saint-Jean-de-Latran, il est séparé en deux corps de logis par la rue qui mène de cette église au Colysée. Sa fondation date de 1216. On peut y recevoir 576 malades distribués dans des salles un peu moins vastes que celles de San Spirito. Les lits y sont généralement plus espacés qu’à ce dernier hôpital ; dans les circonstances ordinaires, un tiers seulement de ces lits se trouve occupé.

Les pansements et la petite chirurgie sont confiés aux sœurs hospitalières de la Miséricorde, qui sont à nos religieuses de Saint-Vincent de Paule ce que le clergé romain est au clergé français, c’est-à-dire dans un état d’infériorité incontestable. Mais, en évitant le tort si commun aux historiens et aux touristes, déjuger les choses romaines au point de vue français, c’est-à-dire de prendre comme terme de comparaison ce qui se passe chez nous, on se relâche de sa sévérité, et l’on trouve que, pour des Romaines, elles s’acquittent convenablement de leur mission.

Deux médecins primarii et deux .sostituti, un chirurgien primario et un assistenle sont attachés à l’établissement. Les élèves en médecine ne suivent pas les visites. Les assistenti et les sostituti montent la garde, par période de vingt-quatre heures.

L’établissement jouit d’une rente annuelle de 32,000 scudi, grossi de 14,400 scudi fournis par le trésor.

Les statistiques décennales ne fournissent pas, à S. Salvatore. des résultats

aussi satisfaisants qu’A Saint-Esprit, ce qu'il faut peut-être attribuer au nombre des sujets atteints d’aü'eclions chroniques reçus dans l’établissement, à l’insalubrité du site plongé dans la malaria, enfin surtout à l’état de misére^et de détérioration des malheureuses femmes qui trouvent asile dans cet hôpital. Voici ces statistiques portant sur la période 1831 à 1840 ;

30,546 entrées ;

4,541 décés;

14,86 décès pour 100 ; ^

25 jours pour moyenne de traitement ;

209 présents à l’hôpital, en moyenne;

72 employés, en moyenne.

h' archios pédalé di San Giacomn in Augusla, londé en 1339 par les Colonna, est situé dans le Corso, rue principale de Rome, non loin de la place /)el Popolo. On y compte 384 lits destinés aux blessés et aux vénériens des deux sexes.

Les anciennes salles sont fort grandes, mais peu élevées, peu saines. Elles sont occupées par les femmes blessées et vénériennes.

Nous étant imposé, dans ces lettres, le devoir de dire surtout notre façon de penser, même dans les questions les plus délicates, nous récrierous-nous sur les idées étroites et inhumaines par suite desquelles on laisse ces infortunées dans des locaux insalubres, sous prétexte de leur faire payer des fautes dont leur mal est certes déjà une expiation? Mille fois non. Si notre main s’armait des verges de la critique, ce serait sur Paris et non sur Rome que se dirigeraient nos coups. Il n’y a pas encore un an que nous visitions les hôpitaux de Lourcine et du Midi, où, malgré de notables amélior.uions, les salles non blanchies et sans air accusent hautement l’administration de professer des opinions qui, pardonnables à Rome, sont sans excuses en France. Et que serait-ce donc si, reportant nos yeux en arrière, nous jetions un regard sur le sort qui attendait les malheureux syphilitiques, sous les règnes impudiques et éhontés de Louis XIV et de Louis XV ? La moitié des malades se couchait (1), 4 par lits, de huit heures du soir à une heure du matin ; une seconde fournée remplaçait la première d’une heure à sept. La fustigation commençait le traitement; la fustigation le terminait. Le vénérien attendait quelquefois six ou neuf mois qu’il plût de commencer à s’occuper de lui. Entassés dans des soupentes qui n avaient souvent que 2 à 3 mètres de haut, les malheureux ne pouvaient pas même se coller à la fenêtre [tour respirer un air pur, car la fenêtre était clouée ou même murée ! Regardons-nous bien avant de critiquer les autres.

La salle neuve de S. Giacomo est certainement ce que nous avons vu de mieux en ce genre dans tout Rome. La critique ne peut s’attaquer qu’à son immensité. Les fenêtres s’ouvrent, il est vrai, à 4 mètres du plancher, et une

(1) Aux Petites-Maisons, à Bicêtre, à la Salpêtrière.

galerie règne loiitaulour de la salle, à celle même Fiauleur; mais la plus irréprochable proprelé el un sysième d’aéralion bien compris remédienl en grande partie à ces inconvéuienls. D'abord, il chaque exlrémilé de celle grande salle, lie vasies fenêlres, pareilles pour la dimension 5 celles de nos cathédrales gothiques. occupent toute la paroi du haut en bas et peuvent servir à renouveler l’air dans toutes les parties du local. En second lieu, des ventouses sont percées sous les lits. Au moyen de portières de 1er, munies d’ouvertures de grandeurs diverses, on peut aménager les courants. Enlin au plafond sont pratiqués des regards à opercules mobiles, donnant sur l’espace triangulaire couvert par le toit, percé lui-méme d’œils-de-bœuf. Le prieur de la confrérie de Sainte-Marie del Popolo, dont nous regrettons de ne pas savoir le nom, nous a fait voir l’hôpital avec un empressement bien légitime quand on a un établissement si bien tenu à monirer.

De 1831 à 1840 ont été reçus 20,682 malades, dont 2,337 ont succombé, ou 11,29 pour 100. Nous avons dit que le chiffre proportionnel de la mortalité est plusélevé à Saint-Sauveur, hôpital des femmes liévreuses, qu’à Saint-Esprit, destiné aux hommes afléctés de maladies internes. La même dill'ércnce existe entre les deux sexes, quant aux décès causés par les affections chirurgicales : 9,19 décés pour 100 hommes traités, 19,22 pour lOO femmes.

La moyenne du traitement est de 43 jours ; la moyenne des malades présents, 245 ; la moyenne du nombre des employés, 74.

D’après les registres, très-bien tenus, la journée de traitement a été de 15 à 10 sous en 1847-1848.

La rente de S. Gi'icomo est de 32,000 scudi le trésor public ajoute 16,780 scudi par an.

Le service médico-chirurgical est contié à deux médecins primarii, deux soslituti, deux chirurgiens prtmam, deux assistenti, 16. étudiants. Autrefois les cours de clinique chirurgicale et d’anatomie se faisaient à Saint-Jacques; mais Pie VII a centralisé toute l’instruction pratique à Saint-Esprit.

Varchiospedale di S. Maria delta Consolazinne est destiné à recevoir les individus des deux sexes, affectés de lésions chirurgicales qui exigent de prompts secours. Il contient 157 lits. La besogne étant presque entièrement chirurgicale, le personnel est ainsi composé : un médecin primario el un sostilutOy deux chirurgiens primarii et deux assistenti. L’établissement s’entretient au moyen de 12,000 scudi de revenu, et de 3,750 scudi donnés par le trésor public.

En dix ans, 9.006 entrées, ^70 décès ou 5,21 pour 100. Les femmes fournissent encore ici le plus fort contingent à la mort r hommes 4,69 pour 100, femmes 7,54 pour 100.

Varchiospedale di S. Maria e S. GalUcano occupe l’ancienne maladrerie. Il est aujourd’hui ouvert aux individus affectés de maladies de la peau. On y compte 238 lits. Un médecin primario et un sostiliito, un chirurgien prima rio el deux assistenti, huit étuiHants, composent le personnel de cet hôpitak

2,600 scudi de revenu, 10,000 fournis par l’État, constituent son avoir. En dix ans, 5,461 entrées, 262 décès ou 4,79 pour lOO.

Varchiospedale di S. Rozco reçoit les femmes en couche. Il ne contient que 20 à 26 lits.

Les femmes en mal d’enfant qui se présentent sont admises sans qu’on s’informe de leur nom, de leur condition, sans qu’on s’enquière si elles sont mariées ou non. Ainsi parlent les statuts. Cela est ou serait certes fort beau •, mais nous ne garantissons rien. Le traitement est gratuit ; les femmes aisées qui veulent déposer dans le mystère le fruit de leurs amours peuvent, toujours d’après les statuts, compter sur un silence religieux. Moyennant 3 scudi par mois, elles reçoivent tous les soins convenables. L’enfant est déposé à la Pia casa di San Spirito.

Les femmes restent en général très-peu de jours à San-Rocco, quoiqu’une certaine latitude leur soit donnée; la moyenne du traitement est de moins de cinq jours. En dix ans, on a compté 1,658 entrées et 8 décès seulement, soit 0,47 pour 100, proportion très-minime et bien digne d’attirer l’attention. Mais nous devons nous en tenir à cet aperçu général, car San-Rocco est un mystérieux séjour où l’on ne pénètre pas. I.es étudiants n’y peuvent pas non plus être admis ; les manœuvres sur le mannequin sont tout ce que connaissent les élèves de l’école de Rome, quand, devenus docteurs, ils sont appelés à pratiquer.

Le professeur d’obstétrique de l’École de médecine fait le service à San- Rocco,

La journée de traitement, y compris les médicaments, est de 22 baiocchi. Les revenus de l’établissement montent à 2,490 scudi, auquels l’État en, ajoute 690 par an.

Vospedale di S. Giovanni calabrita, plus connu sous le nom de Ben Fratelli, n’est pas tenu, comme les autres hôpitaux, à rendre des comptes au cardinal-vicaire. Les religieux de A’. Giovan de Dio calabrita (Saint-Jean de Dieu) l’administrent de la façon la plus digne d’éloges. On y admet les individus affectés de maladies internes aiguës, sur la présentation d’un billet libellé par un sociétaire de la compagnie qui régit l’établissement. C’est, sans contredit, l’hôpital dans lequel le malade trouve les conditions les plus favorables au rétablissement de sa santé. On y compte 74 lits seulement. Un médecin primario fait deux visites par jour. Les religieux de Saint-Jean de Dieu remplissent avec dévouement leurs fonctions d’infirmiers, et pratiquent habilement les opérations de petite chirurgie.

Cet établissement se maintient dans un état prospère, malgré la presque nullité de ses revenus, grâce aux ressources de sa pharmacie, qui fournit beaucoup pour le dehors.

En dix ans l’hôpital Ben Fratelli a reçu 9,8‘J3 malades, dont 706 ont succombé, ou 7,13 pour 100, proportion moins élevée qu’à Saint-Esprit et à Saint- Sauveurs

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Ospedale del S. M.ordine iiervtolimilano> —r Avant 1841, les militaire» étaient traités dans les hôpitaux civils, moyennant 10 balocchi par jour; mais ô cette époque, l’ordre des chevaliers de Jérusalem a étahli l’hôpital, où les militaires sont aujourd’hui reçus, moyennant 20 balocchi par jour et par homme , alloués à ladministralion par le trésor public. On y admet le.s fiévreux et les blessés. Les malades achèvent leur guérison dans une salle de convalescence, annexée à l’établissement.

Le régime médical, plTro ceci de particulier, que les médppins et les chirurgiens traitants doivent, lorsqu’il s’agit de délerminatipoa graves, s’éclairer des lumières des médecins consultants, pris dans les hauts grades du personnel de santé militaire.

Les prescriptions alimentaires rentrent généralement dans çes trois catégories : 1° dfeta, quatre onces de potage, distribués en deux fois; 2° mezzo vitto, quatre onces de soupe, cinq de viande, six de pain, une àemi- foglietla de vin, pour deux repas ; 3° tulto vittd. quatre onces de Soupe, huit de viande, onze de pain, une /bÿ/t'e«ade vin, donnés également en deux fols. Pour les convalescents, on porte le pain à 18 onces par jour.

Nous avons déjà dit que, lors de la fondation récente de cet hôpital, on avait pris la sage résolution de ne pas nourrir les employés dans l’établissement, pour éviter le gaspillage au bénéfice de ceux-ci et au détriment du malade.

L’hôpital peut contenir 600 lits; il est trop récent pour que nous puissions en donner le mouvement et les statistiques.

L’ospedale di S. Maria délia pietà de’ poveri pazzi contient 420 lits. Les fous appartenant à des familles aisées y sont traités en payant pension. Les indigents y séjournent gratuitement, sauf à la commune à rembourser l’administration de riiôpital.

La rente annuelle de 3,500 scudi ne suDit pas à l’établissement; le trésor vient à son secours, et les pensions payées par les familles achèvent de le mettre à même de remplir ses obligations.

Un médecin et un chirurgien sont attachés à l'hôpital des fous.

L’alimentation des sujets qui ne présentent pas d’autre affection que l’aliénation mentale est ainsi déterminée : seize onces de pain, trois de potage, neuf do viande, une foglictla de vin, et le soir, un plat d’herbes et une salade.

Le traitement moral et pharmaceutique, le premier surtout, sont fort en retard à Rome ; mais nous devons nous contenter d’énoncer ce jugement général, porté par les médecins Italiens eu.x-mêmes, sans chercher à le légitimer au moyen de l’analyse. En effet, nous n’avons pas suivi le traitement des fous admis dans cet hôpital.

Voici la statistique de tOans, t831 à 1840.

, Moyenne des individus présents, 39i.

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