DES PR AP APRES DT 2 À
polissage de la pierre, la domestication des animaux, le blé, l'orge, des fruits divers et des industries nouvelles, — les peuples qui ont couvert de leurs mégalithes une partie des îles et du littoral de la France, de l'Angleterre et des pays scandinaves avaient pris possession de l'Océan. Jusqu'où allaient-ils?
Leurs bateaux, creusés dans des troncs d'arbre à l'aide du feu et de la hache de pierre, étaient peu propres à la grande navigation. Ils la pratiquaient cependant, ce qui est admirable d'audace,
Ils étaient moins bien armés que les envahisseurs; ils se maintinrent toutefois dans le pays et continuèrent longtemps à ensevelir leurs morts dans des grottes naturelles. Puis la fusion se faisant entre vainqueurs et vaineus, ils abandonnèrent en partie les grottes sépulcrales pour les dolmens, et l’on trouve, côte à côte, les squelettes des hommes de Cro-Magnon et ceux des envahisseurs.
Outre les grottes sépulcrales naturelles, il y eut des grottes sépulcrales artificielles, creusées dans le flanc des collinés. Ces dernières sont de trois sortes. Le docteur Verneau les décrit avec soin. Celles de la troisième caté-
gorie ont surtout un intérêt particulier. Chacune aurait
pu contenir deux cents morts et n’en renfermait que deux ou trois, mais avec un grand nombre d’armes et d’ustensilés placés sur des étagères creusées dans la marne. Le sol et les marches d'escalier accusent une fréquentation
très assidue. Avaient-elles servi d'habitation avant de
devenir le sépulcre de deux ou trois morts privilégiés?
Les morts n'étaient-ils déposés là qu'à titre temporaire? C'est encore un secret,
Les grottes de la Marne ont fourni la preuve que les hommes de l'âge de la pierre polie pratiquaient simultanément l’inhumation et la crénistion plus ou moins complète des morts.
Des savants ont attribué aux Gaulois et aux druides la construction des monuments mégalithiques, Ils ont fait erreur, Ces monuments appartiennent aux âges de la pierre polie et du bronze.
Les pierres ernployées dans ces constructions étaient parfois de dimensions colossales. Par exemple, l'une de celles qui forment toit à l’allée couverte de Fontevrault ne mesure pas moins de 22 mètres de longueur. Par quels moyens fut-elle transportée? surtout par quels moyens fut-elle mise en place?
Ces monuments se divisent en dolmens où allées couvertes, menhirs ou pierres levées, cromlechs ou alignements de pierres levées, pierres branlantes ou assemblages de deux pierres posées l’une verticalement, l'autre horizontalement, |
Toutes ces pierres, souvent apportées de très loin, mesurent, au minimum, un mètre de largeur sur deux de longueur.
On en trouve dans une grande partie de l’Europe, en Afrique et en Asie.
Les dolmens sont des tombeaux, A quoi servaient les menhirs, les cromlechs et les pierres branlantes ? Ceux qui attribuaient aux Gaulois la construction des
dolmens croyaient que ces pierres avaient servi d'autels aux druides pour des sacrifices humains. [1 ren faut rien croire, car ces monuments existaient au moins trois cents siècles avant l'arrivée des druides et des Gaulois.
A côté des morts qu'ils contenaient, on a trouvé tous les objets qui pouvaient être nécessaires dans une autre vie. Les hommes te l’âge néalithique avaient donc des croyances religieuses.
Cela se comprend. La terre, alors, se convulsait fréquemment et faisait craquer de temps à autre sa croûte solide; les tempêtes de l'air étaient effrayantes; les carnassiers, tiès nombreux, croquuient souvent le chasseur.
Pour les hommes de ces temps lointains, cét épouvantable désordre était l'œuvre d’un génie colère et vindicatif, L'idée leur vint de l’apaiser par des prières et des sacrifices. Ne pouvant ni supposer ni comprendre un dieu impersonnel, ils finirent par admettre que la divinité avait la forme d’une femme à têté de chouette. Les artistes se mirent à l’œuvre et matérialisèrent cette conception. saugrenue, et, de génération en génération, elle parvint à l'Egypte, à l’Assyrie, à l’ancienne Grèce qui représenta sous cette forme, avec le nom d’Athènè-Glaucôpis, la déesse Minerve, Schliemann a découvert, dans les fouilles de Mycènes, de Tirynthe et de Troie, un grand nombre de vases sacrés qui représentaient, avec une tête de chouette, la déesse de la Sagesse. Cette antique conception, comme toutes les croyances religieuses, est d’ailleurs d'importation asiatique,
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On a trouvé aussi, en plusieurs endroits, des blocs erratiques percés d'un plus ou moins grand nombre de cupules, Elles avaient un sens mystérieux que nous ne
pouvons pénétrer. Nous savons toutefois que les femmes hindoues portent, jusque dans les montagnes du Pendjab, de l’eau du Gange pour en arroser ces pierres afin d’avoir des enfants; nous savons aussi que, pour obtenir un époux dans l’année, les filles et les veuves du département de l'Ain accomplissent certaines pratiques à Thuys, sur un bloc percé d’une scixantaine de cupules; nous savons en fin que les mêmes superstitions ont cours dans les P“rénées, en Suisse et dans les pays scandinaves.
Nos ancêtres de l’âge de la pierre polie pratiquaient la
trépanätion sur les vivants et sur les morts, et les morceaux
de crâne leur servaient d'amulettes.
Ils croyaient à une autre existence et avaient des dieux comme la femme à tête de chouette. Or, une divinité anthropomorphe ne va pas sans prêtres, et comme chez beaucoup de peuples le prêtre subit une initiation par le sang, il se pourrait que la trépanation fût une initiation sacerdotale dont la tonsure des prêtres chrétiens serait un reflet.
En résumé, l’espèce humaine ne remonte pas à quelques milliers d’années, mais à des milliers de siècles.
Comme tout ce qui l’entoure, elle a subi des modifications profondes.
Nous ne connaissons pas l’homme primitif, pas même celui du commencement de l'époque quaternaire, . -
2 46 de
‘fl yeut dé nombreuses invasions, une acéumulation de races diverses dont les mélanges ont produit les races actuelles, |
Sauf quelque temps d'arrêt causés par les révolutions terrestres et la guerre, l’homme a toujours été progressant, toujours il a tendu vers une vie meilleure.
Un abîme sépare ses premiéres ébauches des merveilles de notre industrie. Cependant nous somnites les fils dé ces sauvages inconnus de l’époque tertiaire; nous sommes les héritiers de leur génie, leurs continuateurs, et si nous considérons le chemin parcouru, nous restons persuadés « que l’industrie humaine est avpelée à des destinées que nous ne pouvons prévoir ».
C'est ainsi que l'histoire du passé projette sur l’a venir un rayon d'espérance. :
les ï JACQUES CARTIER ET SES QUATRE VOYAGES
A EN CANADA ts, ons ae ds : AINT-Mao, Rennes et Paris n'ont É encore élevé aucun monument à l'ai la mémoire de Jacques Cartier,
Les Canadiens nous reprochent cet oubli. $
Eux, français de la Nouvelle- France, ils ont mis sur des collèges, des rues, des places, des lacs et des rivières le nom du grand découvreur.
Cette nomenclature géographique et cadastrale ne satisfait cependant pas leur ambition. Ils veulent une statue * de « grandeur héroïque ». Ils ont espéré que le gouvernement de la province de Québec leur donnerait satisfaction en 1889. Leur désir n’a pas été réalisé. Ils ne
1 Himau B, Sricpuens, B, C, L. — Jacques Cartier and his four voyages 10 Canada, a essay, with historical, explanatory and philological notes; Mcatréal. W. Drysdale, 1890.
perdent pas courage. Fils d'anglais, comme fils de français,
tous Ont à Cœur Ja glorification des fondateurs dé la
puissance canadienne, touS continuent la campagne Sur - Jls réussiront sûre
le grand nom de ‘Jacques Cartier.
ment, car au Canada, comme dans tous les pays civilisés,
le vox populi représente Ja force, la justice et la raison. Son honneur sir Angers, gouverneur de la province de Québec, répondant au désir commun de toute la population canadienne, offert quatre médailles aux quatre
meilleurs essais SUT # Jacques Cartier and his time »- Les candidats furent nombreux. Les lauréats sont MM. Joseph Pope, d'Ottawa; N.-E. Dionne, de Quéhec; ‘Hiram B. Stephens, de Montréal; Toûon de Longrais,
de Rennes.
: Je dois à l'amitié de M. Romeo Stephens un exemplaire de l'œuvre de son fils, un beau volume grand ingo, parfaitement imprimé, illustré de portraits, d'auto- . graphes, de dessins et de cartes, enrichi d'une brillante préface de M. George Murra}, qui considère comme d'un heureux auguré pour son Pays Je culte des gloires
o nationales et l'étude des gestes des antiens. C'est un éloge que 1 s canadiens.
M. Hiram Stephens comme Ÿ
, graphie et la description du vieux manoir de
j1 donne à celte première partie peu détendue, mais ayant
mis à profit toutes les découvertes nouvelles, il la rend intéressante et nous
fixe enfin sur la date de la mort de J. Cartier. ;
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En 1833, M, d'Avesse disait qu'on perdait, après 1552, la trace de l'illustre malouin, qui avait dû mourir ayant sa soixantième année.
D'après M. Stephens, il a figuré comme acteur dans des actes de 1555 et de 1556, et on lit dans la marge sq
régistre de Saint-Malo, sous la date du 1er septembre 1 55?
« Ce dict mercredy, au matin, environ cinq heures; He Jacques Cartier ».
Toute la vie de Cartier se trouvant pour ainsi dire dans ses voyages, M. Stephens a pensé ne pouvoir mieux faire que d'en traduire en anglais les relations. C'était bien, mais le travail présentait des difficultés sérieuses.
La relation du premier voyäge a été publiée : en italien, par Ramusio; en anglais, par Richard Hakluyt: en français, mais seulement en 1598, et d’après Ramusio, par Raphaël du Petit Val. En 1867, Michelant et Ramé ont publié une rédaction originale, qui est très probablément l’œuvre de Jacques Cartier.
Ces quatre versions présentent des lacunes, des dissem-
blances et des incorrections. 11 ne suffisait donc pas de
traduire l’une d'elles : il était indispensable de se faire un texte en les complétant et les corrigeant l’une par l’autre. : pa
La relation du deuxième voyage a été publiée en italien par Ramusio, et en français, en 1545, par Ponce Rollet, dit Faucheur, et Anthoine le Clerc frères. M. d’Avezac Pa réimprimée pour Tross, en 1863. La bibliothèque nationale en possède trois manuscrits qui ont fait l’objet de PAR à Paris et à Québec. La critique s'impo-
shit d'autant plus éne
rgiquement que la version de Québec,
d'après M. d'Avezac, est souvent aussi fautive que
l'impression de 1545.
M. Stephens eut besoin,
pour mener à bien son entre-
prise, de beaucoup de patience et de sagacité. qui sont entré
J'ai comparé sa version aux originaux mes mains et à la traduction de Ramusio. J'ai relevé des dissemblances, qui portent généralement sur la forme, et une erreur de traduction !. Ces dissemblances semblent L'indice d’un travail de critique ; je ne puis d’ailleurs ad- : mettre que M. Stephens aît purement et simplement reproduit la version de Québec.
De la relation du troisième voyage, nous ne possédons que les fragments recueillis et publiés en anglais, par
Hakluyt.
M. Stephens ne signale le quatrième voyage 4U€ sous forme dubitative. Pour le moment, dit-il, tnt cela est affaire d'opinion : « All that can be said at present is that
a matter of opinion »,
Ce voyage a cependa de la réalité.
11 s'agissait de rapatrier Îles débris de la malheureuse expédition de Roberval. Cartier, capitaine général et
maître pilote des flottes envoyées au Canada, revenait de «ja grand Hermine
M. Stephens traduit il aurait fallu « from
nt pour lui toutes les apparences
‘ya dans le texte de la relation de 1545 :
du port, environ cent à six vingtz tonneaulx M. «The Grand Hermine, of 106 tons ”, tandis qu’
__ 100 to 120 tON$. ”
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Hermine ns traduit lu « from
— 3: er
son troisième voyage : il était- donc tout indiqué pour cette mission.
Le voyage, commencé au printemps de 1543, a duré huit mois. Il n'a été l’occasion d'aucune découverte importante et passa inaperçu.
L'auteur anonyme d’une nomenclature de voyages, publiée en appendice par Michelant et Ramé, ne mentionne pas ce derier voyage de Jacques Cartier. Cette omission n’a pas d'importatice et ne dément pas le récit que Lescarbot dit avoir trouvé dans le « compte de Quartier ». (C’est ainsi que Lescarbot écrit toujours le nom du grand marin de Saint-Malo).
M. Stephens-termine le volume par de nombreuses et savantes notes critiques, philologiques, historiques et géographiques, pour lesquelles il a mis à profit les travaux de MM. d'Avezac, Michelant et Ramé.
En somme son œuvre est trés complète, trés ui elle lui fait honneur et contribuera, dans une large mesure, à l'érection de la statue désirée. Elle constitue par elle-même un beau monument 4 la mémoire de notre illustre compatriote.
M. Stephens commet, aux yeux des rouennais, une grave omission que je ne puis passer sous silence,
De l'impression de la relation du deuxième voyage faite en 1545, sous le titre de Brief récit, il ne connaît qu'un seul exemplaire, celui du British Museum.
Je suis heureux, et même très fier de lui en signaler un second dans la bibliothèque municipale de Rouen.
Ce précieux opuscule a été trouvé au mois de no-
32 aan”
vembre 1876, dans le fonds Montbret, où il portait le n°2438. :
Le 21 février suivant, je l'ai présenté à la Société de Géographie de Paris, alors présidée par M. Emile Levasseur, de l’Institut, et j'en ai fait l’objet d’une note qui fut insérée au Bulletin de 1877, t. 1, pp. 323-325.
I1 se compose de 48 feuillets. Sa hauteur est de 147 millimètres et sa largeur de 03. Il ést très pauvrement relié, mais il est imprimé en beaux caractères, sur beau papier, en parfait état de conservation.
Avant la séance de la Société, j'ai eu occasion de le ‘montrer à mon ami Charles Leclerc, le savant auteur de la Bibliotheca americana, alors directeur de la librairie Maisonneuve.
Ah! dit-il, je le connaissais, maïs je ne l'avais jamais vu. En voulez-vous mille francs..…, deux mille francs..…., trois mille francs...., quatre mille francs... Peut-être aurait-ii >ncore augmenté ses enchères, si je ne lui avais dit que ce précieux monument géographique appartient à la ville de Rouen.
Ne suis-je pas héroïque, Monsieur Hiram Stephens, en ne vous faisant pas un crime d’avoir ignoré que le biblicthèque de Rouen posséde l’un des deux exemplaires connus du-BRIEF RÉCIT!
jamais ACS....) ut-être i avais artient
ephens, Le le bimplaires
de sa conception et la beauté de la forme.
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