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Encouragement de l'agriculture

27. Abolition des privilèges de toute espèce ; droits égaux, justice égale pour tous les citoyens.

28. Organisation de la milice, comme aux Etats-Unis, de manière à donner des armes à chaque milicien, et laisser à chaque bataillon le choix de ses officiers. Abolition de la loi actuelle de milice et des compagnies de volontaires.

29. Indépendance, république, annexion aux Etats-Unis. Séparation du Haut et du Bas-Canada.

Le second ^z^m A' était rédigé par quelques membres de l'institut, ayant à leur tête le citoyen Blanchet.

Le premier numéro du Pays remonte au 15 janvier 1852. Ce journal remplaça, comme organe libéral, le Moniteur Canadien et l'Avenir. Il subsista jusqu'à 187 1. Dans les commencements il était publié trois fois par semaine et dans les trois dernières années, tous les jours.

IIO

" La rédastion du Pays fut confiée, lors de sa fondation, à l'Hon. L. A. Dessaulles.

Polémiste vigoureux, adversaire infatigable, connaissant à fond les questions politiques et tous les points de droit constitutionnel, le journal ne pouvait être confié à une plume plus habile et plus savante. Il fut remplacé dans le fauteuil éditorial par MM. Ladrèche ViGER, Hawley, Charles DxVoust, Arthur BuiES, Alphonse Lusignan, A. Achinïre, N. AuDiN, P. McDonald, N. Bn«:NVENU, etc."

" De 1837 à 1843 il se publia à Québec un petit journal humoristique et frondeur qui, après avoir débuté bien modestement, finit par obtenir un succès fou. On se le passait de main en main, on se l'arrachait dans les rues, on le lisait sur les boulevards, dans les salons et dans les carrefours. Il fit concurrence aux grands journaux et on en parlait par toute la province. Il attaquait tous les ridicules et tous les vices, tonnait contre le fanatisme anglais, sifflait les personnages les mieux huppés, depuis la grande dame jusqu'à la grisette de bas étage, les gouverneurs comme les simples valets de chambre. Véritable enfant de Paris, son rédacteur promenait sa figure sarcastique dans les rues de la vieille

capitale, recueillant sur son passage des applaudissements en échanpre des dards et des quolibets qu'il Unçait étourdiment de droite et de gauche."

" Il fallait le voir s'attaquer aux gouverneurs anglais : Lord Durham, Poulett Thomson, Melbourne, Charles Bagot, Lord Colborne, etc. Comme sa franchise est verte, comme son parlé est franc, comme sa pointe est incisive, comme son trait est mordant ! Véritable boîte de Pandore, Le Fantasque, (car le lecteur a dû reconnaître l'œuvre du spirituel N. Audin), était le portegriefs des Canadiens- Français. Tous ceux qui avaient à se plaindre du gouvernement d'abord, puis des autorités quelconques, municipales ou autres, trouvaient là un refuge pour se cacher ou une tribune pour élever la voix.

" Le Fantasque est l'expresfjion de la gaieté vive et gauloise du peuple canadien en bonne humeur et en franche lippée. Il rit, badine, bourdonne, casse les vitres, fait du bruit, pique, mord, se débat, lance des horions, dit sournoisement ce qu'il pense et se cache pour éviter les coups. L'épigraphe portait : " Je n'obéis ni ne commande à personne, je vais

OÙ je veux, je fais ce qui me plaît, je vis comme je peux et je meurs quand il le faut." Le journal et sa tendance se peignent dans cette phrase. Faible et pauvre, l'auteur lance cette petite feuille dans le public : il n'a ni imprimerie ni imprimeur ; n'importe, il porte avec lui son idée. A la fin, un imprimeur charitable lui fait un numéro. Celui-ci ne portait aucune date, parce que, dans l'esprit du rédacteur, il ne devait pas avoir de frères, Il est bien accueilli cependant ; il en vient un second numéro, puis ainsi de suite pendant quatre ans, formant trois volumes in-8, et un autre (le quatrième) in-quarto."

*' En 1841, M. V. Delorme fonda leJoîLvnal des Eiîcdiants, et peu après l'Institut; le Phénix fut publié en 1841, par J. J. Williams, éditeur du yoiirnal du Peuple, fondé en 1842. MM. Huston et Bertrand, publièrent en 1842, \ Artisan ; MM. Cauchon et Côté le Jounial de Québec en 1842 ; M. Aubin, le Castor en 1843 ; M. Cinq-Mars le Diable Bleu, en 1843 ; M. A. Portier, le Charivari et le Citoyen ^n 1844; MM. Drapeau et Plamondon, le Ménestrel en 1844. Le Literary Garland rQmonte à 1842.

Une des premières publications littéraires

du Canada est la Revue Canadienne de L. O.

Letourneux, publiée à Montréal dans les années 1844, 45, 46. Le fondateur voulut en faire une publication de politique, de jurisprudence, de littérature et de traditions populaires. Le Dr. Leprohon fonda la Lancette Canadienne en 1847 ; M. Olivier XEcJio des Campagnes en 1847. Le Jotirnal des Trois- Rivières , établi par G. Stobb, remonte à 1846. Le Moniteur Canadien parut en 1849 sous la direction de M. De Montigny. C'était un journal quotidien sincèrement dévoué aux intérêts nationaux, ennemi de la bureaucratie et des iniquités de la presse et du parti tory. Il fut remplacé par le Pays, vers 1852.

\JAnii de la Religion et de la Patrie, journal ecclésiastique, polique et littéraire, parut le 18 Décembre 1847. 11 était rédigé par M.

Jacques Crémazie et S. Drapeau ; il fut discontinué en 1849. Ses écrits s'inspirent tous à une source religieuse. Il fut pour Québec ce qu'étaient les Mélanges Religieux pour Montréal.

Le Canadien Indépendant parut en 1849.

Il fut fondé par MM. Aubin et Fréchette et ne vécut qu'une année. C'était un partisan dévoué de l'indépendance du Canada. Depuis

cette époque cette grave question a été prêchée par plusieurs journaux, qui ne vécurent à la vérité que l'espace d'un matin ; ils marquent cependant les tendances d'une portion de la population. Entre autres je citerai : P Indéùendance Pacifiqne du Cariada, fondé par M. Lanctot en 1867 et \ Indépendant fondé par M. A. Buies en 1870. M.

Médéric Lanctôt avait déjà donné naissance à l Union Nationale et à la Presse. En 1876 M. Buies lança le Réveil.

En 1849, M. S. Drapeau fonda \ Ordre Social, et en 1850, MM, Fréchette et Lettoré, la Sentinelle et le Peuple Travailleur. Le Semeur Canadien, publié à Napierville par Narcisse Cyr, parut en 185 1.

La Patrie, journal du soir, parut le 26 Septembre ^854. Timide dans ses débuts il finit par approuver la politique de M. Lafonfontaine et se ranger du côté conservateur.

Il lutta hardiment contre le Pays. Il était rédigé par M. Rambault, et plus tard par M.

De la Ponterie. Ce journal paraissait deux fois la semaine ; il s'opposa à la question si populaire de l'abolition de la tenure seigneuriale.

Le National, fondé en 1855, par MM.

H UCT, FouRNiER et Plamondon servit d'organe au parti libéral dans le district de Québec. Il releva le drapeau des idées démocratiques que le Canadien et le Journal de Québec venaient d'abandonner en saluant la combinaison ministérielle qui s'appela Hincks-Morin. " M. L. M. Darveau fonda XObservateur, journal critique, en 1858 ; cette feuille se soutint jusqu'en mai 1860. En juillet de la même année, M. Darveau publia la Réforme, dans les intérêts du parti libéral du district de Québec ; elle fut publiée jusqu'en 1864. Le Franco-Canadien, fondé en 1860 par l'Hon.

Chs. Laberge, subsiste encore, grâce à l'esprit éclairé de son rédacteur actuel, M. F. G. Marchand. L'Ordre fut publié à Montréal en 1868, d'abord par un comité de collaborateurs puis plus spécialement par M. Alp.

Desjardins et M. Genand. Le Nouveaulïlonde, organe spécial de l'évêché de Montréal, remonte à 1867 ; il compte parmi ses rédacteurs, MM. Royal, Desjardins et Beausoleil. Le Courrier du Canada, fondé en 1857, compte parmi ses rédacteurs MM.

Taché, Renault et Amyot. M. H. Faure fonda \ Evénement à Québec en 1867 ; M.

GÉRiN, le Constitutionel à Trois- Rivières, en

Il6 LE JOUî-.NAL

1867; MM. MoussEAu et David, XOpùdoii Pîiblique en 1870 et M. Beausoleil le Négociant Canadien en 1872. Il faut encore mentionner le Courrier de St- Hyacinthe, rédigé par MM. H. Mercier, Os. Dunn, De La Bruère ; L'Union, organe du parti libéral du district de St-Hyacinthe, rédigé par MM.

Fontaine, Morrisson, Riciier, etc ; le Bien Public, fondée en 1874, par MM. L. O.

David et C. Beausoleil ; le Messager de Sorel, œuvre de M. J. B. Brousseau ; XEcho de Beatckarnois, soutenu par M. Thomas Brossoit ; le Pionnier de Sherbrooke et le Progrès, rédigés par M. Bélanger ; La Gazette de Joliette, publiée par M. Martel.

La Gazette de Sorel alimentée par M. Bartiie, remonte à plus de vingt ans.

" On peut ajouter à cette liste plusieurs autres journaux de campagne qui n'ont vécu que quelques années ou qui ont été remplacés par d'autres feuilles que je n'entreprendrai pas de nommer, car je risquerais d'en oublier quelques uns. Dans tous les cas, il est certain que les journaux des districts ruraux prendront de plus, en plus de l'importance et de la circulation, à mesure que le goût de la

lecture se développera dans cette partie du pays."

Mon travail sur la presse touche à sa fin, car je n'ai pas l'intention de vous entretenir sur ce que vous connaissez tous aussi bien que moi.

Qu'il me suffise de citer en passant parmi les journaux libéraux qui ont été publiés depuis : Le National, La Patrie, à Montréal, L'Eclaireiir, L' Electeur, à Québec.

La presse anglaise à fait des progrès énormes au Canada depuis dix ans, surtout à Montréal et à Toronto, et le Globe, le Mail et le Telegram à Toronto ; la Gazette, le Staj-, le Herald, le Witness et le Post à Montrée:!, sont des journaux qui font honneur au pays.

Disons aussi que la presse française a subi des améliorations sensibles depuis la mcnic époque et que la circulation des journaux français à Montréal s'est quintuplée depuis l'année 1880.

Voici la statistique la plus récente sur la presse dans tout le Canada. Le nombre total de publications périodiques, en Canada, est de 645 réparties comme suit : Québec, 109 ; Ontario, 398 ; Nouveau- Brunswick, 35 ; Nouvelle-Ecosse, 48 ; Manitoba, 27 ; Colom-

Il8 LE ÎOUSNaL

bie britannique, 12; Ile du Prince Edouard, 8 ; Territoires du Nord-Ouest. 8.

On compte 70 journaux quotidiens et 405 journaux hebdomadaires ; le reste est partagé entre les publications mensuelles, semi-mensuelles et trimestrielles.

Ces chiffres sont exacts. Maintenant, messieurs, ma tâche est terminée ; et permettez-moi de vous remercier de la patience avec laquelle vous avez bien voulu écouter ce travail bâclé à la hâte et très décousu dans la forme.

Votre président, M. Préfontaine, vous disait l'autre soir que je vous expliquerais la manière de faire de l'argent avec un journal français.

Mon Dieu ! messieurs, il en est du journalisme comme de tous les métiers et de toutes les professions ordinaires ; il faut d'abord faire un apprentissage ou qne cléricature ; demeurer stagiaire pendant quelques années et se lancer ensuite dans la voie ae l'entreprise individuelle. Travailler dur et ferme pour commencer ; — se lever matin se coucher tard ; ne jamais dépenser dix dollars lorsque l'on n'en gagne que cinq, et être assidu, très assidu aux affaires.

Vous voyez que l'on devient journaliste comme l'on devient avocat, comme on devient ingénieur, comme on devient épicier.

— Ce n'est pas plus malin que cela . • . . mais c'est beaucoup plus difficile à mettre en pratique qu'à proclamer en théorie, — comme d'ailleurs pour toutes les professions du monde.

Maintenant, permettez-moi de vous citer en terminant quelques vers que j'ai découpés, il y a quelques années déjà, dans un recueil de poésie et qui sont signés par un poète dont vous entendez probablement le nom pour la première fois : Develey.

Les voici, et je m'en sers pour mon épilogue :

Vous dont l'ambition vise à de hauts sommets Ecoutez ce conseil ; ne l'oubliez jamais.

Restez pauvre toujours, s'il faut par des bassesses Acquérir dts honneurs ou de viles richesses ; Restez faible, s'il faut, pour trouver un appui, Vous mettre bassement au service d'autrui, t Sachez qu'on ne vend pas sa plume ou sa parole ;

Que l'inflexible honneur doit être notre idole Et qu'il vaut mieux garder sa fière pauvreté Que d'avoir à rougir de quelque lâcheté.

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