‹ Mélanges [microforme]Chapitre 11 sur 12 · CERCLE MONTCALM DE FALL RIVER · texte numérisé non relu

CERCLE MONTCALM DE FALL RIVER

X^E u JUIN 1874

SOUVENIRS d'un CONTRE- GUERILLAS

On se battait ferme et dru chez Dupîn.

Surtout lorsqu'on avait l'honneur d'appartenir à la 2ème compagnie montée de la " Contre-guérillas : " compagnie commandée, s'il vous plaît, par un petit-fils du maréchal Ney.

Fameux régiment que celui-là, je vous en donne ma parole, Messieurs !

Chez Dupin — comme nous disions alors — on buvait sec, on faisait ripaille dans les entr'actes ; mais le premier appel du clairon nous faisait rentrer en scène, et nous avions la réputation de nous battre comme des enragés ; ce qui faisait que les Chinacos nous avaient appliqué le gentil sobriquet de diabolos colorados, — ce qui veut dire " diables „-^ ,„ »

rouges.

Ils avaient, ma foi, raison de ne pas nous

adorer, ces bons Mexicains, car nous leur rendions bien la pareille et avec intérêts encore.

C'était aux premiers jours de février 1 866, si je me rappelle bien. Nous étions de passage à Monterey, venant de Matamoros, et en route pour rejoindre la division Douay, qui était campée sous les murs de San Luis Potosi.

Notre escadron escortait un convoi de vivres. Comme les muletiers mexicains ne sont jamais pressés, et que le train n'avançait pas vite, j'avais demandé et obtenu la permission de devancer le détachement d'un jour ; et je me^ trouvais à Monterey, vingtquatre heures avant mes camarades.

Puisque j'ai tant fait de vous dire que je tenais à passer un jour à Monterey, autant vaut compléter tout de suite ma confidence, et vous avouer que les yeux noirs d'une senorita étaient pour beaucoup dans cette décision prise à la hâte.

J'étais maréchal des logis chef de mon escadron, et je n'aurais voulu pour rien au monde manquer l'occasion de donner un coup de sabre qui aurait pu me faire valoir la contre-épaulette de sous-lieutenant, alors l'objet de tous mes rêves.

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