CONFÉRENCE AUX DAMES, RUE DE LUBECK
que quand elle est permanente. Cela paraissait évident à nos pères. Cela semble moins évident, aujourd'hui. L histoire montre que l'absolutisme collectif et anonyme peut être plus redoutable que le despotisme d'un seul ; et que le droit de suffrage, même et surtout s'il est étendu à tout le peuple, n'est pas une garantie suffisante. La meilleure garantie des libertés publiques et de la liberté civile parait être décidément dans les institutions traditionnelles d'un peuple, qui résistent aux fantaisies des novateurs, aux piperies des suffrages et qui seules, aux jours de crisc, offrent un point d'appui contre les surprises des révolutions.
La doctrine du Libéralisme politique est donc extrêmement vague et se distingue à peine de la tendance libérale. Celle-ci est plus facile à définir. C'est une disposition d'esprit et de caractère qui porte un homme à désirer que les attributions du pouvoir soient restreintes au minimum nécessaire et que le ch,amp de la liberté individuelle reçoive son maximum d'extension. Il semble que cette tendance devrait être celle de tout le monde. Mais les excès commis au nom de la liberté et qui aboutissent à la pire des oppressions, ont dégoûté beaucoup de nos contemporains de la liberté politique et, leur ont donné, pour les gouvernements à poigne, une tendresse qui eût bien étonné nos pères de 1789.
A l'égard du dogme, questions libres; pourvu que vous reconnaissiez deux choses : les droits de la puissance publique et ses devoirs.
Les droits dérivent de son origine : non est poiestas nisi a ^eo (dire en quel sens: ce que c'est que le droit divin. Fausse notion du droit divin des rois).
Ses devoirs ont la même source et demeurent les. mêmes, quel que soit le sujet de la souveraineté. Ce n^est pas supprimer la responsabilité que la partager. Ce n'est
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pas décharger sa conscienco qu'exciper un mandat. Onj n'a pas le droit d'accepter et d'exercer un mandat malhonnête.
Il y a donc des devoirs moraux qui incombent à lÉlat, à ses organes. Par conséquent il y a aussi des devoirsi religieux ; car la religion fait partie de la morale.
Ce sont ces devoirs de la Puissance publique qui foni glisser la question du Libéralisme, du domaine purement politique dans celui que j'ai appelé politico religieux.
b) Ici encore distinguons la doctrine de la tendance.
/doctrine libérale. — La société politique, personnifiée I dans les différents organes du pouvoir, aurait des devoirs! moraux, mais pas de devoirs religieux; ou tout au moins ne devrait tenir compte que de la religion naturelle, nullement de la religion positive et révélée.
Baisons. — Distinction des deux fins : l'une naturelle l'autre surnaturelle, Tune [dans la vie présente, l'autre dans la vie future.
Cette distinction est d'origine chrétienne.
La société politique ne peut pas intervenir dans le ji domaine religieux sans usurper. Elle doit dire à la société religieuse : je ne vous connais pas.
Elle prend pour base la morale naturelle, sans aucun égard à la révélation.
• Application. — Donc, toute protection de la religion vraie par l'État, toute restriction apportée à l'exercice des religions fausses, est un abus.
Yoilà la doctrine libérale.
La tendance va moins loin.
Elle ne dénie pas à l'Eglise le droit absolu d'invoquer le concours de l'État pour promouvoir les intérêts religieux. Mais elle désire qu'on use de ce droit le moins possible, parce que cela fait plus de mal que de bien.
Voilà les différentes significations du mot libéral.