CONFÉRENCE AU CERCLE CATHOLIQUE A BRUXELLES JJJ
de perdre jusqu'à la notion du pouvoir chrétien. En s'emparant des sources de la richesse, ils perdront l'austérité des mœurs chrétiennes. En se jetant dans la mêlée de la science, ils perdront la simplicité de la foi.
Si c'était vrai, il vaudrait mieux rester au désert. Le sel atfadi n'est plus bon à rien. Moriamur in simplicitale noslra.
Et le péril qu'on signale n'est pas chimérique.
Mais d'abord, il n'est pas moindre pour ceux qui se confinent dans l'oisiveté.
Ce n'est pas pour vivre en chartreux qu'on se lient éloigné des affaires et de l'étude. C'est pour user sa vie dans des occupations frivoles où la foi, les mœurs et les traditions chrétiennes sont plus compromises que dans les luttes les plus périlleuses.
Et puis qui empêche les catholiques de s'approprier les bénéfices de l'action, sans rien sacrifier de leurs avantages ?
Catholiques de 1889, ne faites pas comme vos pères de 1789, qui ont déserté les leçons de l'Eglise pour suivre celles des phvsiocrates; mêlez-vous aux institutions démocratiques, non pour suivre le courant^ mais pour le diriger vers l'idéal de l'Etat chrétien qu'a tracé, en traits immortels, la main de Léon XIII.
Môlez-vous au courant des affaires, sans livrer votre âme au culte de l'argent qui est le pire des u.aîtres^ mais qui est le serviteur nécessaire du Lien.
Enfin et surtout, entrez dans les officines de la science, sans courber la tête devant les préjugés de l'impiété, sans humilier votre foi. Si la foi a besoin de la science pour retrouver crédit devant les hommes, la science a besoin de la foi pour sauver les vérités nécessaires dans l'ordre spéculatif, moral, social.
Conclusion. — Comme chrétiens, comme citoyens du siècle futur, restons ce que nous sommes.
Gomme citoyens da temps, devenons ce que nous ne sommes pas.
Alors l'avenir nous appartiendra. Alors il n'y aura plus ; rien à regretter du passé, parce que l'inévitable change- j ment qui transforme la société humaine se fera sous! l'empire de cette force divine qui garantit à l'homme les victoires du présent et le triomphe de l'éternel avenir : promissionem hahins vitie quœ nunc est et fulurœ.
AUX ÉLÈVES DE l'ÉCOLE PREPARATOIRE DU COLLÈGE STANISLAS 1871-1872