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CONFÉRENCE AU CERCLE CATHOLIQUE A BRUXELLES

la fortune patrimoniale qu'un privilège qui leur donne droit à l'oisiveté, à la vie facile. Les revenus, amoindris par la crise, vont se perdre dans le gouffre d'une existence désœuvrée. Le capital alors passe à d'autres mains. On accuse Israël. J'accuse surtout ceux qui lui facilitent ses conquêtes...

Quant à la fortune industrielle, il n'est pas rare dans votre pays de la trouver aux mains des catholiques. C'est votre supériorité sur nous. En France, si l'on excepte la Flandre, c'est-à-dire cette partie du département du Nord dont les mœurs se rapprochent des vôtres, rien n'est plus rare que de voir l'industrie dirigée par nos amis. Est ce timidité? Est-ce paresse? On trouve plus simple d'acheter des actions à la Bourse que d'exploiter, à force de travail et d'intelligence, les ressources du pays. Le résultat est la perle d'une double influence, celle que donne l'argent et celle que procure le contact avec les masses ouvrières. Celles-ci ne connaissent plus la religion, parce que les hommes de qui elles dépendent ne présentent à leurs yeux que l'indifférence ou l'incrédulité. Mais la science! Ah! c'est là surtout qu'il faut signaler notre défaillance. La science na pas seulement pour objet de féconder le travail agricole ou industriel. Elle est, par elle-même, la grande force de ce siècle, la grande arme de guerre contre le Christianisme. Pourquoi? Est-ce à cause d'une incompatibilité réelle? Non, c'est à cause du monopole que nous avons laissé prendre aux impies.

' La science moderne est usurpatrice. Elle prétend rem-

; placer Dieu. Sur les ruines de la métaphysique chrétienne, elle en élève une autre, et elle en déduit une morale nouvelle, une sociologie nouvelle. Doctrine de

I l'évolution.

I Est-ce que tout cela est scientifique? Non. Mais c'est au nom de la science.

Et d'où vient que nos réfutations ne sont pas écoutée C'est qu'on nous dénie le droit de parler au nom de la science. Nous avons pourtant des savants, mais ils sont isolés. Ce qui est certain, c'est que le mouvement scientifique s'opère en dehors de nous. Nous ne le conduisons pas. Il y a une franc-maçonnerie, une juiverie de la science, plus dangereuse que celle de l'argent; car elle nous dépouille d'un bien plus précieux et nous voue à une déconsidération plus profonde et plus irrémédiable.

En Belgique, vous vous êtes préoccupés de ce mal plus tôt que nous (Louvain^. Et vous avez mieux réussi que nous.

Et cependant ce n'est pas encore assez. La science professionnelle ne suffit pas à donner l'influence. Il faut y ajouter la science théorique, la science désintéressée.

Or où sont-ils parmi les catholiques, surtout dans les classes appelées dirigeantes, les hommes qui savent se condamner aux obscurs et arides .labeurs de la science? Apparent ravi liantes. J'en connais quelques-uns à Paris. : Dans la société on les regarde avec plus de curiosité quede bienveillance. Et ils ont bien peu d'imitateurs, surtout j dans les rangs de la jeunesse.

Là est pourtant le vrai combat. Et le préjugé contre nous est si fort que nous n'en triompherons que par lai force du nombre. Il faudrait arriver à produire dans le monde scientifique un effet de masse. Il faudrait envahin les académies, attacher des noms catholiques à de grandes découvertes, pouvoir montrer, dans les hautes écoles catholiques, des foyers ardents de grand savoir. Le salut est à ce prix.

Mais, dira-t-on, ne voyez-vous pas le péril? En se mê-| lant aux luttes démocratiques, les catholiques risquent

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