Ibid.jp. 214 et la théorie de Darwin: Sélection
De plus la volonté de l'être intelligent a dû s'exercer sur elles pour les faire entrer dans l'exécution de son dessein.
Mais dans leur existence chaotique, ont-elles été indépendantes de celte volonté ?
Ce serait alors la nécessité du chaos, de l'imparfait^ du désordonné.
C'est l'argument de saint Anselme renversé.
On nous traite de chimériqvies, quand nous affirmons la nécessité du parfait et on admet celle de Vimparfait !
Eh bien non ! Ce n'est pas possible.
Cette matière n'aurait pu être éternelle qu'à la condition d'être nécessaire.
Mais alors il faudrait concevoir l'existence d'un être :
Nécessaire et informe,
Nécessaire et borné,
Nécessaire et variable,
Or, modus essendl sequitur esse.
S'il est nécessaire et informe^ il est nécessairement informe ; et loin d'appeler l'organisation, il la repousse.
S'il est nécessaire et borné, il est nécessairement borné, c'est-à-dire qu'il se limite lui-même fatalement et sans raison concevable.
S'il est nécessaire et variable, il doit être nécessité dans ses variations, et alors il n'y a plus de place pour l'intelligence ordonnatrice.
Non, non, proclamons-lc bien haut : il n'y a de nécessaire que ce qui est parfait. Toute limite est un néant, toute imperfection est un néant, toute variabilité est un néant; car l'être qui peut changer n'a pas ce qu'il peut acquérir en changeant.
Et le néant ne saurait entrer dans l'essence d'un être nécessaire.
C'est le grand argument de la métaphysique chré-
tienne : saint Augustin, saint Anselme^ saint Thomas, Bossuet, Malcbranche. Citons saint Thomas : Invenitur in rébus aliquid magis et minus bonum, et verum, et nobile, et sic de aliis hujusmodi. Sed magis et min us dicuntur de diversis secundum quod appropinquant diversimode ad aliquid quod maxime est. Est igitur aliquid quod est verissimum et optimum et nohilissimum, et per consequens mjxime ens Nam quœ sunt maxime vera sunt maxime e??i/a.;Aristot., raétaph.) Quod.aiitem dicitur maxime taie in aliquo génère est causa omnium quœ sunt illius generis... Ergo est aliquid quod omnibus entibus est causa esse et bonitatis et cujusiibet perfectionis ; et hoc dicimus JDeum *.
Donc, en dehors du seul être nécessaire, il n'y a rien de nécessaire. Et cependant beaucoup d'êtres existent, et s'ils sont causes les uns des autres, on ne peut remonter ainsi indéfiniment. Donc il faut admettre un point initial, où les êtres primitifs^ causes de ceux qui leur ont succédé, n'ont pas d'autre cause eux-mêmes q.ue la volonté de l'être antérieur -.