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Cifer Caro, p

CONFERENCES SUR LA RKlIllTOX 121

Il faut partir de là pour étudier sa nature.

La première chose que nous savons de lui^ c'est qu'il existe par lui-même. Laséilé est la note caractéristique de l'être divin.

Tout ce que la raison découvre de sa nature peut se déduire de cet axiome : Deus est a se.

Dieu existe par nature, comme une vérité mathématique est vraie par nature.

1° La première conséquence^ c'est qu'en Dieu l'essence et l'existence se confondent. Dieu est seul de son espèce; ou plutôt il n'est d'aucun genre ni espèce, il est l'être absolu, dont les espèces ne sont qu'une participation limitée.

2° Dieu est infini. Car l'être ne peut pas se limiter nécessairement. La limite alors serait nécessaire ; le néant s'imposerait : contradiction.

3' Dieu est un ; car s'il existe, c'est par nécessité : or il n'est pas nécessaire qu'il existe deux êtres nécessaires. Il n'est pas possible qu'il existe deux êtres infinis (il n'y a pas deux sciences complètes) .

¥ Dieu est tout en acte ; parce qu'il est tout être. L'être sans l'acte n'est qu'une abstraction. L'être concret, c'est l'être agissant. Un être borné existe en tant qu'il agit ; et tout ce qui limite son action, limite son être. Aussi tout être borné est un mèlmge d'être et de néant. (Votre science est réelle en tant que vous connaissez ; elle est virtuelle en tant que vous pouvez apprendre ; mais la science qui vous manque est en vous un néant.) En Dieu il n'y a rien de virtuel, tout est réalisé : pourquoi ? Parce qu'il existe a se. La même force essentielle qui le fait être, le fait réel et complet dans toute l'étendue de son être, et égale son acte à sa puissance.

C'est par là surtout que la théologie chrétienne se sépare des faux systèmes de cosmogonie. Les panthéistes

et les matérialistes anciens et modernes mettent à l'origine des choses une force, mais une force purement virtuelle : quelque chose qui peut être et qui n'est pas, et d'où sort tout ce qui est ; une puissance qui n'a rien d'actuel et qui doit suffire à expliquer et à motiver la série de tous les actes; un devenir sans cause qui doit servir de cause à tout ce qui devient ; un être abstrait qui précède le concretet qui le produit, comme si l'abstrait pouvait être autre chose que le résultat idéal d'une opé ration de l'esprit agissant sur le concret.

Seule la théologie chrétienne maintient les droits de la raison, en affirmant bien haut la priorité de l'être sur le néant, du tout sur le rien, de l'infini sur la limite, du concret sur l'abstrait, du réel et de l'absolu sur le virtuel et le relatif.

CINQUIEME CONFERENCE 27 décembre.

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